OBSERVATION I
J, Constable. — Cas de hoquet persistart el alarmant dans la pneumonie, guéri par les injections sous-culanées de morphine (The Lancet, 21 août 1869). Traduction de M. le docteur Baillou.
Un mardi matin, le 10 mai, je fus appelé pour visiter M. À..., àgé de 30 ans, el, après examen, voici ce que je trouvai. Le malade était allé voir un ami à environ 10 milles de là, le vendredi; il faisait un vent d’Est froid. Pendant le diner, il ressentit un malaise el se coucha. Au matin, il se sentit plus malade et commença à tousser et à rejeter des crachats sanguinolents. Le lendemain, il fut rapporté chez lui en voiture découverte. Lorsque je le visilai, le lundi malin, je trouvai lous les symptômes de pneumonie au poumon gauche: matilé marquée aux 2/3 inférieurs du côté gauche de la poitrine; râles crépilants fins au poumon du même côté; expectoralion rouillée abondante ; Loux ; pouls 1%0 : langue sèche : urines foncées et rares, ele. Lavements de castoréum.
Toutefois, son symplôme le plus saillant était un hoquel persislant, qui avait débulé peu de temps avant mon arrivée, Je veux allirer particulièrement lallention sur ce symptôme dans le cas de pneumonie, el sur son traitement,
Pensant que le hoquet cèderail après les lavements de castoréum, J'y fis peu attention à ce moment, m'attachant tout spécialement à
la pneumonie. J'ordonnai un cataplasime de farine de lin et de mou-
tarde à appliquer circulairement sur lout le côté gauche de la poitrine, un nouveau cataplasme de farine de lin à appliquer loutes les 3 heures; 5 grains de poudre grise suivis le soir d’une cuillerée à thé du mélange de Grégory et, en cas de besoin, une potion contenant une solution d’acétale d’ammoniaque, du chloroforme et de l'essence douce de nitre. Comme nourriture, du lait sucré, des volailles, du thé, etc.
41 mai. — Les symplômes pneumoniques n'ont pas empiré. Le malade, cependant, a passé une nuit agitée, ce dont il faut plutôt rechercher la cause dans le hoquet, qui persislait loujours. Je tenlai alors d’autres traitements ; compression, applicalion d'eau froide inopinément, révulsion au niveau de l'estomac et du diaphragme, sinapisines répétés, enfin absorption de 30 gouttes d’une solution de muriate de morphine à 10 pour 1000.
12 mai. — Les symptômes évoluent favorablement ; mais à quelques intervalles près, le hoquet continue aussi intense, secouant l'estomac distendu et son contenu très violemment, évidemment par suite d’une contraction spasmodique du diaphragme. Nouveau lavement de castoréum et administration de divers médicaments ; chloroforme, leinture d’opium, extrait de belladone, créosole. Tous restèrent sans effet. Compresses froides en applications soudaines au niveau du diaphragme, compression sur le trajet du nerf phrénique, elc.; toul cela sans succès contre le hoquel.
13 mai. — Le malade était très épuisé el très tourmenté par son hoquetl conlinuel, el j'élais à bout de moyens, non pas pour comibattre la pneumonie qui évoluail favorablement, mais pour venir à bout de ce hoquet formidable el persistant. Je continuai quelquesunes des drogues précédentes, el je priai le Professeur Bell de venir voir le malade avec moi dans la soirée. Il confirma mon diagnostic de pneumonie, el fut de mon avis en pensant que la maladie, à l'heure actuelle, pouvait être abandonnée à son évolution naturelle. Nous résoltimes de continuer les calaplasmes sur la poitrine, et nous dirigeàmes plus particulièrement notre traitement contre le hoquet qui avaitatteint alors un degréalarmant, etpouvail faire périr notre malade. Quelques-uns desremèdes que j'avais déjà employés furent de nouveau
éssayés : chloroforme, bismuth, eau de Sellz froide, elc. Je ne pus