CHAPITRE VU
Du Commerce des Colonies.
Il serait superflu de répéter, après Montesquieu , l^mith et tous les écrivains qui ont parlé des colo« nies^ que Tespoir ae trouver des mines détermina seul Içs premiers établissements des Européens dans TAmérique^ Cet espoir plus ou moins déçu , on songea que la terre pouvait offrir d'autres trésors. Un sol vierge promettait de récompenser largement les travau^L de la culture : des produc* tions lointaines, recherchées de tout Tunivers, y furent transplantées et réussirent. Ainsi s'ou-* vrit , pour les peuples de l'Europe , une nouvelle source de jouissances et de prospérité, et de toutes parts arrivèrent des aventuriers attirés par Tattrait dç rindépendance et la presque certitude d^une fortune considérable et rapide^
Les gouvernements sentirent alors la nécessité ^e faire tourner au profit du pays des émigrations qui Tappauvrissaient de bras et de capitaux. « Vous voulez , dirent les che& de TEtat à ces fugitifs ^ abandonner pour des contrées lointaines, la terre qui vous a vus naître : bien loin, de s'opposer a vos projets , le Gouvernement prétend les servir.
Maître du pays nouveau où vous allez tenter la fortune , il vous concédera autant de terrain que vous en pourrez exploiter; mais le seul travail qu il vous permettra sera celui de la cultore : vous n aurez ainsi ni manufactures , ni M>riques : les objets nécessaires à votre consommation vous seront fournis par la métropole^ qui vous iachètera en retour les productions de votre sol , et vous les achètera toutes. Ces lois qu'elle Vous impose sont celles auxquelles vous étie^ assujétis en Europe, où vous ne pouviez consOi!amer que des marchandises du pays : elles s'accoirdent avec Votre intérêt, puisque vous aurez plus de teHre qu^fl ne vous sera possible d'eu mettre en valetff , et t^e vous ne sauriez élever des fabriques satis priVer de bras le sol qui les réclame. Â ces ctodîtioûs ^ vous ne changerez ûi de patrie ïd de gouvernement : celui sous lequel vous êtes tiés ne ceis^era point de vous considérer coïïime seà eïifanfs , et vous aurez toujours les mêmes droits à sa protection : votre prospérité deviendra la sienhe > et il travaillera à Taccroître pair tôus les tnoyeïïs qui sont en son pouvoir. Vous aurez besoin de bras étrangers ; il veillera à ce que vous en soja pourvus. Votre fortune naissante pourra porter ombrage à des nations rivales qui entreprendront sur votre liberté ; n'appréhendez rien de leurs «fforts; la mère-patrie vous défendra contre ce»
t)etlplei3 ôgi^eësëtirà ; elle vous garantira de leurs atta(jues par des ouvrages construits et entretenus h ses frais : seà ttôùpes garderont votre territoire ; ses vàisiséàùx |irééei*véront vos côtes. Vous n aurez k vous occuper que du soin de multiplier vos reproductions; VOS ehfants seront même dispensés de servir TEtat ; ou plutôt ils ne pourront mieux le Servir qu'eu vbUS secondant dans vos travaux ; reûdez-les donc fructueux : surtout n^oubliez jamais, daJbiS feettè terre lointaine où vous allez chercher des richesses , que c'est à là protection de la métropole que vôtiô devez les moyens de les àccpiétir ; et râppôrtëz-les lui un jour pour la dëdomriiager de tout ce que vous lui aurez coûté. » Les gouvernements de l'Eiit-bpe se sont cohdiiits envers leurs Colonies , précisément comme 6î le discours qu'ôh Viedt de lire avait rêeUemeut été tenu. J'ai beau y réfléchir : Tespèce dé traité qtii èiiàte entre lëâ cdloûiëô et leurâ métropoles^ ne me {iaratt désavantageu^t ni àui ilneà ni aul autres; Smith en juge tout autrement. Là conduite des gotivèrtièiliehtàlui semblé riiéàqtiine él oppressive: il tiy voit qtftiïiè àtiitê dé ce Système rétréci des gen^ à boûtiqûeé et autres gens du métier qui Veulent s'àssiirer le monopole dé leurs pratiques (i)i La clause dii fâriiëùx acte de navigation qui consacre ce monopole est une clause de