‹ Du gouvernement considéré dans ses rapports avec le commerce, ou, De l'administration commerciale opposée à l'économie politiqueChapitre 6 sur 46 · XXV · texte numérisé non relu

XXV

IravaU est anjourd'iuiî considéré conmie le prkid|>al agent ide k richesee^ cest sane découverte très-reccnte , tct tous se trompent , comme ^ le prouverai «ans réplique par des ëdits qui ont maintenant plus de 200 années de date. Piéter aux ^gouvernements des doctrines absurdes , crier à Vignoranoe , à Imeptie, aux préjugés mercantiles, voila tout ce que font les écrivains de réoole économique, d'est la , je le dis hautement , ie principe de Tunion qui règne exitre eux. G est aussi la condition sans laquelle on ne peut plus rien éccire sur ces matières qui fie soit d'avance voué au ridicule , et c'^st en tnéïne -temps, quaiid on accepte cette condition , un privilège pour raisonner toqt de travers , sans cess^ d'être aux yeux des ^che^ Àe lecoie un observateur profond , un 'écrivaia selon ia science. On trouvera la preuve éà cette assertion dans les éloges <pîie M. 'Sày prodigue à M. Ricàrdo , au^ quel il demande pardon de devoir , dans 1 Intérêt «des principes , 3>éfuter quelques-unes de ses erreurs. Or , quelques-unes veut dire ici 750 pages sur 800. Maintenant, quon

xxvq

UtatWé^ ^a^ppi^l^ f)ar ia nouvelle science I^qU "mercantile^ et «q^jke Tofi |u^ arec qiiieile rigww M* Say laurak traite 1 II y ft ^oo^ aujourd'hui ^ue classe d'écrlyains 4^poHl^ à pardonner 76)0 pages sur ^600^ poi^Fv^ qïQje d«fi$ \t% 5o autres on icareaae \mx marotte ; et, ^î jasnais Tesprit db aecte «'«K j$M>ptré paiiaitement à rai^ j'^is^ craîœ

que c'est ici.

lias dehate qui fie sont élevés entre M. jSay ^ M. BiCAEJ)0 ont profQadëment afflige les f^Afiti^ns de Véconofoîe politique^ parce qu ils ^®t çoTOfffiîs tout le i^)\xèk.% ^uî en résulr ierait poyar eux: dans lopinioa ; aaaais ce ^cai^ dafe jsi'était qi^he ie precuraeur d nn scandale i>kn ^bs gnuod. La lutte emre M. Say et M. RiCARDo avait à peine éclaté qu'il s'en eslt fegdgagé une aouv^eUe jbkn audrement sérieuse. 21 y iva <eette fois de la partie de ladootrioe de M. Say à laqueUe il attaebe le plus d'importance. Aussi a^-t-il jugé le péril teHement imminent que , sans attendre la mise en vente de la traduction des Principes d'économie politique de M. MdiiTHVS ,

XXVll)

il a publié les lettres où il le combat (l)* C'est à coup sûr la première fois qu'on ré fiite un livre avant que le public ait été mis à même de le juger, empressement dont il est bien difficile de ne pas rire un peu quand on se rappelle ce que l'écrivain avait imprimé quelques mois auparavant : sur tous les points essentiels de t économie politique , Smith , BucHANAN , Malthus , Ricardo et Sa y sont d'accord.

Le nouvel ouvrage de M. M althus n'est ^ d'un bout à l'autre , que la réfutation des principales doctrines de MM. Say et Ricaïldo, lesquels s'étaient déjà réfutés réciproquement ; et du moins on saura désormais à quoi s'en tenir sur cette parfaite harmonie de principes dont M. Say s'était prévalu si à propos.

Il existe aujourd'hui , à ma connaissance, indépendamment d'une foule d'ouvrages mixtes , où , comme dans ceux de M- Ganilh» on s efforce de rallier les esprits divisés par

(i) Ces lettres ont paru au commencemeDt d^août 1820, et la traduction de l'ouvrage de M. M althus k la fin d'octobre*

les doctrines , sept traites cl*éconoinîe politique qui , avec le livre de Smith , forment 1 6 volumes in-S."* Ce sont ceux de MM. Gar- NiER, Sa Y, Canard, Dxjtens, Ricardo , Sis- HONDi et Malthus. Je maintiens, et chacun peut le vérifier , qu'on n'extrairait pas de ces i6 volumes six feuilles d'impression auxquelles les huit auteurs donnassent leur plein assentiment. Je n'ose pas soutenir que , dans ce qu on nomme l'ëconomîe politique , il ny ait les éléments d'une science; maïs j'affirme hardiment que cette science est encore à naître ; et comment en douter , quand , dès la première page de son livre , M. Malthus nous apprend que, malgré trente années de recherches et cinquante volumes de découvertes , les écrivains n'ont pu , jusqu'à présent , s'entendre sur ce qui constitue la richesse.

M. Malthus est de l'école de Smith. Quoiqu'il intitule son ouvrage , Principes d* économie politique ^ il n'a réellement traité qu'un petit nombre de questions, toutes de pure théorie. Il recherche si la valeur est susceptible de quelque mesure invariable ; quelles

lois naturelles servent de hase au fermage ; à quelles causes se rattachent le taux des salaires et les profits des capitaux ; matières singulièrement abstraites, et dont les vues de lauteur , quoique très-elevées, ne rachètent pas toujours la sécheresse. Or, c'est cette sécheresse même qui empêchera probablement que jamais T économie politique ne devienne une science usuelle ; car , ou l'économie politique ^ pour attacher les hommes qui ne prisent que les vérités applicables , empiétera sur le domaine de l'Administration, et ^lors elle conduira à des résultats tellement dangereux ^ qu'ils lui feront perdre tout crédit , ou bien elle se bornera à des discussions purement spéculatives , et < dans ce cas , elle rebutera par son extrême aridité. M. Say est tombé dans le premier de ces écueik ; la plupart des écrivains anglais encore vivants , dans le second. Smith n'a su éviter ni l'un ni l'autre , et son livre serait, par cette raison, celui de tous qui causerait le plus de mal , si Tobscurité qui le distingue éminemment ne l'avait fait ranger, dès le principe , au nombre des ouvrages qu'on vante sans les lire.

xxxj

Encore un mot sur M. Malthus. Rien ïi'est plus digne d'éloges que l'extrême mesure de cet écrivain dans toutes les questions qui appartiennent à l'Administration pratique. La grande réputation que son Essai sur la population lui a faite en Europe , n'est point un titre dont il se prévale pour imposer ses opinions. On voit que nulle autre passion ne le domine que celle de la vérité. Il vante l'économie politique parce qu'elle a été l'étude de toute sa vie ; mais il avoue que , tant que les écrivains qui s'en occupent ne s'entendront pas mieux, leurs conclusions ne des^rontpa^ être adoptées comme maximes à suivre (i). Il dit un peu plus loin ; « Le » premier but de la philosophie est d'explî* » quer les choses telles qu'elles sont ; et , tant » que nos théories n'y seront pas parvenues , » elles ne doivent servir de base à aucune y> conclusion pratique (2). » Voilà le langage de la raison , et je prie qu'on se souvienne que l'homme qui le tient est le plus célèbre

(i) Principes d'économie politique , introduction ^

page ix.

(a) idem , ' idem ^ p. xv.

xxxij

des écrivains de l'école de Smith , observation qui ne désarmera pas les autres, mais qur ti'en fera que mieux sentir au lecteur la nécessité de Téxamen que je provoque.

M. Say regrette qu'il n'y ait pas plus d'accord en France et en Europe sur le meilleur système d'administration côtnmerciale à suivre. Ce que M. Say devrait plutôt regretter , c'est que les écrivains qui 'professent 1 économie politique s'entendent si mal. M. Say se trompe : à l'exception des hommes qui n'ont étudié l'Administration que dans les traités d'économie politique, et qui sont peu nombretbc, l'Europe est unanime sur la bonté de la route^ où elle est depuis si long - temps engagée , et la preuve , c'est qu elle y marche avec persévérance. Que M. SaY suive les discussions parlementaires, soit en Angleterre , soit en France , et il reconnaîtra que toute proposition tendante à la liberté Illimitée du commerce, véritable but que se propose l'économie politique, y serait rejetée sur sa simple énonciation. M. Say conseille à ceux qui veulent s'instruire dans

XXXll)

ces matières, de lire très-peu de livres, ^euoo 9U trois tout au plus (i) ; et franchement il ne pouvait pas dire moins , puisque , s il s était bonaué à un , c'eût ëte trop clairement designer le sien, de que veut surtout M. Say, c'est que le lecteur évite tout ouvrage de controverse. Je ne suis point de son avis, et je commence par exprimer le vœu qu'on lise M. Say lui-ipême , car il s'agit ici d'un très-grand procès entre deux sciences dont -chacune fournit des mémoires au lecteur q^ les j^ge. Comment s éclairerait-il s'il n'entendait que Tune des parties? M. Say, écrivain ;^pîntuel et élégant , doit avoir de grands avantages dans une telle lutte. Mais si l'esprit e^ le talent sont des armes, la raison., l'expérience des siècles s(Mit des ar-« mes aussi ; et quand on marche appuyé sur ÇoLBERT, Davenant, m. NpcKER, un faux paspa'a rien qui pw$se b^ucoup humi^ lier. Si donc je suis a^mené un jour à recon-r naître que sur plusieurs points f ai soutenu des principes hasardés , mon erreur ne sera

(i) 3.* é(Ut., t. 2 , p. 127 en note. — 4® ^^it. , t. r^, p. î49«

pas tout-à-faît sans excuse , et je n auraî pas trop à rougir de m'être trompé en si bonne compagnie (i).

Mais pourquoi, dans de telles discussions, crier à ses adversaires qu'ils sont des champions nés de toute esphce d'ignorance , des partisans des vieilles erreurs , des gens remplis des plus sois préjugés (2) , des hommes à vues étroites et à présomption large (3) , n'écoutant que leur vanité ou leurs intérêts (4) ? Pourquoi leur dire qu'ils veulent imposer leurs opinions , et qu'ils les soutiennent avec l'opiniâtreté de la soUise , parce qu'ils ont peur d'être convaincus (5) ? Pourquoi enfin s'en prendre à eux de l'appui que la loi donne à leur système , et leur reprocher de le foire exécuter par des armées de commis

I ■•■ ■ Il I !■ » I I i Mil 11

(i) J'ai déjà cite et je citerai peut-être encore M. Necker. Je crois inutile d'avertir que je ne le considère; ici que commç administrateur,

(2) Disc. prél. , 3.® ëdit, p, Ixiv.— 4»*^ édit. , p» Ixvj, Ixvij,

(3) Idem, 3.^ édit. , p. xxj. — 4-* ^^^^'i p- xxiv,

(4) Idem, 3.® ëdit, p. Ixix. — 4-* ëdit , p. Ixxj.

(5) Idem , 3.^ édit. ^ p. xx. — 4-* ^dit. ^ p, xxiv.

et de soldats (i) ? Quand Smith, qui avait ëcrit toute sa vie contre le système commercial de son pays , accepta la place de commissaire des douanes en Ecosse, il se mit aussi à la tête d une armée de commis , et je ne sache pas que ses partisans lui en ayant fait un crime, quoiquen cela il fût peu conséquent et peu délicat ; peu conséquent puisqu'il agissait contrairement à sa doctrine , peu délicat puisque , dans son opinion , il ne pouvait gérer une telle place sans nuire a la prospérité de l'Angleterre. Il est heureux qu'en France, les hommes qui sont chargés de l'exécution des lois sur Tadministration du commerce, les jugent bonnes et utiles. On ne fait avec succès que ce qu'on fait avec conviction ; et , si parmi ces hommes, il en est qui ayent pris la plume pour défendre l'Administration commerciale , sait-on bien ce qu'ils y ont gagné ? Je ne veux pas développer ma pensée; mais, quand M. Say parle de la défaveur qui en- ■I" I .. .ij III. ■ , , ,1 > I,. ..Il 1 1 ,1 . p.^

(i) Discours préliminaire , 3.* édit. , p, bcv. -^ 4-* 4dit. I p. Ixvij.

xxxvj

toure ceux ^ui attaquent l' Adrrdni^ation , et des persécutions ^ui les attendent (i) , il choisit mal soia temps , puisque luiHtnème , très-"peu partisan des doctrines admmistratives, sans doute ^^ jdoit à la rauniÊcence du Gouvernement une cliaire dëçononaie imdustrîelle, où son excellent esprit saura cependant le garantir de toute hostilité contre «os instituerons (2).

(i) DiscDurs préliminaire , 3.*: édit 1 p. Ixix. >*- 4-* ëdit. , p. Ixxj.

(a) Le Gouvernement ne fait rien contre les ëcri vains qtii attâCfdent l^adtninistttitioti èottifticrcikle/et il a1*aîson, IL tte fait rien poor fceux qui U tléfendeirt , et rît û^-aisom encore. .Cependant, toutes le^ foi^ que le GQUvernelbeAt donne une grande place à un administrateur qui a écritt ]e public croit volontiers qtie I^ })]ace est )é prix du livre, en^ur satiB céusé^uémiê dànfs les teinps làrdinliiii^i , ^xiais qui peut être fatale >en révolutioii.. C'est -ainsi ^^pei, lors^ qu^au commencement de x8id on vit arriver à la Direc-' tibn générale des douanes, un lipmme qui avait: Fait ^n ouvrage sur le& douanes , l>ieli des gens s^ifanâgiâëi^ent que cet ouvrage flattait les vues dachef>du>G0i>vern«meiit, et que c'était l'auteur- que Bonaparte réeati^ensait. Bonaparte n'aimait ni les livres, iii ceux qui en faisaient; et, s'il avait voulu récompenser I'ai}t€w4'-UB -ouvrage sur les douanes , ce n'eût probablement pas été l'^ivain ^qui av^t établi en principe que jamais on ne doi$ faire ^d^

XXXVl)

Tous ceux qui seraient tentësde se faire les avocats du sy^me oommerdal , n ont certainement pas à craindre de d^laire à tel ou tel homme puissant. L'indépendance de leur position les alFranchit de ce danger que, d'ailleurs^ ils braveraient très-bien ; mais tous sont exposes à un autre inoônvéoieht devant lequel bien des courages reculent. Les homi»esquifont lesreputations économiques marchent serres : s ils ne sont pas nombreux, ils sont tres-\imts; ils courent volontiers à la défense les uns des autres; et les journaux qu'ils ont à leur dévotion ^. sont d'afutant plus disposes è recevoir de leur main des articles tout faits , x{ue , dans des matières aussi sèch&Se, il laut ou «flatter la nkal^ite , ou s'attendre à ^'être ^a$ lu» Or, le .premier takfit d'ua joifiirnaliste , le ^rai presque son

douanes un instrument hostile. Au reste , Jes places sont le clomaiiie naturel de tous ceux qui ont les services d: les coontiiifisanees ({libellée exi^eift. Ifai livre donne toujours, et même en peu âe|^es.^()Ottr ^irsalt lire , la nsesiKce du talent de 4*écrivain ; rarement il apprend rien sur la capacité de l'administrateur ^ capacité qui lient au carac*èrt cJe riiotntee Wen f*»9 <ju'4 sern edptSl IJn 'livre est ie dernier 'des 4itres «aux ^aïkls -emplois.

XXXVÎÎ)

premier devoir , est de se faire lire. Ici \ed journalistes sont très-excusables. Il n'en est pas moins vrai que , quand il paraît un ovt* vrage contre Téconomie politique , ce sont presque toujours les écrivains de la nouvelle ëcole qui rendent compte du livre irrévérencieux où on les juge. On devine de quel esprif de justice et de bienveillance doivent être animés de tels arîstarques. Aussi serait-ce folie que de croire à la possibilité de se faire un nom en prenant parti pour l'Administration commerciale. Il ny a pas de moyen plus infaillible , aujourd'hui » de se fermer toute voie à la réputation. Cette route ne convient qu'aux écrivains qui ont vieilli dans la carrière administrative, non que les inimitiés d'amour-propre ne puissent quelquefois leur coûter assez cher j mais parce que le sentiment du mal que causent les fausses doctrines les rend indif^ férents à des contrariétés dont eux seuls sont atteints. Un homme , qui est célèbre en Europe par sa science , mais qui a plus d esprit encore que de science , m'engageait à fairç de Smith un colosse dans ma préface , sauf

à employer le livre entier à prouver que son ouvrage fourmille d'erreurs. Je n ai pas suivi ce conseil. Je ne veux point des éloges de Técole économique ; et , de cela même que je n'en veux pas , je montre assez que ses critiques ne troubleront pas mon repos (i). La première édition de cet ouvrage a paru

(i) M. de St. Ghamans a publié , Tannëe dernière , un ouvrage remarquable (^ du Système d'Impôt ^^ où il combat, comme je Tai fait il y a seize ans , les principaux résultats des doctrines économiques anglaise et française. Il a reproduit , sans les connaître , plusieurs des raisonnements dont j'avais alors appuyé mes réfutations , et je me suis ég;alement rencontré avec lui , avant de Pavpir lu f dans quelques-uns de ceux que^^j^ute k cette édition, préparée depuis fort l«ng-bemps. Il est impossible que deux écrivains attaquant le même ouvrage sans y reprendre les mêm^s erreurs , et san» se servir quelquefois des mêmes arguments. C'est pour le lecteur un motif de plus d'examiner avec soin le point de doctrine contesté. M. de St. Chimans n'a d'ailleurs combattu l'école anglaise que pour arriver à une bonne théorie dç l'impôt. Mon livre a un autre objet, et par conséquent touâles deux peuvent être lus avec fruit, quoique dans un intérêt différent. Pour ma part, j'engage les hommes qui s^occupent de l'Administration pratique , à se procurer l'ouvrage de M. de St. Chamans , et je remercie l'auteur , dont le talent seul m'est connu , d'avoir joint ses efforts aux miens.

en 1804. Jusque-là personne n'avait osé attaqixer Smith dans Fememble de sa doctrine. L'entreprise parut courageuse : l'audace de 1 écrivain fit la fortune du livre , beaucoup trop vante par les uns sans doute , mais dénigré par les autres avec un acharnement que l'un des journaux de l'époque crut devoir nommer brutalité. Que si l'on me demande la raison qui m'a fait attendre seize ans pour le reimprimer, ma réponse sera bien simple: j'ai voulu prendre le temps de mieux fixer me^ idées. Je n'ai çhangç d'opinion sur aucune des doc^nes que j'avais ëtabUes ou deTendues; et l'on s'en convaincra, en comparant les ré^iwixés qui Jierminent chaque livr^ , av^ ce^K de la premfièreéditîon ; >mais , quoique j'arrive aux mêmes résultats , je n'ai pas toujours suivi la xnême route. Si je n'ai pas eiicoce fait hien , fie âJiûs ce^ndant certain d'avoir fait mieux, et c'est, à vrai dire 1 un ouvrage nouveau que je publie , puisque j'en ^ai récrit plu^de la moâtié.

Je né connais aucun livre qui explique le système de l'Administration commerciale tel qu'il existe en France depuis la suppre^^

sîon des douanes intérieures. Celui de M. Necker sur l'Administration des finatices , excellent à consulter parce qu'il est riche en faits , s'applique à un ordre de choses qui n'existe plus , et par conséquent ne remplit pas l'espèce de lacune que je signale. L'ouvrage que je réimprime la fera disparaître;

je l'espère du moins. Que l'on approuve ou

non le système actuellement suivi , toujours est-il nécessaire de le connaître , et de savoir sur quels principes , bons ou mauvais , ce système repose. Sous un Gouvernement repi'ésentatîf , quel homme ami de son pays voudrait rester étranger à des intérêts qu'il peut être appelé à défendre ? Mais il ne suffisait pas d'expliquer notre système d'adminîsti'ation commerciale; il fallait surtout montrer par quels arguments il avait été attaqué , et quels principes on pouvait opposer aux écrivains qui le présentent comme le résultat des plus sots préjugés. C'est ce qui m'a jeté , bien malgré moi , dans une polémique qui est devenue indispensable , puisqu'autrement on se serait borné à m'opposer tel ou tel nom. Des rai-

xlîj

sons appuyées sur des faits seront , je croîs * plus difficiles à trouver- Les ouvrages qu'il faut lire pour connaître Tensemble des doctrines économiques ne forment pas moins de vingt-cinq volumes. Si j'ai pu* avec un seul , venger l'administration commerciale , le lecteur me saura gré de n'avoir pas trop abusé de son temps ; et c'est quelque chose que l'économie du temps dans un siècle où les livres se multiplient d'une manière si prodigieuse. M. Say déplore cette manie qu'ont tant de gens d'écrire sur des matières qu'ils n'entendent pas ; en quoi il a raison : mais convient-il aux écrivains de le remarquer? On fait trop de livres sans doute , ou pas assez de livres , puisque , chaque jour , on remet en discussion les vérités qu'on €^vait proclamées la veille* L'administration des choses n'y gagne rien ; et ce qui a beaucoup plus perdu , c'est l'administration des hommes. Qui est-ce qui sait aujourd'hui tirer parti des hommes ? On se récrie chaque année sur l'énormité des dépenses de tous les services , et l'on ne voit pas qu'autrefois on payait les hommes

xlii) publics en stabilité , en procédés, en considération , tandis qu'aujourd'hui il n'y a plus qu'une seule monnaie , l'argent; et cependant l'argent ne paye ni tous les services , ni tous les hommes , Dieu merci. J'avais le projet d écrire un jour sur cette matière ; mais en révolution on mûrit vite ; et , bien avant que les années ne viennent , le désir de se produire disparaît. Il y a dans les succès de tout genre tant de néant ! et puis , est-on jamais sur d'un succès ?

MHta

DU

Page 1