‹ Du gouvernement considéré dans ses rapports avec le commerce, ou, De l'administration commerciale opposée à l'économie politiqueChapitre 30 sur 46 · SECTION TROISIÈME · texte numérisé non relu

SECTION TROISIÈME

Commerce extérieur. — Échange de l'argent contre des

marchandises.

La section qui précède celle -ci pourrit, à ^ rigueur , en tenir lieu ; et, en effet, puisqu'il est très-avantageux de recevoir du numéraire en échange de marcbandises et de productions du sol» c'est une conséquence nécessaire que le pajscom' promet ses moyens de travail en donnant du nu-* méraire pour des marcbandises. Je ne considère cependant pas encore cette vérité comme suffisait' ment établie , et l'on me pardonnera quelques nouveaux développements.

J'ai déjà dit que la France , acbetant dans le Levant et en Espagne, en numéraire , des matières premières nécessaires à ses manufactures, ne feisait point un commerce désavantageux. L'arçent dont

DU COMMERCE. agS

elle se dessaisit de cette manière , lui rentre tou-jours avec profit , et ce rfest , à proprement parler, qu'une avance.

Mais il n'en serait pas ainsi, à beaucoup près, si le commerce français se procurait , par le même moyen , des marchandises étrangères destinées a la consommation. Le numéraire employé à les adieter serait alors perdu sans retour , et le goût de ces marchandises se répandant de jour en jour , il n'jr aurait bientôt plus assez d'argent dans le pays peur continuer de semblables acquisitions. Les canaux de la circulation ainsi desséchés , le pays ne pourrait plus se soutenir , ni par sa propre in«dustrie , ni par celle des nations rivales , et tout y marcherait à grands pas vers la décadence : les sciences , les arts , le commerce et la population.

Smith ne paraît point redouter de pareils ejQTets. Il affirme en conséquence « que la masse totale » du capital de TAngleterre ne serait pas plus » diminuée par une exportation d'or ou d'argent » que par l'exportation d'une valeur égale en toute » autre marchandise (i). » Il ajoute: a si une valeur » de 1 00,000 francs en or anglais , achète des vins » de France qui vaudront en Angleterre 110,000 » francs, cet échange augmentera la masse du » capital anglais d'une valeur de 10,000 francs; »

(0 T.ni, p. i38.

et il en eoQciut que tout échange d'argent eonfere de la mafjohandise est avantageux , qpaand la mar'v chandise importée vaut plu3 dans le pays qui rachète (^e dans }e pays qui la vend*

Tout ce f aîsopn^iieiat serait excelleot s'il était vrai que la monmie , qui rend tant de services à la production , dut , pour Tutilitë , être assimUée k la marchandise ; il n'est pas aoutenable , parce que la supposition sur laquelle je viens de l'appuyer est inadmisaihle. Personne ne nie qu'un négociant français qqi troque 100,000 fmncs en argent contre 1 1 o,oQ0 franos de tabacs d'Amérique , n'augmente son capital de lO^poo fnunea 6t ne fesse une bonne opération ; mais cette même opération étendue à toutes ks miirchandises qu'cm peut extraire du dehors avec prc^t , ^t répétée par un grand nombre de spéculateurs , aurait cependant pour résultat d'enlever au pays jusqu'à son dernier éou , et il est difficile de comprendre commet ce pays sera plus riche , ainsi |«rivé de son capital réellement proiucitfy comme l'appelait naguères M. Say.

A mesure que notis avançons , le lecteur peut se convaincre de la justesse de mes remarques sur l'abus des mots marchandise et capiiaux , employés pour désigner indistinctement l'argent et tout autre objet échangeable. Qui aurait jamais pensé qu'un principe pareil à celui-ci ; plus une nation augmente ses capitaux , plus elle prospère , eût dn servir à

prouver qu'un pays s'enrichissait en perdant le numéraire qu'il possède ?

On se souvient qu'en parlant du papier de banque qui cbasse au dehors la monnaie de métal , Smith établit que cette perte de numéraire est un bien si les objets reçus en retour sont des outils , des vivres , des matières premières , nécessaires k la production , etc. ; mais qu'elle serait au contraire on mal , quelle tendrait dC autant à étendre la prodigalité y que , sous tous les rapports enfin , elle tour-' nerait au préjudice de la société (i) , ri ^ au lieu de vivres, d'outils, etc., l'échange se faisait oonti^ des vins , des dentelles , des soieries. Or , cette distinction, très^iipportante d'après Smith, n'a plus aucun objet dès qu'on répute augmentation de capital et source de richesse pour le pays , toute exportation d^argent qui donne en retour des marchandises d'une valeur un peu plus codsidéraUe. Il en résulte que Smith a professé sur le même sujet deux doc-* trines contraires. En effet , si les soieries de Lyon valent en Angleterre plus qu'en France, l'Angleterre, chaque fois qu'elle nous achète des soieries, augmente ses capitaux , et dans ce cas , Smith a tort de voit* là une prodigalité ; et si au contraire il peut être nuisible à l'Angleterre d acheter de nos soieries , qui véritablement ne donnait lieu chez

(i) T. II , p. a3a.

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elle k aucune reproduction , Smith raisonne bien mal quand il assimile un capital en marchandises k un capital en argent , et quand il soutient que le pays qui troque 100,000 francs en monnaie contre 110,000 francs en vins, s^enrichit. Des deux Smith qui se contredisent si formellement, il y en a certainement un qui se trompe. Le lecteur décidera lequel.

Je ne me suis attaché' )usquà présent qu'aux principes en quelque sorte secondaires de cette partie de la doctrine de Smith. En voici le principe fondamental tel que l'a établi son traducteur dans une récapitulation trèsrméthodique et très- * bieo Ëdte des deux premiers livres de Touvrage : « L'intérêt privé laissé à sa pleine liberté porte » nécessairement les possesseurs de capitaux à » préférer l'emploi le plus favorable à Tindustrie » nationale , parce qu'il^ est toujours le plus pro- » fitable pour eux. »

Ce principe peut être considéré comme la base de tout le ^stéme économique. Il est dès-lors très-important de l'apprécier à sa juste valeur.

Mais je prie de considérer auparavant combien il a de connexion avec ceux tant prônés des moralistes du iS.**** siècle. L'intérêt privé devait selon eux , conduire Thomme à la perfection ; il était le seul mobile des actions grandes et gêné* reuses ; lui seul tenait lieu de toutes les vertus ,

DU COMMERCE. agg

ou les engendrait toutes ; il ne fallait plus ni préceptes de morale , ni religion ; on aurait même pu, au besoin , se passer 4e lois et de gouver-f neipient. Nous avons essayé un moment de ce bepu système , et les faits ont confondu le raisonnement. Je reviens à Smith.

L'intérêt prwé laissé à sa pleine liberté , porte nécessairement les possesseurs de capitaux à pré^ férer F emploi le plusfavorahle à F industrie nationale , parée qu'il est toujours le plus profitable pour eux.

Ce principe décomposé exige l'examen des deux questions suivantes : .

4 £|i supposant que l'emploi des capitaux le plus ^vorable k l'industrie fût aussi le plus profitable aux capitalites , serait - ce une raison pour qu'ils donnassent toujours cette destination à leur argent? Est-il vrai que l'emploi d'un capital le plus profitable au capitaliste soit aussi le plus favorable à l'industrie ?

La réponse à la pranière de ces questions est très-simple. Il en est de l'intérêt privé dans les matières de commerce , comme de l'intérêt privé dans tout ce qui tient à la morale. On n'est pas toujours très-éclairé sur ce qui lui est favorable , et quand on a ce genre de lumières , on n'en veut quelquefois point profiter. L'intérêt de l'homme exigerait qu'il fût sobre , tempérant , borné dans «es désirs. Combien y en a-t-il qui aient ces vertus?

5oo LIVRE III.

La réponse à la seconde question est plus simpb encore. Il est faux que Temploi d'un capital , le plus profitable pour celui qui le possède, soit aussi, nécessairement, le plus profitable à Tindustme,

Rien de plus profitable aujourd'hui pour un capitaliste, connue on Ta vu , que de porter nos chiffons en Angleterre, et rien de plus défavorable . à rindustrie nationale , puisque ce commerce entraînerait la ruine de nos papeteries.

Rien de plus profitable pour un capitaliste que d'aller charger à Londres des mousselines et des casimirs ; rien de plus défavorjJ^le à l'industrie nationale , puisque l'introduction , en France , de ces marchandises, causerait la chute infaillible d'une grande partie de nos manu&ctures de lainage et de coton.

Ainsi , bien loin que l'intérêt des capitalistes soit toujours > et nécessairement, lié avec l'intérêt général , ils se trouvent fort souvent en opposition ; et l'on en peut tirer cette conséquence abso-^ lument contraire à celle de la doctrine de Smith, , que,sansrattention continuelle des gouvernements, le commerce extérieur, au lieu de tourner au profit des nations , serait , pour la plupart , une source de calamités et un principe de mort.

Je trouve date l'ouvrage de M. Canard , déjk cité, cette remarque essentiellement fausse : « Il est » clair que toutes les fois qu'une nation tire une

BU COMMERCE. Sot

^ )tiatclialidise de Fëtranger plutôt que de la fa-* * briquer y c'est qu elle y trouve son avantage* » M. Canard prend ici une centaine de commerçants, plus ou moins , pour la nation , ce qui est fort diflférent. Que quelques particuliers importent de ' TAngleterre cinquante mille pièces de percale , Certainement en les revendant en France ils se procureront de gros profits; cependant s'ils n^eussent pas fait venir de Londres cette percale , la nation laurait fabriquée elle-même, un peu moins bien peut-être , mais enfin elle l'aurait fabriquée. Notre numéraire nVurait point été servir d'aUment à l'industrie anglaise^ et nous aurions occupé deux mille ouvriers de plus. Il n'est donc pas clair que , toutes les fois qu'une nation tire une marchandise de l'étranger plutôt que de la fabriquer ellemême, c'est quelle y trouve son avantage* Il Test seulement qu'alors ces extractions de marchandises peuvent être profitables au petit nombre des négociants qui donnent cet emploi à leurs capitaux; et c'est précisément l'une des hypothèses où l'intérêt de l'individu est directement contraire à l'intérêt de l'État.

L'intérêt privé d'un négociant maritime étant d'aller acheter à l'étranger ce que l'étranger fa*brique mieux et k meilleur marché que nous , il est évident que ce commerce, si la suppression des barrières le rendait possible, entraînerait la

5o!i LIVRE II î.

ruine de presque toutes nos fabriques. Il y â pour cela deux raisons : i/nos manufactures naù^ raient plus à produire ce que, jusqu'alors, la consommation leur avait demandé ; 2.^ les capitaux qu^elles représentent et ceux qui servent à les entretenir , ou se détruiraient par le seul fait de Tinertie dont elles seraient subitement firappées , ou se convertiraient en monnaie et sortiraient du pays pour subvenir h des besoins que l'industrie locale ne satisferait plus. Ainsi les fonds qui ali^ mentent le travail diminueraient chaque jour; et Smith lui-même va nous apprendre quels malheurs attendent un pays où la marche des choses a pris cette direction.

» Si , dans un pays , les fonds destinés k faire » subsister le travail venaient k décroître sen^ n siblement , chaque année , la demande de do^ » ^estiques etd'ouvriers,danstouteslesdifférentes » espèces d'emplois, serait moindre qu'elle n'aurait y» étérannéeprécédente. Un grand nombre deceux » qui auraient été élevés dans des métiers d'une » classe plus relevée, ne pouvant plus se procurer )) d'ouvrage dans leur emploi , seraient bien-aise^ » d'en trouver dans les classes inférieures. Les » classes les plus^ basses se trouvant surchargées )» non-seulement de leurs propres ouvriers , mais » encore de ce qui y refluerait du superflu de ^' toutes les autres classes , il s'y établirait une si

DU COMMERCE. 3o5

» grande concurrence pour Touvrage que les

» salaires seraient bornés à la plus chétive et à

» la plus misérable subsistance de Fouvrier. Il

» y en aurait beaucoup qui y même à de si dures

» conditions, ne pourraient pas trouver d'occu-

» pation , mais qui seraient réduits à périr de faim ,

» ou bien à chercher leur subsistance en men-

» diant , ou on s'abandonnant aux derniers des

» crimes. La misère, la famine etla mortalité désolé

» raient bientôt cette classe , et delà s'étendraient

» aux classes supérieures, jusqu'à ce que le nombre

» des habitants du pays se trouvât réduit à ce

^ qui pourrait aisément subsister par la quantité

» de revenus et de capitaux qui y seraient restés ,

» et qui auraient échappé à la calamité univer*

« selle, (i) »

Osez faire l'essai des principes de Smith. Rendez le coDOLmerce extérieur absolument libre ; le morceau que vous venez de lire sera , dans cinquante ans , rhistoire de la France.

Ed puisant dans l'ouvragé même de Smith la preuve du danger de Sa doctrine , j'ai aussi pour but de montrer combien les principes en sont con-« tradictoires. S'il est vrai que T intérêt priçé , laissé à sa pleine liberté y porte nécessairement les propriétaires de capitaux à préférer V emploi le plus favorable à

m^amm

3o4 LIVRE ÎII.

T industrie nationale j comment Smith a«t-ii pu (lira ailleurs (i) : « L'intérêt particulier de ceux qui » exercent une branche particulière de commerce M ou de manufacture est toujours, k quelque^ y> égards, différent et même contraire à celui ^ du public. — Le seul motif qui détermine le pos' s> sesseur d'un capital dans Temploi qu il ùàt de » son argent , c'est la vue de son propre profit » Il n'entre jamais dans sa pensée de calculer » combien chacun des différents genres d'empld » mettra de travail productif en activité , on ajou' » tera de valeur au produit annuel des terres et du » travail de son pays {2). » Non , certes. L'intérêt du pays est ce qui touche le moins le commerçât Il ne faut qu'ouvrir les yeux pour s'en convaincre, et rien ne justifie mieux les mesures sévères auxquelles l'Administration est obligée de recourir 1 afin d'empêcher que le négociant ne sacrifie ïin* térét public au sien propre.

Lorsque notre conunerce au Levant était au plus haut degré de prospérité , on s'élevait de toutes parts contre les règlements qui forçaient les fabricants dedraps k leur donner telles dimensions^ h. se servir de telles matières. De tels règlements devaient paraître absurdes. N'était-il pas évident que, guidés par leur propre intérêt , les fabricants

(I) T. II, p* 164. — (a) T. II, p. 40Q*

DU COMMERCE. 5a5

Sie garderaient bien d'altérer la qualité deleurs marchandises 1 Oui , rien de plus évident , . . • dans les livres. Mais, dès que TAdministration ,moinssévère; eut cessé de tenir la main k la police des fabrications , mille sortes de fraudes se commirent. Nos draps , qu\>n achetait dans le Levant sans même ouvrir les balles^ perdirent tout-à-coup leur réputation. Les demandes diminuèrent, et la France se vit enlever , par des peuples rivaux , une partie de ce commerce y qu elle aurait conservé exclusivement sans les déclamations de quelques esprits chagrins (i).

M. Say , qui est, comme Smitli , très-partisan de la maxime de l'intérêt privé, qui croit, comme

ml II II' I I I I I .1111 ■■. -. Il,

(i) M. Sây, qui n'a pu se dispenser de reconnaître le préjudice que les fraudes de fabrication ont causé à notre commerce du Levant , dit que mçil-à-propos on a aUtibué cet effet a la liberté introduite par la Révolution; qu'il date de plus loin ^ malgré les règlements ( 3."*® ëdit. , 1 1% p. a33 ; — 4,"*^ édit. , 1 1.% p. aB i ). C'est qu'avant la Révolution les règlements étaient mai observés, ce qui ne prouve pas du tout . qu'ils fussent mauvais. La dépréciation de nos draps dans le Levant remonte y selon M. Félix Beaujour, Ik l'année 1783; et, si l'on veut bien se rappeler les idées qui prévalurent, en lyyS et 1776, sOus le ministère de M. Turbot, on comprendra pourquoi le relâchement s'introduisit alors dans toutes les parties de notre police commerciale. Il ne faut pas croira que la Révolution ne date que de 178g.

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lui y qu'on peut s'en remettre à cet intârét de la prospérité générale du commerce » &it y avec une complaisance extrême i Fhistoire des réclatnations auxquelles donnèreiit lieu les premiers essais de cotonnades et de toiles peintes , ea France (i). Il est certain que Talarme fut grande dans les provinces dont le commerce Aes étoffes de fil et de laine occupait la population ; et, il faut Tavoù^t cette alarme n'avait rien de déraisonnable; Déraisonnable ou fondée , d'où provaaaûl - elle ] de l'intérêt privé ; et, par conséquent, l'intérêt privé peut être en opposition avec l'intérêt génâiaQ, puisque l'intérêt général voulait ici que lé Gouvernement &vorisât là Ëibtiéatibh des étoffes de coton , alors très-recherchées des consommateurs dont les goûts avaîeiit changé.

Les cotonnades et les toiles peintes gaghèrent leur procès. Ce ne fut aux dépens d'aucune ville. Les unes continuèrent à fabriqua: ce qu'dles avaient &briqué jusque-là.. D^antres s'^emparèreiiA de l'industrie nouvelle et occupant plus d'bu* vriers. M. Sày cite texttiiêlléni^t Roland de la Platrière , qui montre les ihimenses avantages que

la Frapce en recueillit ; mais M. SaV ne nous dit

il î- ^ ■ ' • ■

^ a France aurait réussi à se rendre

propre la fabrication des cotonnades et des toiles

peintes , si elle n'eût écarté ^ at^ec son système

(I) 3."« édit. , 1. 1.«, p. ly 3. — 4.""^ ëdit. , 1. 1.^, p, 181.

mercantile f les toiles peintèis et les mousselines étrangères ; et j^aurais voulu qu'il hbus expliquât comment T intérêt priçé , laissé A ivi pleine liberté , c'est-à-diréj allant chercher ces étoffes à Londres , aurait servi Tîntérêt général qui voulait ici , d'après M. Sây lui-même , qu'on lès feibriquât en France. M. Say appelle k lui la maxime de l'intérêt privé , toutes les ifois qu'il en a besoin pour soutenir un point quelconque de sa doctrine. Dans ce cas, cm peuk s'en rémettre à Pintérêt privé du meilleur emploi â faire des capitaux. S'agit-il , au contraire , de {placer 'dès fonds à l'étranger , ainsi que cela arrivé à qtieràùès personnes qui trouvent daûis cet (emploi jplus aè sécurité ? comme alors ces capilauk somt eiilèVés S l'agriculture et à l'ihdti^'trie locale , ée quïl feet^ait par trt)p déraisonnàl>le de présenter coinnie un fcien, M. Say est force de changer de làingâgé , et il avoue qu'il ^ iot id i*esfrîcHok êà ptincif^^ûi^^ posé ailleurs (i) ; il én'AaMît une Seconde ^i) à l'occasioli des prôhiMtionb qui ne isont pà^v «iélon M. Sây , dans firit^ét géhéral, e^uéfcëp^ehdànt l'intérêt privé de^ jprîàductéùre ' réclariafe presque tbù jours; puis tmé tïbisîèWè (3) îi 'prtipoSs dfes fiabricànts , qui, étant 11 la ^cfllë de se «^èr ^dès âBâirè'si fae se généraient ^âs pbliï^' iVompér \é public sahs les

(») 3."" m%. , i » » 9- i^-^.—i-^- ^dit. , t. II , p. i55. <a) 3-."»**^.-, t. L", p. 199. - i.""" Wit. , t. ,1." , p. aia.

• (3) s.^^éàit., t; ir, p. â33; -4.'»''ëdih , 1. 1", p. âS»;

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règlements qui prëviennent les fraudes ; si bieû que, de restriction en restriction , il ne reste pins rien de ce fameux principe qui, en realite, est Tun des plus faux qu'on ait jamais soutenus.

M. Say n'a toutefois négligé aucune occasion de le reproduire , et sous toutes les formes. Il répète à dix reprises que ce qui est richesse pour un particulier , Test pour une nation. Seulement il avertit une fois (i) que, si ce qui convient le mieux au citoyen, convient le mieux k TEtat, c'est uniquement par rapport à l'étranger , et nous venons de voir tout à Theure que c'était positivement dans les relations avec L'étraager que riijitérét privé, laissé àlui*méme, amenait toujours les plus âciieiix résultats pour le pays. Je prie les écrivains de l'école de Smith de répondre h cette qtiesticm : comment Tintérét privé s'accordait-il avec l'intérêt public quand , dans \^ guerre dC; sept . ans , les marchands anglais allaien): en contrebande appnh visionner de vivres, nos îles des Antilles, qpc leurs propres flottes tepaiçnt bloquées ? et j'aiderai sanâ doute à. la solution du problème en rappelant le mot de ce marchand hollandais auquel le prince Maurice adressait les plus vives réprimandes pour avoir vendu des 'munitions de guerre aux ennemis : MQnseigneur , si on yousfxdt faire quelque commeru avec V enfer ^je hasarderaisjl'y aller brûler mes poîles.

Après avoir soutenu qfie ce qui est richesse pour

<i)3."^^édit.,tJ.«',p.396.— 4~*édit, t.L^%p.44.

DU COMMERCE. Sog

m particulier , Test pour une nation , Test pour un gouvernement, M. Say ajoute : c' est une preuve de . plus qu^il n'y a pas deux ordres de vérités dans Féco^ namie politique (i). M. Sajr prononce ainsi lui-même la condampation de la science qu'il professe ; car il ne faut qu'ouvrir Tfaistoire pour reconnaître qu'en matière d'aduoinistration et de gouver^' nement y les vérités sont de deux ordres , les unes absolues, c'est-à-dire, toujours applicables, et les autres ( incomparablement plus nombreuses ) toujours relatives , c'est-à-dire , bonnes seulement selon les hommes , les temps et les peuples.

II me reste quelques observations générales à présenter sur le commerce extérieur. J'en fais l'objet d'une quatrième et dernière section.

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