DESCRIPTION CLINIQUE
Le premier point à élucider, c'est celui de savoir quelle est la fréquence du hoquet dans la pneumonie. Si nous lisons la monographie de Grisolle sur la pneumonie, nulle part nous n'y voyons noté le hoquet, et pourtant c'est un travail unique en son genre au point de vue clinique, d’une justesse et d’une précision d'observation devenues rares à l'époque actuelle. Que conclure de ce silence de Grisolle? Qu'il n'avait pas vu de hoquet au cours de la pneumonie? Cest possible. On peut aussi en conclure qu'il s’agit là d'un phénomène excessivement rare. Le petit nombre d'observations que nous avons pu réunir pourrait faire croire également que ce symplôme est exceptionnel. Nous ne croyons pas qu'il en soit tout-àfait ainsi. En effet, depuis que notre attention a été éveillée sur le hoquet dans la pneumonie, nous avons réussi à nous procurer à observations inédites, dont la plus ancienne remonte au mois de janvier 1901, la plus
récente étant de décembre 1902. Obtenir dans l'espace de
deux ans, 5 observations semblables dans une même ville, c’est, pourra-ton objecter, être tombé par hasard sur une série heureuse. Ce serait possible à la rigueur : pourtant. au cours des visites que nous avons faites à la plupart des chefs de service des hôpitaux de Lyon, nous avons appris que, si quelques-uns n'avaient jamais observé le symptôme en question, le plus grand nombre l'avait vu survenir parfois au cours de la pneumonie ; mais, l'attention n’ayant pas été spécialement attirée sur ce point, le hoquet n'avait pas été noté dans les observalions.
Nous tirons de ces affirmations cette conclusion, à savoir, que, ce qui fait la rareté des cas de hoquet dans la pneumonie, ce n’est pas précisément la rarelé des cas cliniques, c'est tout simplement qu’on n’a pas nolé tous les cas qui se sont présentés.
En résumé, quoique nous trouvant dans l'impossibilité de donner des chiffres exacts sur la fréquence derce symptôme, nous dirons qu'il est loin d'être d'une excessive rarelé el qu'il suffira aux praticiens d'avoir l'esprit éveillé sur ce point particulier, pour lobserver plus souvent et plus exactement qu'on ne l'a fait, en général, jusqu’à ce jour.
Bien que nos observations se rapportent toutes à des individus du sexe masculin, nous ne irons, de ce fait, aucune déduction. Il ne s’agit que de coïncidences explicables par le petit nombre de faits que nous avons pu réunir el aussi parce que l’homme est plus souvent que la femme atteint de pneumonie.”
Au point de vue de l'âge, nous n'avons rien de spécial
à noter; nous trouvons, en effet, dans nos observations