IV. — Congestions cérébrales
Il ne saurait être question ici de celles dont l'action désastreuse et rapide foudroie l'individu , ou bien abolit, en totalité ou en partie, les facultés intellectuelles, en même temps qu'elle porte une atteinte plus ou moins grave à la miotilité. Ces cas, d'ailleurs , sont assez peu fréquents ; en général , les congestions cérébrales n'entraînent pas des accidents aussi funestes ; elles se bornent à de simples étourdissements, à la suspension presque toujours incomplète de l'activité cérébrale, et ses effets sont rarement suivis de conséquences fâcheuses.
La congestion simple est un cas pathologique extrêmement commun; il est peu de personnes qui n'aient eu l'occasion de l'observer. Mais on y attache trop peu d'importance pour que les pathologistes aient cru devoir l'examiner de près , aient songea l'analyser, pour ainsi dire , intellectuellement, c'est-à-dire à se rendre compte avec détail de ce qui se passe alors dans les facultés morales.
«Les étourdissements, dit M. Andral (Clinique médicale), ont une intensité plus ou moins grande ; les malades peuvent avoir en même temps de la céphalalgie, des éblouissements, des tintements d'oreilles, des aberrations passagères de la vue, un embarras momentané de la parole, des fourmille-
ments dans les membres , et quelquefois à la face ; les yeux sont injectés; le pouls est ordinairement peu fréquent et de force variable. »
D'après des renseignements précis recueillis auprès de divers individus sujets aux étourdissements, d'après ma propre expérience, car j'ai de commun avec quelques membres de ma famille d'y être moimême exposé, j'ajouterai :
Quand les étourdissements, ainsi que cela arrive assez ordinairement, ne prennent pas tout-à-coup, à l'improviste, c'est par des bouffées de chaleur vers la tête, un sentiment de compression sur les tempes, de l'incertitude, du vague dans les idées, l'impossibilité de fixer son attention, des distractions insolites, que les accidents s'annoncent habituellement. Quelquefois il semble qu'un nuage passe devant les yeux, mais si rapidement que vous perdez à peine la conscience de vous-même, que la suite logique, l'enchaînement des idées n'est pas sensiblement interrompu. Souvent, aussi, il y a eu suspension, je dirais presque, apparente abolition de la pensée, au point qu'il semble que l'existence ait eu un temps d'arrêt, ainsi que cela arriverait par l'invasion brusque et instantanée d'un sommeil profond et de courte durée.
Remarquons que des phénomènes absolument analogues sont développés, sous forme intermittente, par l'action des narcotiques et, en particulier, par celle du hachisch à haute dose. Ces bouffées de chaleur, ce soulèvement delà calotte du crâne, cet
élargissement de la boîte osseuse, cet épanouissement du cerveau, etc., etc., ce sont autant de sensations,- en quelque sorte, congestives. Un jeune médecin, qui avait pris du hachisch, M. le docteur D..., cherchant à s'expliquer la nature de ces sensations, me disait: « Je suis sous l'influence d'une succession rapide de congestions. »
Nous trouvons donc dans les congestions cérébrales, comme dans les cas précédents, la modification psychique primordiale à laquelle nous avons rattaché, comme à leur source nécessaire, toutes les aberrations de l'esprit, en particulier, les hallucinations, ou mieux l'état hallucinatoire.
Dès lors nous ne saurions nous étonner que les congestions cérébrales constituent, dans un grand nombre de cas, les prodromes ordinaires, inévitables, de la folie en général, et que, quelquefois encore, elles donnent lieu immédiatement au délire maniaque, c'est-à-dire à l'incohérence absolue des conceptions intellectuelles.
Nous verrons bientôt que, chez certains individus, les hallucinations ne se montrent jamais sans être précédées de symptômes qui ont la plus grande analogie avec les congestions cérébrales.
Les faits où les congestions cérébrales ont été évidemment le point de départ, la condition de développement de l'état hallucinatoire, ne sont pas rares dans la science. Je me contenterai de citer les suivants :
J. M... ésl un homme de haute stature, d'un tempérament éminemment sanguin. Dans sa jeunesse, il a été sujet à des étourdissements (c'est l'expression dont il se sert) qui l'engagèrent plusieurs fois à avoir recours à la saignée. Plusieurs fois il lui arriva de perdre connaissance, et il n'évita de tomber qu'en s'appuyant soit contre des meubles, soit contre une muraille. A son dire, il était frappé subitement, et il éprouvait comme une sensation « d'eau bouillante qu'on lui aurait seringuée dans la tête. »
Un soir, dans la rue des Fossés-Saint-Victor, il est ramassé, privé de connaissance, ayant toutes les apparences d'un homme ivre. On le conduisit au corps-de-garde de la place Maubert.
Lorsque J. M... eut reprisses sens, il paraissait être encore sous l'influence d'une vive terreur; il raconta, non sans quelque désordre dans les idées, qu'il venait d'être victime d'un affreux guet-apens; qu'il avait été tout-à-coup assailli par quatre hommes habillés de blanc, le visage barbouillé de blanc , qui, se ruant sur lui, lui assénèrent sur le crâne de violents coups de bâton.
Nul doute que J. M.... avait été frappé d'un de ces accidents auxquels il était sujet, et qui , cette fois , avait porté atteinte à ses facultés intellectuelles.
Il fut impossible de le dissuader des idées que son hallucination avait fait germer dans son esprit; et ces idées sont encore les mêmes aujourd'hui
après plusieurs années de séjour dans l'hospice (Bicêtre).
Je trouve dans l'ouvrage de M. Lélut, le Démon deSocrate, une observation qui a la plus grande analogie avec celle que je viens de rapporter. L'étal hallucinatoire s'y lie de la manière la moins douteuse aune disposition habituelle aux congestions
«G... est un vieillard de 65 ans, de physionomie et de mœurs douces, d'une intelligence ordinaire, exerçant le métier de cordonnier. II a été admis dans la division des aliénés , le 1'' mai 1828. . . ... 11 a rapporté du service militaire des fraîcheurs qui immédiatement l'ont rendu très malade, et dont il lui reste un lumbago qui le fait marcher courbé et comme ployé en deux.
» En 1820, G .. revenait de Montsouris: il était, dit-il, bien portant, n'avait pas bu. Il voit huit ou dix hommes qui le suivaient ; il les entend chanter, el se range pour les laisser passer. Il tombe , et se retrouve dans un corps-de-garde , avec une plaie profonde au-dessus du sourcil gauche, et dont on voit encore la cicatrice. On le transporte chez lui. Quelques jours après , on lui dit qu'il a été indubitablement frappé par les hommes qu'il a vus le suivre dans la plaine de Montsouris. Il le croit d'autant mieux qu'un de ses amis et sa femme ont été dernièrement attaqués et blessés, mais dans un autre lieu. Actuellement encore, G.... est persuadé qu'il a été suivi et frappé par des individus faisant partie d'une bande de voleurs, dontun grand
nombre d'actions semblables sont restées impunies. A la suite de sa chute et de sa blessure, il a conservé longtemps une douleur dans le côté droit de la tête. Il ajoute que depuis deux ou trois ans il lui arrivait souvent de «voir les bords des ruisseaux» près desquels il passait «verts ou rouges ,» et que cela coïncidait avec « de violents élourdissements.» Au mois d'août 1827, en entrant chez lui, un soir, il commence « brusquement , et pour la première fois, à entendre du bruit, des voix» qui le menacent de malheur , et l'effraient au point qu'il appelle un voisin, l'engage à faire avec lui une perquisition dans les greniers, pour y chercher les individus qu'il croit avoir entendus. La perquisition est infructueuse. G... engage son compagnon à coucher avec lui. Pendant la nuit, il « entend encore les mêmes voix; » mais son compagnon n'entend
rien. Les jours, les nuits suivantes, G fut en
proie aux mêmes perceptions. Cela dureainsi pendant quatre mois. Au bout de ce temps , non seulement il « entendit des voix , mais il vit , soit en tout, soit en partie, les individus qui lui parlaient. ..etc.» On doit encore , selon nous, rapporter à un état congestif du cerveau le délire avec hallucinations qu'éprouvent parfois les Arabes dans l'exercice de la prière.
La manière dont les musulmans s'acquittent de ce devoir le plus important de leur religion ne peut manquer d'avoir sur les facultés morales une fâcheuse influence. Il doit en résulter, ai je dit ail-
leurs ( i), « un raplus du sang vers le cerveau, dont l'effet immédiat est de produire l.i stupeur , les convulsions, en môme temps que l'imagination exaltée outre mesure est jetée hors des gonds et s'abandonne à un véritable délire maniaque momentané.
A ce propos, je citais les faits suivants, que je demande la permission de transcrire :
>* .le demandai, uh soir, aux malelols qui conduisaient la barque sur laquelle je remontais le Nil, de me faire entendre un chœur en l'nonnéur du prophète. Us étaient au nombre de sept, y compris le rets ou capitaine. S'étant rapprochés les uns des autres, assis et les jambes croisées, ils commencèrent par redire simplement le refrain de l'hymne que récifait l'un d'entre eux. Insensiblement, je vis leur tête s'agiter de droite et de gauche, d'avant en arrière. Ce mouvement devint de plus en plus rapide, elle reste du corps ne larda pas à y prendre part. Allah , là, là, lah! ... Celte invocation, d'abord prononcée d'une voix claire et ferme , dégénère bientôt en une espèce de grognement, de cris sourds et saccadés qui font mal à entendre, Enfin, après plus d'une demi-heure, passée dans cette agitation de plus en plus violente et désordonnée, l'un d'eux, jeune homme de vingl-trois à vingt-cinq ans, plus exalté que ses compagnons, se frappe la tète contre les planches du baleau avec une telle force, que je
l'O Iferherchfs sur les dtténés en Orient
craignais qu'il ne finît par se la briser. Deux autres matelots se mettent en devoir de le contenir. Le fanatique se dresse alors brusquement sur ses jambes , comme s'il eût été mù par un ressort. De légers mouvements convulsifs se manifestent, puis il tombe épuisé. Son visage est rouge et enflammé ; les veines du cou , gonflées et bleuâtres, semblent près de se rompre; l'air hébété, la tête fortement penchée en arrière, il tient les yeux constamment tournés vers le ciel. Cet état a duré près de deux heures ! . . . J'ai pris des informations sur cet homme. Hélait doux, actif, point irritable. Il n'avait jamais eu de convulsions, ne se livrait à aucun excès.
» Le lendemain, un enfant de dix à douze ans, parent du reïs, prit part à la prière. En peu d'instants, son exaltation fut portée à un degré extraordinaire. On fut obligé de le contenir, de peur qu'il ne se jetât dans le Nil ou qu'il ne se brisât la tête contre la barque. 11 s'agitait dans tous les sens, poussant des espèces de hurlements, et débitant, avec une volubilité extrême, des mots dont personne ne comprenait le sens, qui n'étaient ni des mots arabes, ni des mots turcs, et n'appartenaient, me disait mon drogman, à aucune langue connue. Au bout d'un quart d'heure environ, il finit par tomber comme inanimé au milieu de ses camarades, qui faisaient cercle autour de lui. Ces derniers ont pour cet enfant une sorte de vénération, et assurent qu'il sera saint, un jour.
Lorsque le futur saint se fut un peu calmé, je
lui demandai s'il pouvait me rendre compte de ce qui se passait en lui lorsqu'il priait avec tant de ferveur. « J'ai vu le ciel s'entr'ouvrir, me répondit-il, et j'ai entendu des paroles dont je n'ai plus souvenir. Puis j'ai vu un saint qui m'appelait à lui et me tendait les bras. J'ai vu aussi une tête humaine qui planait au-dessus de moi et me causait une grande frayeur. Je ne sais ce que cela veut dire ; Dieu est grand! Allah! Allah!... »
Il y a peu de temps, on a vu dans la commune de Kuenheim, à trois lieues de Colmar, une secte de convulsionnaires se livrer à des pratiques religieuses qui ont une certaine analogie avec celles des musulmans, et auxquelles s'appliquent les réflexions que nous faisions à propos de ces derniers.
« Le chef était un cultivateur qui s'était toujours fait remarquer par une piété exaltée Dans la chambre où se réunissait la société, composée de trente à quarante membres, hommes , femmes et enfants, sur une table, se trouvait une Bible ouverte dans laquelle le chef lisait à haute voix aux sectaires assis sur des bancs ou debout autour de lui. Cette lecture se faisait d'un ton solennel , d'abord en allemand, seule langueque comprissent les assistants. Puis arrivait un jargon incompréhensible pour tout le monde, et même pour l'orateur lui-même. Si, après la séance , vous demandiez au chef quelle langue il avait parlé, il répondait que c'était tantôt du latin, tantôt de l'hébreu; qu'il ne connaît ni le latin ni l'hébreu, mais que, dans ces moments-là. il était
inspire de Dieu , qui luj faisait prier la langue qu'il voulait
A mesure que le jargon de l'orateur devenait plus tort, plus rapide, plus inintelligible, rassemblée murmurait, s'agitait, parlait haut, et enfin tous se menaient à rugir , à hurler d'une manière si terrible qu'on les entendait dans la foret voisine , à plus d'un quart de Ijeue de là.
Au milieu de cette agitation, les femmes se levaient (c'étaient presque toujours les plus jeunes), agitaient les bras au-dessus de leur lêie, tournaient sur les talons en jetant des cris perçants qui dominaient ce bruit sauvage-, puis un mouvement convulsif s'emparait de tout leur corps , et elles tombaient comme épuisées de fatigue. Lorsqu'elles se relevaient , au bout d'une dizaine de minutes, elles se mettaient à danser, à chanter et à rire , mais d'un rire nerveux , comme celui de l'ivresse ou delà folie; la danse et le chant étaient incohérents, dévergondés, les yeux brillants, cl les larmes coulaient sur les joues de ces malheureuses.
Pendant cet horrible vacarme, l'orateur conservait le calme d'un chef inspiré. Il s'avançait au milieu de ses disciples au moment où l'agitation allait se calmer. Mors ceux qui étaient un peu attiédis par la fatigue s'approchaient de lui. Les uns go courbent en avant, el le touchent au corps, de la tête, les autres delà main ; quelques uns parviennent seulement à le loucher du bout du doigt. Ainsi
— "295 — entouré , le chef recommençait son jargon et ses gesticulations emphatiques , en tournant sur place et en faisant tourner autour de lui tous ses adeptes. Au bout de cinq minutes, le paroxysme redoublait; de nouvelles convulsions s'emparaient des femmes, etc.. (1) »
La disposition aux congestions cérébrales peut encore donner lieu à des hallucinations , sans occasionner d'ailleurs aucune espèce de dérangement dans les facultés mentales.
C'est, selon toute apparence, à une cause de celte nature qu'il faut rapporter un fait qui a mis en émoi les savants psychologues de l'Allemagne , en
'79'- Je cite d'après M. A. Delrieu (Revue de Paris).
« En février 1791 , un riche libraire de Berlin, M. Nicolai , homme vigoureux de corps et sain d'esprit, ayant négligé, par suite de chagrins domestiques, de se faire saigner au printemps , comme c'était son habitude , fut saisi d'une maladie étrange ; journellement, le bibliopole recevait la visite d'un ou de plusieurs fantômes, portant tous les traits des personnes mortes et chéries , qui entraient sans façon dans la boutique du malade, grimpaient sur son lit, et même le poursuivaient thns a rue et chez ses amis.
"Malgré l'énormité d'une semblable crise, M. Nh colaï eut le sang-froid d'étudier les fantômes avec la
( I ) Gaie (te des Tribunaux, octobre 1844
politesse de l'homme du monde , l'imagination du poëte et la curiosité du savant. Au bout de quelques semaines, grâce aux lancettes, les spectres se montrèrent au libraire sous une forme moins distincte ; leurs couleurs pâlirent aux yeux du malade, qui reprenait, au contraire , les siennes avec une parfaite santé ; et lorsque M. Nicolaï fut rétabli complètement, ils avaient disparu.
» Le bibliopole eut le courage moral de soumettre le tableau de ses souffrances à la Société philosophique de Berlin , à une époque où l'apparition du spectre de Maupertuis à M. Gleditsch, fameux botaniste prussien , dans le cabinet môme d'histoire naturelle, prédisposaitsingulièreinentles membres de ce corps érudit à des réflexions sérieuses sur la vie transmondaine.
» On remarqua dans l'exposé du libraire les détails suivants :
>,.... Mes fantômes , dans leurs visites, semblaient de la taille ordinaire d'un homme vivant. Les parties découvertes de leurs corps, comme la figure et les mains , laissaient voir les nuances de la carnation des personnes animées; leurs vêtements avaient la couleur des étoffes usitées pour la toilette; mais il y brillait généralement des tons plus pâles que dans le monde réel. Ces figures n'étaient ni terribles, ni comiques , ni repoussantes; leur aspect respirait la plus bienveillante courtoisie, mais unie à une grande insignifiance. Je les entendais parler très bien ; tantôt elles causaient sans moi ,
tantôt elles m'admettaient dans la conversation. Leurs discours étaient brefs , rapides, un peu secs, mais constamment d'une tournure agréable. Les fantômes de mes amis se préoccupaient évidemment de mes chagrins ; leurs expressions consolantes me cherchaient surtout quand j'étais seul. Il m'est arrivé , pourtant , de les entendre , au milieu de la foule , dans un salon , même à l'instant ou des personnes réelles m'adressaient la parole ; et , comme j'étais fort embarrassé , pour n'avoir point l'air fou ou ridicule , de répondre, à la fois, au fantôme et à la compagnie , je demeurais dans un silence inactif et dans une hésitation muette, qui achevaient, au contraire, de me rendre ce que je voulais éviter de paraître.
» Quelque temps s'était écoulé depuis la guérison du libraire. Un jour, comme il feuilletait, à son bureau , une liasse de papiers relative aux circonstances de sa maladie , les fantômes essayèrent de paraître. Il s'en aperçut à une sensation particulière qui envahissait toute sa personne; mais il se hâta de remettre les papiers dans le tiroir , ferma le bureau, s'esquiva plein de terreur, et la tentation n'eut pas de suite (i). »
La Société philosophique de Berlin, ajoute M. D., incrédule , mais circonspecte , ordonna le dépôt du mémoire du libraire au bureau des renseignements.
11 serait difficile , nous l'avouons , de préciser
(1) Nicolaï (Mémoire à la Société royale de Berlin), cité par A. Delrieu.
dans quel état se trouvait Nicolaï lorsqu'il était visité par les fantômes. Mais j'ajoute que les conséquences de l'omission des évacuations sanguines habituelles , les chagrins domestiques qui avaient précédé, puis enfin la disparition des fantômes par le rétablissement des émissions de sang, etc., rendent infiniment probable l'existence d'un étal cérébral analogue, sinon identique, à celui qui est le résultat des congestions.