‹ Du gouvernement considéré dans ses rapports avec le commerce, ou, De l'administration commerciale opposée à l'économie politiqueChapitre 28 sur 46 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

JDu Commerce extérieur.

mimrmmmi^fm

En facilitant Técoulement au dehors , de tout ce que la consommation du pays ne rëdame pas , le commerce extërieur produit les mêmes effets que le commerce qui se fait au dedans. Comme ce dernier, il décroît la production; il Taccroît de tout ce qui s'exporte. Il procure , en retour , d'autres objets consommables que l'industrie in-

digètié ne saurait créer, ou qu'elle ne cherche pas à créer , parce qu'elle n'a plus de bras oisifs. Les échanges de nation à nation , quand ils portent sur les produits de leur industrie respective , ou de quelque autre industrie tierce, ont toujours des résultats salutaires. Ces produits se créent alors mutuellement. L'un crée l'autre , parce que l'un paye l'autre. La France crée la laine d'Espagne , en Tachetant pour ses manufactures. L'Espagne crée nos draps, * en les prenant en échange de ses laines. Sans ce troc , il j aurait en Espagne moins dé laine de produite ; en France moins de drap de &briqué : les deux pays seraient moins riches.

Le commerce extérieur présente un autre objet d'utilité publique. C'est k lui qu'où doit les ptx>grès de la navigation, sans laquelle le globe n'aurait

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jamais été ïneu connu. En parcourant le monde » rhomme a appris à mieux observer. Les sciences et les arts se sont enrichis de ses découvertes , et les luiâières se ^nt rendues ^ en même temps que les moyens de multiplier les échanges ont augmenté. .

On coûçoit qu'il n'est pas toujours possible <{u'un peuple paye en marchandises cf qu il £ichète au dehors Alors il paye avec de la monnaie. Ce mode de s'acquitter est sans inconvénient , si le peuple qui remjdoie a des moyeas certains de remplacer la monnaie qu'il exporte, ou \Àen s'il en possède au-deià 4^ ce que sa circulation, intérieure exige, ou hien encore â*il peut y suppléer sûrement par les instigations que le crédit facilite. Dans le cas contraire ^ il fenât évidemment un mauvais marché» puisque la qfioûpaie qu'il donnerait en échange , serait néoesaaircWslifc enlf vçe à quelques branches de sa propre îaduetrie. Alors il i^ssemblet^ît aux sauvages idoMli patW Mofilesquieu ; il couperait l'arbre pour avoir le fruit

Le Gonll9Q(è^ceT extérieur peut s effectuer de trois manières :

Un ciation* éiJiange des marOhandises colitre des marcharidises ,

Ou des^ marchandises contre de l'argent ,

Ott bîen.îHifiii de IWgent contre des marchandises.

DU OOMMÊHCE. 285

De CCS treis «Orte^ d'échanges,, la seconde eeutement est toujours aTaatageu«e. Lea d^u$ autres isout relativement favorablei ou dé&vorables , suivant les circonstances. Je vais, .les exanoiiner succinctement datis les trois sectioE^ suivantes. .

SECTION IPREMIÈBË.

Commerce extériçur. -<^ Éçban|;e dç marchandises, centre

marchandiscfu

Je ^i^ppQSHEi <{u'il çxis^ une pat^^n do^t ^ cqm^. lûerce inté^^^r ait 9.tteint le pfe$ t^aut degré d ac-: tiyit^. CetteK]Ati,4^a d^cQuvert les moyens d'abiréger. le travail ; il est chez elje \ mei^levir marché et plujs parfa^i* qw dans, aucune anir? pajs v ielle n'a point oiA presque point d'oisifs \ son Au^raii^ suffit au2^ j^eproduçtions du sç^l et des/&bjpiquiea, et ces reproductions sant, dèaà-pj:è»ip«*itrèsr4ufiftiieures à ce qu elle comomim.

Il est évident qne ceUe nation >p9a|Bra.f fians inconvénient) envoyer al étranger l'exoédant de ses prodttcliçnB pour en recevoiPi en échange.» d antres prodiuntions que aon sol et soa iadvkstrie ne fournissent point, et qui ajputeront ainsâ à ses ^uis** sanoei ea multipliant ses mojr^ens. die tcaifail.

Je pr^ends pour aeçônd; exemple une ifK^tion dont rindustrie est également tr/èft^vancée , mais qui njaVexerce en partie cependant^ que sur dea matières premières exotique^ Le prin^cipal hut

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de cette nation doit être alors de se procurer ^ avec des marchandises manufacturées « les matières brutes que son sol ne fournit point. Ce genfe d'é» change lui sera évidemment très^^avantageux ; car avec une pièce de drap dans laquelle il sera entré trente livres de laine, elle en achètera plus de soixante livres qui lui donneront les moyens de &briquer deux autres pièces de drap.

Lyon tire de l'Italie et de la Sicile quelques soies écrues qu elle paye ainsi avec des produits de ses manu&ctures. Sedan , Louviers payent également en draps une partie dés laines importées d'Espagne. Enfin nous échangeons avec le Nord des vins et des eaux-de-vie contre du fer , des chanvres, des munitions navales. G^ différentes sortes de commerce sont jrès-favorables k la France , et les cajâ" taux qu'elle y emploie ne pourraient en être détournés sans lui porter un grand préjudice.

Quels que soient les pays entre lesquels il s'établit un commerce, dit Smith , (i) a ce commerce » procure k chacun des pays deux avantages dis- » tincts. Il emporte le superflu du produit de » leurs terres et de leur travail , pour lequel il » n'y a pas de demande chez eux^ et à la place y » rapporte en retour quelque autre chose qui j I» est en demande. »

(i) Tome m, p. 4t.

D^âprès ce principe très-positif, il semblerait que tout échange de marchandises contre marchan-* dises dût être constamment favorable aux paya entre lesquels de tels échanges se pratiquent. C'est encore un des résultats de la doctrine de Smith, que l'expérience infirme. Il faut justifier cette assertion, Smith raisonne dans la supposition que l'on n'exportera du pays que des marchandises qui n'y sont point en demande. Or cette supposition est fausse.

Laissez à quelques négociants français la liberté de commercer avec Londres : y feront-ils passer des draps dont nos magasins sont remplis, des casimirs , des basins ? Non ; ils ne trouveraient pas

k les vendre. Ils y enverront des chiffî>ns des

chifibns, vous dis-je, de ces vieux morceaux à» linge sales et à demi-pourris que vous voyez ra^ masser dans les rues par des femmes à hottes , qui se décorent assez plaisanuuent du nom de lingères à petit crochet: Or , ces chiffons, que Ton emploie à la fabrication du papier, et qui coûtent en France environ 5 : firancs le quintal , se vesadent en Angle* tierre jusqu'à 20 francs. Vôilk , certes , une belle spéculation pour ceux qui la feront. Voyons quels avantages elle procurera au pays.

Son premier effet sera de nous mettre dans la dépendance des- Anglais pour ie papier; car, dn moment où ils pourront s'approvisionner de chif-

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fons en France , tt est indubitable qu'ils ks accst^ pareront, afin de nous les vemoyer masofactaré. Nou$ payerons aiwi le papier quatre ou cmq fok plus cher. Feutrébre qe verrartron là qu'un l^ei* inconvâiient ; mais un très-grand mal , k coup sur, serait de réduire à la mendicité ks l^ingt mille on* vriers que ce geve d^industrie fait viinre, et je vous prie de décider à quoi on les employcara i ai vous ne voulez pas qu'ils demandent raumène.

Les profits des négociants qui auraient vendu nos chiffons aux Anglais , ne semient qu'une bieo faible con^]lepsati(^ de tous ces wcnfices; et d'sûl" leurs, ces profita difiparaitraienit yltei puisqu'il faudrait les donner mx échange des çhipcMs qui qous reviendraient manufajotui^^ Ce «'eat paa tout ; les négociants ani^qi^ds qn a ainsi j^mim de p<^er nos ehiftons ï Londres, vont efteteer leur retour* Ils reviennent dçnc en France , ok ik rapportent des basins, des piqv^, des mouiaidiines^ des velours» ds U quincaillerie > de 1^ a^krie. Cette §m ce sont vn^bient 4fs objets endeioiindei et en c^, du nvoins » «Smith a raiaonn; miùs ees ob|«ts en demande, qu'il devait être si aYmtageux pour le pays d'e&traire de TétraEiger t portent un coup mortel à rin<^riie m^fm»h i et voilà cmi* m^% il suifirait de quelques opéralicms du commerce libre pçur réduire cinq cent milie individus àlamîaère»

DU COMMERCE. :i8^

Tmt pris les chiffons pour exemple. J'aurais pu

choisir de même les soies écrues, les fils à dentelles ,

les poils qui servent à la chapellerie , et d'autres

matières premières que nous conservons très-juste*

mentpôur nos travailleui's,parce qu'ils les emplojent

toutes. Or , en vendant aux étrangers des étoffes de

fi^ie, des cbapeaux, de la dentelle , l'opération vaut

mieux que si nous leur avions seulement vendu

la miàtière avec laquelle ces inverses choses se

Ëihriquent. EUe vatit mieux , puisque nous gagnons^

alors le prix de la main-d'œuvre ; et je ne parle

plus du danger de devoir racheter d'eux , après

qu^ils les auraient manufacturées, des matières

premières qu^ follement nous les aurions laissés

msdtres de venir enlever k notre propre industrie*

En résultat, les édhaïa^s entre nations, de

marchandises contre marchandises , sont fa vorableâ

toutes les fois qu'ils donnent en retour des objets

qu'on ne peut se procurer dans le pays , ou des

matières premières^ Ils seraient nuisibles au pays

s^ils' lui enlevaient ses matières premièi'0s, en

êchsmge de marchandises manufacturées qu'il

pourrait fabriquer lui*-m^e.

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