‹ Du laitChapitre 40 sur 53 · ïO · texte numérisé non relu

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Première remarque. — Une chose frappe tout d'abord à l'inspection du dernier des deux tableaux qui précèdent, ce sont les grandes différences qui existent entre les résultats obtenus par les divers expérimentateurs.

Évidemment il faut faire une large part, dans ce cas, aux fortes variations que le lait de femme, de l'aveu de tous les observateurs, est susceptible d'éprouver; on doit en faire une aussi pour l'absence de similitude dans les modes d'analyse suivis. Et cependant on s'explique difficilement, par ces raisons seules, des ditïérences aussi considérables que celles qui s'observent, par exemple, pour le caséum dans les analyses de M, Payen : n'y a-l-il pas là quelque erreur de chiffres ?

Quant aux résultats obtenus par MM. Vernois et Becquerel, nous avons déjà dit (art. Procédés analytiques divers y pag. 82) que, si leur chiffre de lactine était faible et celui du caséum élevé, cela tenait au mode d'appréciation de ces deux éléments, tout différent de celui des autres observateurs.

Deuxième remarque. — Une autre circonstance attire l'attention sur le même tableau, c'est que le poids du beurre obtenu dans nos analyses est le moins élevé de tous. Sommes-nous tombés sur des laits exceptionnellement faibles? — Nous sommes peu disposés à le croire. Et cependant il faut noter une chose, ces laits provenaient de femmes séparées de leur enfant depuis sept à huit jours, et venues de la campagne à Paris pour y chercher un deuxième nourrisson ou se placer sur lieu; ces femmes étaient soustraites à leurs habitudes, à leur genre de vie ordinaire; la sécrétion de leur lait n'était entretenue que par une pression ou une succion artificielles. Ces circonstances n'ont-elles pas pu influer défavorablement sur la richesse du liquide nourricier et abaisser la proportion du beurre, élément essentiellement influençable dans ses quantités, 'comme nous l'avons déjà noté plusieurs fois? — Cela est très-probable; mais ce qui nous semble positif,

c'est que, fallût-il faire une part à cette circonstance, cette part ne devrait pas être bien grande.

En effet, si nous nous basons sur les analyses de MM. Vernois et Becquerel, et de M. Regnault, nous trouvons 26 grammes de beurre par 1,000 grammes, en nombre rond.

Nous dirons que si nos chiffres , par la raison dont nous venons de parler, doivent être considérés comme étant un peu bas, nous aurions plus de tendance à nous rallier à ceux de ces messieurs qu'aux nombres bien plus élevés des autres expérimentateurs, nombres que nous croyons au-dessus de la moyenne, quand il s'agit de laits tirés des seins après un sevrage de trois à quatre heures (1).

Finalement. — La moyenne des laits de femme serait représentée, quant au beurre, par les chiffres suivants, en nombres ronds.

D'après nos expériences :

Lactoscope, 60 degrés environ.

Beurre, pour 1000 grammes, 21 grammes.

D'après les analyses de MM. Vernois et Becquerel et celles de M. Regnault :

Beurre, pour 1000 grammes, 26 grammes.

Ce qui correspond à :

Lactoscope, 50 degrés environ.

(Voir, pour d'autres notions au sujet de la variabilité de la matière grasse, un peu plus loin, au début de l'article Analyse du lait de femme.)

Lait d'enfants.

On sait que les enfants, quelques jours après leur nais-

(1) Dans son deuxième mémoire sur le lait , Quevenne a donoé l'analyse d'un lait de femme qui lui avait fourni 24.20 de beurre par litre, soit 23.40 p. 1000 grammes, p. 235.

Un peu plus loin, à l'article Extraction du beurre de lail de femme par

sance, aussi bien ceux du sexe masculin que ceux du féminin, peuvent fournir de petites quantités de lait.

M. Gubler, alors (1854) médecin du bureau des nourrices de l'adminislration des hôpitaux (rue Sainte-Appoline), ayant prié Quevenne de faire l'examen de ce lait, c'est grâce à celte circonstance que je puis donner les résultats suivants :

Le lait reçu provient de cinq enfants, garçons et filles ^ il y en a 6 grammes environ.

Il est d'un blanc très-opaquo; saveur douce, peu sucrée; point d'odeur marquée; réaction fortement alcaline.

Au microscope , les globules sont généralement libres et de grosseur très-variable. Le diamètre dominant est de ~-^ à 7^ de millim.; beaucoup d'autres n'ont que 7^, y^— ; d'autres, plus gros et tranchant sur tout le reste, ont de 7^à ,'5. On voit, en outre, quelques pellicules jaunâtres et de rares corps granuleux pouvant avoir àe ~^h ■^.

Le degré au lactoscope est de 71.

A cause de la quantité trop minime, Quevenne n'a pu prendre la densité.

5 grammes de ce lait ayant été soumis à l'analyse par le procédé le Canu ont donné les résultats suivants :

Pour 5 gr. Tour 100 gr.

Beurre fusible vers 35 G 0.07 1.40

Caséum 0.14 2.80

Résidu de lactine et de matières extractives ne tardant pas à cristalliser en mamelons. . . . . • 0.32 6.40

Total des matières solides. . . . 0.53 10.60 Eau. . , 4.47 89.40

5.00 100.00 0,100 du caséum ont laissé, par incinération, 0,005,7 de

le battage^ nous allons en trouver un bien plus riche, marquant 29 au lactoscope et donnant 39.20 de beurre par 1000 grammes.

résidu, dont 0,004,3 de phosphates terreux insolubles et 0,001,4 de sels solubles.

La totalité de la lactine incinérée a fourni 0,009 d'un résidu salin en partie soluble dans l'eau, ce qui correspond, pour 1 gramme de lactine, à 0,028, et pour 0,100, à 0,002,8.

Si nous comparons celte analogie avec celle des laits de femmes dont les résultats sont consignés sur le tableau intitulé Densités comparatives et analyses, p. 153, nous ne trouvons pas de grandes différences.

Ainsi la proportion de beurre s'est montrée faible dans le lait d'enfant, mais l'analyse n*' 5 du tableau ci-dessus nous donne une proportion aussi faible de cet élément. — Le lait d'enfant était riche en caséum, mais l'analyse n" 4 nous en montre une proportion pareille.

Où l'on remarque une différence assez prononcée, c'est pour la lactine : nous ne voyons sur le tableau en question aucune annlogie qui offre un chiffre aussi bas. En outre, il y avait plus de sels que dans la lactine de lait normal.

Cette diminution de lactine est loin d'être aussi prononcée, cependant, que dans le premier exemple de lait anormalcité plushaut, à l'article Densité {[)a^. 145), etoiile poids trouvé n'était que de 37 grammes.

Il y a encore celte circonstance à noter, le caséum, qui a, d'ailleurs, fourni à peu près la proportion normale de phosphates terreux, renfermait, en outre, une certaine quantité de sels solubles , tandis que le caséum de lait normal en offre à peine un indice. Quant à la lactine, elle a laissé moitié plus de ces derniers que celle du lait normal.

Nous avons vu que l'aspect à l'œil nu, les réactions étaient comme dans le lait à l'état naturel. Au microscope, on apercevait, en outre, quelques débris pelliculeux et quelques corps granuleux , comme on en voit (du moins de ceux-ci) dans le colostrum.

En résumé, il y aurait à se rappeler ceci, comparative-

ment avec le lait normal :

Proportions de beurre et de caséum analogues, Un peu moins de lactine, Plus de sels solubles.

Extraction du beurre du lait de femme par le battage.

D'anciens chimistes avaient dit que le beurre de lait de femme était tellement liquide qu'il ne pouvait être obtenu par le battage. Cependant Pleischl a pu retirer, plus tard, de la crème de ce lait un beurre qui ressemblait à celui de vache (1).

De son côté, Quevenne a obtenu ce beurre par le battage direct du lait.

Expérience. — Lait offrant une densité de 1,031,5, marquant 29 au lactoscope et fournissant 7 degrés de crème au crémomètre par un repos de vingt-quatre heures. Il s'agit, on le voit, d'un lait riche. Ce lait provenait d'une nourrice sur lieu (c'est-à-dire vivant dans la famille du nourrisson).

200 grammes de ce lait sont soumis à rébullition pendant cinq minutes, puis on refroidit en agitant jusqu'à la température de 14°. On met alors dans un flacon à large ouverture , rempli aux trois quarts , et l'on agite constamment.

Au bout d'une heure vingt minutes le beurre est séparé en gros flocons que l'on recueille sur une gaze; on pétrit dans l'eau et on lave à la manière ordinaire.

Le beurre ainsi obtenu est une pâle lisse, homogène, de consistance analogue à celle du beurre de lait de vache; d'une couleur jaune citron quelque peu verdâlre. Son poids est de 6,93, ce qui correspond à 34,55 pour 1,000 grammes et à 35,72 par litre.

200 grammes du même lait ayant été soumis à l'opération du battage, mais sans ébullition préalable, on en a aussi

(1) Berzélius, Traité de chimie, t. VII, 1833, p. 624.

retiré du beurre, mais une proportion moindre. La quantité obtenue est de 2,60; soit 13 grammes pour 1000 grammes et 13,4-0 par litre.

D'un autre côté, 50 grammes du même lait soumis à l'analyse ont fourni, par l'élher, 1,96 de beurre, soit 3D, 20 pour 1000 grammes, ou 40,45 par litre.

Ainsi les quantités obtenues sont :

Par litre. Par 1000 gr.

Pa^r l'analyse 40.45 39.20

Par le battage du lait bouilli 35.72 34.65

Par le battage du lait non bouilli. . . 13.40 13. Oo

Quand on veut pratiquer l'extraction du beurre de lait de femme par le battage, il ne faut pas que la quantité sur laquelle on opère soit trop minime, car alors l'opération réussit mal.

C'est ainsi que, dans une circonstance oij je n'avais à ma disposition que 23 grammes de liquide, je n'ai obtenu, après l'ébuUilion et par le battage, que des grumeaux se réunissant mal et ne constituant qu'un beurre en pâte non lisse et homogène. Du reste, ceci arrive aussi pour le lait de vache.

11 paraît que , semblable, en cela, à ce qui a lieu pour le lait de vache, il est certains laits de femme qui laissent séparer leur beurre avec une grande facilité.

Ainsi, un jour, après avoir recueilli 135 grammes de lait de femme, je l'avais placé dans un flacon d'une contenance d'environ 250 grammes , et j'avais mis le tout à ma poche pour en faire l'examen à mon retour. Je fis ainsi environ 2 kilomètres à pied. Ce n'est pas sans étonnenrent qu'à mon arrivée je trouvai une partie du beurre séparée sous forme de flocons nageant dans le liquide.

Analyse du lait de femme. — Précautions préliminaires.

Lorsqu'on doit faire l'analyse ou un examen quelconque

du lait de femme, il se présente tout d'abord une question préjudicielle très-importante à résoudre, c'est celle-ci : A quel moment faut-il extraire du sein l'échantillon à examiner ?

Cette difficulté n'existe pas pour les laits de vache, de chèvre, si ces animaux, par un effet de l'habitude, fournissent toujours leur lait à heure fixe et en totalité ; il est sousentendu, quand on parle d'une traite, que celle-ci s'est faite à l'heure marquée et qu'elle a été complète.

Pour la femme, c'est tout différent; d'abord il en est qui ne cèdent que difficilement leur lait à la pression ou à la succion artificielles ; et puis, dans presque (ous les cas, il faut savoir se contenter d'un petit échantillon sans aller jusqu'à épuisement complet; on est donc presque toujours appelé à opérer sur une fraction de traite. Il est donc indispensable de préciser les conditions dans lesquelles on doit se placer pour recueillir Téchantillon à examiner , sans quoi l'on pourrait être induit dans les plus graves erreurs relativement aux déductions à tirer de l'analyse ou de l'examen.

En effet, on peut déjà pressentir l'importance de la précaution dont nous parlons, ai l'on se reporte aux différences constatées à propos de la première et de la dernière portion de la traite (voj. tableaux appartenant à l'article intitulé Première et dernière 'portions de la traite, appendice, p. 74).

On y trouve que la première portion d'un lait de femme extraite des seins marquait 155 au lactoscope, et a fourni 5,50 de beurre pour 1000 grammes 'à l'analyse', tandis que la dernière portion accusait 92 au lactoscope, et a donné 11,50 de beurre à l'analyse.

Dans le deuxième exemple , on voit que la première portion extraite du sein, après un sevrage de cinq heures, et avant que l'enfant n'eût teté, marquait 250 au lactoscope, tandis que l'échantillon recueilli après la tetée n'accusait que 64.

Dans une autre circonstance , nous avons trouvé que la première et la dernière fraction de lait, extraites séparément

du sein en mettant de côté la portion du milieu, marquaient , au lactoscope :

La première, 129;

La dernière, 71.

Disons, cependant, qu'on ne rencontre pas toujours des différences aussi grandes. Ainsi, chez une autre femme où nous avions opéré de la môme manière,

La première portion marquait 55,

Et la dernière 46.

On prévoit facilement tous les inconvénients qui pourraient résulter de ces circonstances différentielles, si l'on n'en tenait pas compte.

Ainsi supposons que l'on veuille faire apprécier la qualité du lait fourni par la nourrice dont nous avons emprunté l'exemple à la page 145. On extrait du sein un petit échantillon après un long sevrage, et on l'envoie à un chimiste, qui l'analyse ou le soumet à l'épreuve du lactoscope. L'expérimentateur trouve 250 à cet instrument, et répond que la nourrice dont il s'agit fournit un lait déplorablement pauvre en matière grasse.

Le lendemain on fait examiner le lait de la même femme, mais le hasard fait que l'on préfère l'échantillon immédiatement après une tetée. La personne chargée de l'examen trouve 64 au lactoscope; or, comme la moyenne des degrés lactoscopiques est de 58**, avons-nous dit, p. (voy. aussi p. 147), cette personne répond que la nourrice dont il est question fournit un lait peu riche en matière grasse, mais qui ne sort cependant pas des limites ordinaires (30 à 70 ou 80; — voy. art. Degré au lactoscope, p. 146).

Il y a aussi les influences morales dont il faut tenir compte lorsqu'on doit examiner le lait de la femme. Nous avons déjà parlé de cette circonstance dans les généralités, p. 96.

Chez les animaux, ce genre d'influences est peu prononcé, et il suffît, en général, de ne pas les maltraiter pour que la sécrétion no soit pas entravée sous ce rapport. Une vache

laitière, au régime auquel on les soumet à Paris, par exemple, où elles ne sortent jamais de l'étable, peut être, sans exagération, assimilée à une machine placée dans le coin d'un atelier et fonctionnant avec une régularité mathématique, dans le but de confectionner certains produits. Ici le produit confectionné, c'est du lait. Aussi trouve-t-on bien peu de différence entre le liquide de chaque jour, à part les changements produits par l'alimentation, par les progrès de l'âge du lait, etc.; toutes circonstances dont nous avons parlé en leur lieu.

Mais, pour^la femme, c'est bien différent! Quelle facile disposition aux impressions^morales , et combien elles sont grandes !

Aussi doit-on faire entrer en ligne de compte, parmi les précautions à prendre pour recueillir le lait dont il s'agit, l'état de calme et l'absence de souffrances chez la nourrice.

La conclusion à tirer de ces remarques est celle-ci :

Si l'on veut que l'examen d'un lait de femme puisse prouver quelque chose, il faut commencer par prélever l'échantillon dans des conditions déterminées et toujours les mêmes.

On pourrait, par exemple, en se basant sur les intervalles habituellement mis entre les tétées par les nourrices, admettre en principe que l'échantillon du lait à examiner devra être prélevé après une durée de sevrage de trois heures, et qu'on n'ira pas jusqu'à épuisement complet, chose qui serait souvent impossible par des raisons diverses, mais que l'on se contentera d'une quantité comprise entre 4 ou 5 grammes et 50 grammes.

S'il n'y en a que peu, la personne chargée de l'examen se contentera de l'inspection microscopique, lactoscopique, de l'appréciation des réactions, etc. ; s'il y a 40 ou 50 grammes, on pourra, au moyen d'un laclodensimètre de petit modèle, prendre la densité.

Une précaution bien futile en apparence n'est peut-être pas cependant inutile à signaler ici à l'attention , c'est ,

lorsqu'on ne doit pas assister à l'extraction du lait (absence fâcheuse), de fournir à la personne chargée de ce soin une fiole sèche, et de lui recommander de recevoir le lait sortant du sein dans un verre pareillement sans humidité. En effet, si Ton ne peut retirer que 4 ou 5 grammes de lait , et que cette petite quantité doive passer dans des vases dont les parois sont mouillées par suite d'un lavage récent, les personnes non habituées aux expériences arriveraient ainsi trèsfacilement à étendre le lait de 1/4 ou 1/3 d'eau, sans s'en douter.

Ces préliminaires exposés, venons à l'analyse.

Mode analytique pour le lait de femme.

Le lait de femme ne peut être évaporé au bain-marie ou au bain de vapeur sans se foncer plus ou moins en couleur et sans que le résidu prenne finalement une teinte chamois ou roussâtre.

De plus, lorsque ce résidu s'est ainsi coloré, il est trèssujet à se grumeler ou même à se réduire en pâte molle au contact de l'éther, ce qui rend l'extraction du beurre difficile et souvent incomplète.

Il est vrai que l'on pourrait évaporer le lait à l'étuve, à une température assez basse pour éviter la coloration du résidu, mais alors l'opération est fort longue. Ainsi, en maintenant la température entre 45 et 55, il nous a fallu soixante heures pour en évaporer 20 grammes.

Nous préférons recourir au procédé de M. Lecanu, qui donne tous les produits avec leur couleur naturelle.

Il est vrai que ce changement dans le mode d'analyse offre l'inconvénient de rendre les résultats moins exactement comparables avec ceux qui ont été obtenus par le procédé de l'évaporation , employé pour les autres laits (voyez art. Procédés analytiques divers); mais entre deux inconvénients il faut choisir le moindre.

Procédé de M. Lecanu. — Voici de quelle manière nous avons rais en pratique ce procédé :

20 grammes , lait;

3 1/2 vol. (57 grammes), alcool à 90 centésimaux.

On mêle dans un vase à précipiter, on agite à trois ou quatre reprises, à quelques minutes d'intervalle, et on laisse reposer, après avoir couvert avec un disque en verre. Le caséum, uni à la matière grasse, se rassemble au fond du vase, oii il forme un dépôt floconneux blanc, volumineux.

Quatre ou cinq heures après, ou le lendemain, on décante le liquide limpide surnageant, sur un filtre taré ( un neuvième de feuille), et Ton y verse peu à peu le dépôt, de manière à faire occuper à celui-ci le moindre volume possible.

On lave par affusion et en délayant avec hO grammes (1/2 décilitre) d'alcool à 70, que l'on emploie en plusieurs fois.

Les liquides sont reçus dans une capsule de porcelaine de la contenance de 15.0 grammes environ.

On laisse égoutter pendant une demi-journée , en secouant de temps à autre l'entonnoir, que l'on a toujours soin de tenir couvert pour s'opposer à l'évaporation du liquide imprégnant le dépôt, absolument comme dans la partie correspondante du procédé par évaporation ( voyez Mode opératoire général).

De même aussi on comprime, un instant, le résidu entre des feuilles de papier à tîltrer, et seulement jusqu'à ce qu'il puisse être facilement séparé du papier.

Beurre. — On met ce dépôt dans une capsule, on le divise en fragments et on le sèche à l'étuve, en ne poussant pas trop loin la dessiccation et s'arrêtant dès que le caséum n'est plus hydraté, chose que l'on reconnaît à ce que les grumeaux, dont le rentre était encore mat blanchâtre, ont pris, comme le reste, un aspect corné.

On pulvérise finement dans un Irès-pelit mortier de fer, que l'on couvre d'une feuille de papier percée à son centre,

pour laisser passer le pilon (1). Souvent la matière se réduit en poudre ; d'autres lois, lorsqu'elle est très-riche en beurre, elle prend un aspect plus ou moins pâteux.

On met dans une fiole avec 50 grammes d'éther, et l'on fait bouillir cinq minutes; pour tout le reste de ce traitement on opère comme il est dit à rarlicle Mode opératoire général.

Seulement, ici, le filtre, d'abord employé pour recueillir le dépôt caséo-butyreux, ne peut servir pour filtrer les solutions éthériques, et il faut en mettre un nouveau.

Nous avons dit en son lieu (article Procédé Lecanu) que l'on était exposé, en suivant cette méthode, à obtenir un poids un peu faible de matière grasse (1 à 2 grammes de moins par 1000 grammes de lait).

Caséum. — Le caséum, resté sur le filtre sous forme de poudre agglomérée, en est séparé, et il est mis dans une capsule oii on l'écrase. S'il en restait dans la fiole, on le détacherait avec le doigt ou les barbes d'une plume pour le réunir à la masse.

Il faut séparer de suite le caséum du filtre, car, si l'on attendait que la dessiccation ait eu lieu, il pourrait y avoir adhérence avec le papier, chose qu'il est nécessaire d'éviter lorsqu'on doit opérer l'incinération du premier.

Le caséum, ainsi que les deux filtres, sont misa l'étuve en même temps que le résidu de lacline.

Lactine. — La solution hydro-alcoolique primitive, dont on a séparé le dépôt caséo-butyreux, est exposée au bain de vapeur pour évaporer.

On procède pour tout le reste comme il est dit à l'article Mode opératoire général (1" fascicule).

Cette solution hydro-alcoolique de lactine brute s'évapore irès-bien au bain-marie ou au bain de vapeur pour se colo-

(l) Si ToD avait à rechercher le fer dans le caséum , il faudrait se servir d'uû mortier de porcelaine; mais ropératioa serait plus difficile , en raison de la texture cornée du caséum.

rer, très-difFérente, en cela, du lait entier; du reste, cette différence s'explique facilement, car c'est surtout le caséum qui est l'élément colorable pendant l'évaporation.

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