SONT-ELLES PATHOLOGIQUES
Maints de ces cas imposés à l'attention du clinicien par leur étendue et leur intensité ne paraissent pas douteux quant à leur nature pathologique.
Mais maints autres ne rentrent pas dans cette catégorie. On connaît le cas de ces malades perplexes, qui ont consulté plusieurs médecins, soumis à leur appréciation le même cliché : & Lésions suspectes », a diagnostiqué l’un, enclin peut-être à quelque pessimisme ; « {mage thoracique normale », a déclaré l’autre, porté peut-être à l’optimisme.
Mais si les tendances d'esprit peuvent incidemment influencer un diagnostic, elles, n’en expliquent pas l’origine. À l’origine, il y a des signes incertains : des ombres intermédiaires entre celles dites normales et celles décrites comme pathologiques. Où finissent les unes, où commencent les autres ? Où est le critérium d'une bonne distinction ?
« C'est affaire d'expérience et de prudence », a pu répondre Léon Bernard.
Théoriquement nous ne manquons pas d'éléments de distinction. Une image hilaire normale est caractérisée par la netteté du trajet de l'artère pulmonaire et de ses branches, par la clarté des bronches droite et gauche. L'image serait anormale quand l'ombre
en virgule de l'artère pulmonaire serait moins nelte,
Re
indistincte, quand il y aurait superposition d’ombres nouvelles. due
Mais en pratique, bien des cas restent douteux. Les
causes d'incertitude, d'erreurs sont multiples. On sait
comment des entrecroisements vasculaires, des artères prises de champ, une ossification prématurée des cartilages, une apophyse transverse postérieure peuvent réaliser des petites taches au niveau du hile et donner l'impression d'un « hile chargé ». L'aspect de « hile trop marqué » peut être provoqué à volonté par des variations d’intensité des rayons. Lorsqu'il s’agit d’un enfant, et que cet enfant crie, l'ombre hilaire normale peut se surcharger pendant l'expiration forcée. Enfin, si le malade ne se tient pas parfaitement droit, des ombres vasculaires importantes se dégagent des bords du cœur et peuvent faire croire à l'existence d'’ombres pathologiques.
Un emploi judicieux de la radioscopie éliminera maintes erreurs. Si un cliché paraît douteux, on a le devoir d’en demander un nouveau; cela procure parfois de bonnes surprises. Si le doute persiste, il faut s’efforcer de revoir le malade, de le suivre. Enfin, dans ce domaine plus qu'ailleurs, la clinique reste souveraine. Bien loin de se subordonner aux investigations radiologiques, elle se doit de les diriger. C’est dire l'importance de la cutiréaction, de la courbe du poids, de la prise de la température, de l'examen complet en un mot.
RE