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me procurer de la glace Un cataplasme belladoné resla en place toute la nuit sur la région stomacale ct j’ordonnai une dose de chlofodyne. Si ces moyens échouaient, nous étions d’avis d'appliquer des vésicatoires sur la région de l'estomac et du diaphragme, en ajoutant à la poudre de cantharide, une solution de morphine. Si ce moyen échouait encore, nous essaierions des inhalations prudentes de chloroforme, et nous laisserions le malade sous cette influence pendant quelques heures, où plus longtemps si c'était nécessaire.
14 mai. — Le patient avait à peine dormi; le hoquet était aussi violent que jamais et avait été ainsi toute la nuit. Pendant le jour, plusieurs des drogues ci-dessus mentionnées furent administrées et on appliqua le vésicatoire. Le malade prenail alors très peu de nourrilure, et le peu qu’il ingérait était immédiatement rejeté par la contraction du diaphragme qui secouait non seulement le corps tout entier, mais aussi le lit, tant il était fort.
15 mai. — Trouvant mon malade dans la prostration, à mon retour, le lendemain, en compagnie de mon ami, M. Whitson, je résolus de commencer avec précaution les inhalations de chloroforme, ainsi que l’avait préconisé le Docteur Bell dans sa consultalion, étant donné que le hoquet continuait aussi fort que jamais, en . dépit de tout ce que j'avais donné. Toutefois, avant de cominencer, je réfléchis en moi-même à ce fait que le hoquet était vraisemblablement produit par la contraction spasmodique du diaphragme, causée elle-même par l'excitation anormale et l’irritalion du nerf phrénique, et je me rappetai le bénéfice et les effets miraculeux retirés des injections sous-cutanées de morphine, dans des cas de lroubles nerveux, comme les convulsions, la sciatique, le lumbago, le tic douloureux, etc.; aussi, je résolus de les employer. Je pris avec moi une fiole de la solution de muriate de morphine et la seringue du Docteur Wood. J'injectai avec précaution 10 gouttes de la solution sous la peau des muscles intercostaux. On le croira difficilement, mais il est pourtant vrai qu'au bout de quelques minutes, le hoquet s'arrêta complètement et ne reparüt plus. Le malade fut laissé naturellement en très mauvaise condition. J’administrai une dose de chlorodyne.
16 mai. — Le malade passa une bonne nuit, la première depuis
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une semaine, el se remit bien. Le hoquet ne reparut pas. L’estomac supportait le lait, de petites quantités de bouillon et, de temps en temps, une cuillerée de rhum. L'examen physique démontra que la pneumonie évoluait sans complications. Les crachats rouillés diminuaient et sortirent incolores 1 où 2 jours après; pouls, 80, Langu dépouillée sur les bords et plus humide. Depuis ce jour, l’état du malade se releva peu à peu; 3 semaines après le débul de celte maladie, il put vaquer à sés occupations ordinaires, bien que se plaignant de man quer facilement de forces.
Remarques. — On pourrait croire que la crise de cette maladie ayant atteint son maximum le 15, le hoquet aurait cessé sans que l’on ait eu besoin d’avoir recours à une injection sous-cutanée de morphine. S'il était ainsi, ce serait une bien remarquable coïncidence qu’en l’espace de quelques minutes la nature ait arrèlé le hoquet. Le malade, homine très intelligent, instituteur, affirma qu'il n’y avait pas coïncidence de la crise dans ce cas. Il ctoil que c'est l'injection qui a arrêté le hoquet ct sauvé sa vie. Je partage son opinion.
Avant d'observer ce cas, je n’avais jamais vu le hoquel au cours de la paeumonie. Un médecin de mes amis me raconta cependant, qu'à un an de là, il avait eu dans sa clientèle un cas de pneu:nonie à peu près semblable à celui ci-dessus décrit, dans lequel le hoquet apparüt entre le 3° ou le 4° jour. Tous les remèdes usuels furent employés sans succès, el le patient mourut de hoquet plutôt que de pneumonie à proprement parler. Naturellement la mélhode sous-cutanée
demande plus ample confirmalion.
OBSERVATION IT (inédite)
communiquée par M. le professeur Devic
J. C., garçon boulanger, 53 ans, entré le 19 janvier 1901, décédé le 26 janvier 1901.
Diagnostic: Pneumonie du lobe inférieur gauche ayant envahi secondairement le lobe supérieur, Hoquet persistant.
25 janvier. — Pneumonie du lobe inférieur droit.