PREUVES EXPÉRIMENTALES
M. Sergent à pratiqué plusieurs expériences surdes cobayes. Ceux-ci ont été « préalablement tuberculisés avec des produits bacillifères peu virulents par voie sous-cutanée ou intra-ganglionnaire dans le but de déterminer une hypertrophie des ganglions... et de réaliser. les conditions de l'observation clinique ».
A ces cobayes, l’auteur injecte de l'encre de Chine ou du lipiodol par voie ganglionnaire cervicale. « Nous avons pu constater, écrit M. Sergent, la présence de l’encre de Chine ou de lipiodol successivement dans les ganglions sous-sternaux et trachéobronchiques et dans les poumons. Entre deux à trois. semaines après l'injection, les ganglions sous-sternaux commencent à êtreimprégnés par la matière colorante ; après un mois, ce sont les ganglions trachéo-bronchiques; au delà de deux mois aprèsl'injection, les poumons contiennent de la matière colorante sous forme de traînées noirâtres le long des bords pulmonaires et parfois même sur toute la surface pulmonaire. » Et l’auteur conclut ainsi : « Nos expériences... semblent bien apporter une confirmation à l'idée de la propagation par voie rétrograde allant des chaînes cervicales. aux chaînes intrathoraciques, et d’autre part des.
ganglions trachéo-bronchiques vers le poumon. »
RAS PAUE
En somme, deux sortes de faits ressortent de ces ‘expériences. :
1° L'injection des ganglions trachéo-bronchiques a succédé à celle des ganglions cervicaux. Ce phénomène, comme le dit M. Sergent, peut s'expliquer tout simplement par des anastomoses reliant les deux territoires lymphatiques. Des anastomoses semblables ne sont pas rares dans les autres régions viscérales.
2° L'injection des ganglions trachéo-bronchiques a précédé celle du poumon. Est-ce à dire qu'il y a eu propagation d’un territoire à l’autre grâce à une lymphangite rétrograde ganglio-parenchymateuse ? M. Sergent ne précise pas si la forme, la topographie des taches permettent de retrouver le trajet suivi. N'est-il pas surprenant que ni radios en séries, ni sacrifices successifs d'animaux n'aient permis de jalonner le long des troncs lymphatiques les traces de la marche du colorant ? Quelle preuve manifeste si l'examen macroscopique, voire microscopique, avait pu mettre en évidence dans les troncs afférents des ganglions quelques traces de la substance opaque ? Or nous n’avons noté nulle part de tels témoignages.
Dès lors pourquoi ne pas admettre que la matière colorante incluse dans les ganglions hilaires ait suivi les voies lymphatiques ordinaires ? Déversée des ganglions dans les voies efférentes puis sanguines, la lymphe aurait atteint les poumons par les artères pulmonaires. Si cette voie n'offre rien d'original,