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laquelle elles pourraient , sans inconvénients , durer des milliers d années. Le monde physique marche donc comme si elles n'existaient pas. Mais en peut -il être ainsi des erreurs qui attaquent le monde moral ? Conçoit-on qu'un système d'Administration qui serait absolument faux , dommageable par conséquent , pût être suivi pendant plusieurs siècles , et chez plusieurs peuples, avec l'assentiment général de tous les hommes instruits ? Expliquera-t-on comment un tel système pourrait se lîer avec la prospérité toujours croissante des nations? M. Say avoue que l'argument qu'il combat est digne de faire une impression profonde. Oui certes 5 et cette impression reste , car M. Say l'a plutôt augmentée que détruite.
M, Say prétend qu'en écrivant son ouvrage, il a dépouillé tout système. Il ajoute : que s^oulais-je prouç^er ? Rien (i). C'est assurément une singulière prétention que celle de ne vouloir rien prouver, quand on
(1) Discours préliminaire ^ 3.* édition, p. vij. -— 4-* édition ^ p. Ixii.
attaque des principes qui ont etl leur faveur rexpërience et lapprobation de toute rEu-* rope. Je crains bien que M. . $a.y , gui ne çeut rien prouver,, n ait que trop tenu parole. L'économie politique s occupe de la créa* tion des richesses matérielles ; elle scrute « si je puis parler ainsi y tous les secrets du travail ^ tous les mystères de la reproduction. Ain^ , elle veut savoir ce qui constitue la valeur des choses consommables ; quelle est pour tous les temps, comme pour tous les pays , la meilleure mesure de cette valeur ; par quek moyens matériels ,1e travail est successivement de veau plvs productif , etc. Si ^Ue se bprnait à de telles recherdies , dont les résultats seraient le pkbs souvient d'une apjj^ication gé^^érale , récQnc3imie politique noffîirait point de danger ; mais i&lle ^a dçs vues l^â^ plus.hautes. « (t) & réconpi?|iç pplHîquej.découvj:^ les » ;fiounees des riehesses^ si pUe montre les » moyens dp J^es'ir^Kndfie abond^nt^s et
(i) Discours |Hrfil»niiiiake f 3.^ ^Mltioa, p. Ixiij. — ' 4.^ ëditîoB , p. li^yii).
» enseigne Fart d'y puiser chaque jotirdavan* » tage , sans les ëpniser jamais ; si elle » prouve que la population peut être à la » fois bien plus nombreuse et incompara* » blement mieux pourvue des biens de » H^ monde; si elle constate que les înté- » rets des riches et des pauvres, que les » intérêts d une nation et ceux d une autre » nation ne sont pas opposés entre eux ^ » et que toutes les rivalités ne sont que » des vanités ; s'il résulte de toutes ses dé - » monstrations qu une foule de maux qu'on » croyait sans remède , sont , je ne dis pas » guérissables, mais même faciles à guérir, » et qu on ii en souffrira quaussî long- » temps qu'on le voudra bien , il faut con- » venir qu'il est peu d études plus impor- » tantes , plus dignes d'une ame noble et j> d'un esprit élevé. » Je ne connais rien de plus propre à montrer le néant de l'économie politique que ce tableau des avantages qu'on peut s'en promettre. Qui ne voit combien de telles espérances sont chimériques ? L'économie politique , dit M. Say» constate que les intérêts des nations ne sont
pas opposés entre eux, et il oublie que la guerre est aussi vieille que le monde! L'économie politique constate ce qui n est pas, parce quelle prend les hommes et les peuples autrement que Dieu ne les a Êiits ; voilà positivement ce qm la rend si dangereuse.
L'économie politique , en s'occupant des richesses matérielles , néglige trop les relations qu elles peuvent avoir avec l'ordre et la conservation des sociétés, dont il Êiut que TAdministration tienne toujours compte* L'économie politique, qui ne voit que l'augmentation des produits, encourage tout ce qui conduit à ce but Ainsi M. Say, faisant le procès aux corporations , cite le faubourg St. Antoine, où les ouvriers étaient, avant la Révolution , d'une habileté remarquable , ce qu'il attribue, avec raison peut-être, aux franchises dont ce faubourg jouissait alors (i) ; et moi , qui ne puis oublier la part que le faubourg St Antoine a prise aux plus tristes événements de la Révolution,
(i) 3.* ëdit. , t. I.*^ p. a3o. — 4* ^dit , 1. 1.*% p, zifi.
je le citerais bien plutôt comme un argii^ ment en faveur du système réglementaire 4 parce que ce système agissait moralement sur la classe ouvrière quil façonnait au )Oug dès lois par le joug du travail , ré* sultat fort utile , qui contribuait au bonheur de tous, et qu'il faut mettre bien au-dessus d'un vain perfectionnement d'industrie^ d lespèce d'indépendance à laquelle on le doit ne donne à Fj&t^t un artisan habile, qu'en l'ei^q^o^ant à perdre un citoyen
pai^ibl^^
Xi'ëconQinie pojitiqije croit slvojt 44c^yvert. que le taux de l'intérêt js'/elève a r^sofi des i^ues auxquej^s le prêteur s!^pose. Op. pavjait certes , ejt depuis lon^ temp*, qw tout préjteyr ayide cherchait ♦ dans les jdçques vrais pu prétendus ido^t |i co^ira^ l» cJb^SM^ce, u» prétexte pour pressurer les jEaaJyiieureu]jf ; jixajis l'iVd^u^ tration^ «d-açeord ep cela ?(v^c la iqoi^^^i réprimait le^ éjBFets d'une çi^iditë qui n'était p^ iÇLoins n,i^isU>le ^ la société qjue contraire à la justice. L'économie politique preQid pa^ ti pour l'u^a^re ; que dis-^e ? elle
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n^adinet pas lusure , et demande que ce mot, qui nest plus à Tusage que des gens à routine , soit raye du dictionnaire.
De tout temps le travail intellectuel a été réputé le travail par excellence; et il est » certain que l'homme n'est grand que par ses facultés morales. Dans l'économie politique, les produits matériels sont les seuls qui constituent la richesse , parce que seuls ils s'accumulent ; et dé-là résultent deux classes de travailleurs, dans la dernière desquelles on range pèle -mêle le ministre d'État et le comédien , le prêtre et le paillasse de la foire ; ce qui est piquant et tout aussi juste que moral.
Il n'y a pas de pays où la partie saine et éclai* rée de la nation ne gémisse de la contrebande, et n'y voie une action honteuse et nuisible; car la contrebande, indépendamment du tort qu'elle porte à l'industrie ^ est toujours une prime usurpée par la mauvaise foi sur la probité , une cause permanente de désordre et de scandale, un vol fait à l'Etat. L'économie politique défend
hautement i'oitilkë de la contBefaande , qui n est crim^ que parce qine la loi la Jak telle, taudis qu'en réalité elle contribue à la richesse des nations.
M. Say €roît jq«e gans 1 eecnomie jpolir tique on ne parviendcait pas à résoudra beaucoup de questions théoriques d'uB ^rand intérêt, A il cite les deux suivante^ qu'il a dû bien choisir, puisque c'est luiniême qui les propose ^i). « Un înqi^, » ou tout autre ^éau , en Élisant rencherâr » les denrées , augmente-t^l la somme det » richesses ? \^%^ frais de production coiiiir » posant le revenu des producteur , com^ » ment les revenus n^ sont-ils pas alt^4s » par une diminution dans les frais de {m*o- » ductîon ? » Et ftt. Say ajoute : « (k* , » c est la faculté de pouvi>ir résoudre ces » questions épineuses qui constitue pourtant » la science de Téconomte poiî<itque. » Sk l'économie politique ne conduit qu'à té^ soudre de telles questions , c'est xisskt
(i) Discours préliminaire , S.* ëdit. , p. 1. — 4.° édit. , p. liv.
fNetut^e ^cienice. Le necueil qu on rem^rait •de ^reik prc^lécneSi, ressecftblerait ibeau- Km^ SMK nécreaiioiis màthemûtrqites ^d'OzAtHAm,^ ^ eeimt M>iit aussi u^ie. Les véanteàAe$ ^ueatîoiis à ipropôser sont celles qui f9b tattadûremt k des événements acocyonplis . *àQ0xt les caruses , bien appréciées , peuvent servir à éciaîrer tA4rainistiation de tel ou 4^ peuple. Lfécowomie politique , qui n »dmet poîot de dîfl^eoces de nation à nation , fie cr&soudra jaiKi^is des questîons-'là, o«i les ir黀mdira msài. M- Say ne pouvait se dis • fienser ^ parler de l'état actuel de l'Angleterre, felartivement à son papier de baawjue , dewjtitt pafriar-moMiaie $ans bainqueroute. \<^yt% ice quiîl en dit : « Des évewMneteits 9 «iQwetaires extrêmement remarquables , » ««rvetius «1 Anglel)wre depuis les pa:e- 4» mières éditiofis de ce traité , ont prouve )» que le aeiil hesoâiaL d'tin agenit de la cir- » eulatioav dune imarchdiDdise-m^Daanaié , » pouvait soutienûr la valeur d'un papier- )» monnaie absolument Aéemé de gage , i> ponrvu qu'on en bornât la somme à > celle que réclament les besoins de la
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» circulation (i) ; » à quoi M. Say ajoute que cette circonstance a fait présumer à des auteurs anglais « profondément verses dans ces matières, que le papier-monnaie pourrait être substitue aux métaux précieux, en prenant des précautions pour que la somme de monnaie de papier ne pût être portée au-delà des besoins de la circulation ; et moi j'affirme que la conversion du papier de banque en papier-monnaie, sans banqueroute, est le phénomène le plus extraordinaire que l'Administration financière d aucun peuple ait jamais présenté ; que ce phénomène , singulièrement digne de lattention des hommes d'Etat , est très-mal qualifié par Tépithète d'événement monétaire, qui conviendrait tout aussi bien à une simple refonte de monnaie , et qu'enfin conclure d'un tel phénomène que le seul besoin d'un agent de circulation peut soutenir la valeur d'un papier-monnaie, absolument dénué de gage, c'est aller contre l'expérience de tous les
(0 3.» édit. , t. I.", p. 379, — 4." ëdit. , t. I.", p. 407.