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précédente (1928), à son élève M." Wignole qui leur avait consacré sa thèse inaugurale intitulée « Tuberculose hilaire ». M. Wignole distingue deux formes de tuberculose hilaire :
L'une à évolution ganglionnaire pure ou avec inflammation importante périganglionnaire ; l’autre à évolution pulmonaire, où l’adénopathie passe au deuxième plan. C’est à partir de ce foyer adénopathique, par continuité ou par voie lymphatique rétrograde, que le parenchyme périhilaire s’est infecté.
Wignole conclut ainsi : « Il est probable que, si on pouvait observer sur une radiographie la tuberculose à son début, c’est toujours autour du hile qu’on trouverait les premières images pathologiques. » Cette conclusion se dégagera encore un an après (1929) d’une étude signée de MM. Crouzet et Wignole, parue dans les Archives médico-chirurgicales.
Signalons encore, pour mémoire, nous y reviendrons longuement ultérieurement, les travaux de M. Sergent qui donne son adhésion à la notion de lymphangite rétrograde partie des ganglions hilaires et infectant le parenchyme.
On ne saurait douter de l'accueil fait par une partie du corps médical aux théories que nous venons de résumer. Les notions de tuberculose hilaire, de hilite et de périhilite sont passées dans le domaine de la pratique.
Mais si l’on prête l'oreille à l’autre courant d'opinion, on entend des voix non moins autorisées.
A notre maître, M. Armand-Delille, revient l'honneur
Mt LR d’avoir, le premier, mis en question la documentation radiographique et littéraire novatrice. On lui doit une mise au point, en collaboration avec M. Lestocquoy, du sens des ombres radiographiques, qui demeure. On doit à ces phtisiologues une riche collection de témoins anatomiques de la justesse de leurs critiques, communications, exposés, travaux ; car la règle de ces auteurs est de confronter toujours, avant de conclure, les pièces radiographiques déterminatives du diagnostic et les originaux, si l’on peut dire, anatomo-pathologiques.
Dans le même temps où MM. Armand-Delille el Lestocquoy communiquent à la Société médicale des hôpitaux leurs observations critiques, MM. Rist et Levesque expriment leur opinion.
« Il est fort douteux, écrivent-ils, que l’on puisse conserver la notion de lésions pulmonaires secondaires à l’adénopathie et se développant excentriquement à partir d'un ganglion tuberculeux. Tout porte à croire que, hors le cas d'ouverture dans une bronche d’un véritable abcès ganglionnaire, il y a là une illusion fondée sur une interprétation radiologique erronée. »
M. Levesque reviendra avec insistance sur ce point. Faisant (1931) dans une « Etude clinique de la tuberculose infantile » allusion à des publications, des observations qui tiennent pour acquise l'extension parenchymateuse, à partir des ganglions du hile, du
. processus tuberculeux, il proteste : « Jamais, écrit-il,
et ceci de l’'aveu même des auteurs qui admettent la
mie possibilité de l’origine médiastinale de certaines tuberculoses de l'adulte, on n’a pu faire la preuve de ces extensions d’origine ganglionnaire. Si ces extensions sont admises, elles ont pour seules raisons de mauvaises interprétations radiologiques. »
Déjà, un an avant, c’est-à-dire au lendemain de la parution des « Débuts et arrêts de la tuberculose pulmonaire », M. Marfan avait exprimé un jugement identique.
M. Stéphani, en 1934, tentera une classification des images dites hilaires, montrant qu’elles sont en réalité le plus souvent pré- ou rétro-hilaires.
EnfinM. Debré, après avoir longtemps employé pour ses diagnostics radiologiques l'expression de « hilite », a émis tout récemment (décembre 1935) cette opinion : «Il est fâcheux de parler de hilite. C’est seulement en examen frontal que la projection optique de la lésion passe par le hile. Les radiographies en incidence transverse peuvent aider à sa localisation en avant ou en arrière. »
Au total, deux courants adverses se sont constitués. On décrit d’une part une forme de tuberculose spéciale, par son siège, par sa constitution, par son mode de formation, on doute, on nie d’autre part ; on croit à des « interprétations radiologiques erronées », on affirme que cette forme de tuberculose n’a aucun substratum anatomique.
Notre rôle ici est de rapporter les idées, les obser- . vations de chacun, de confronter entre elles les opi-
NAS vus
nions. L'évolution de nos doctrines médicales nous montre combien nous aurions perdu si, après avoir recueilli Le « oui » d'Hippocrate, nous avions négligé le «non » de Galien. |
Pour la commodité de notre exposé nous distinguerons deux sortes de notions : la tuberculose localisée à la région hilaire et péri-hilaire, notion anatomo-topographique, et la tuberculose à point de départ hilaire, notion pathogénique. Des auteurs expliquent l’une par l’autre. Nous croyons devoir les dissocier, la démonstration de la réalité ou de l'irréalité de l’une
n’entraiînant pas fatalement celle de l’autre.
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