‹ Du lait et de l'allaitementChapitre 25 sur 28 · AR TUE · texte numérisé non relu

AR TUE

Or, le produit imaginé par Liebig ne possède aucune de ces qualités ; il ne peut sous aucun rapport être comparé au lait, et sa consammation par les jeunes enfants est suivie souvent des plus déplorables effets.

Il n’est pas indifférent, en effet, de remplacer le carbone respiratoire contenu dans le beurre, par son équivalent de glucose, même de glucose provenant de la réaction de la diastase, contenu dans l’orge g'ermé, sur la farine de froment.

Dans le lait artificiel de Liebig, les matières protéiques du lait sont représentées par le glulen du blé, dont le rôle peut sans doute être analogue à celui de la caséine et à celui de l’albumine, membres comme lui du groupe des protéiques, mais entin il en diffère en ce qu'étant moins facilement soluble, il ne saurait être aussi facilement digéré. D'ailleurs, pour achever sa préparalion, Liebig conseille de porter le mélange à l’ébullition; or l’on sait qu’à cette température le gluten se déshydrate et devient par conséquent plus résistant à l’action du suc gastrique. |

Tout cela est d'autant plus étrange que: Liebig a posé lui-même, dans ses admirables lettres sur la chimie, les bases scientifiques de la théorie de l’alimentation et de la nutrition. Aussi, si je rappelle ici cette déplorable conception de lillustre chimiste allemand, c’est moins pour le plaisir de faire une critique, que pour montrer jusqu'où le mercantilisme, qui forme l’une des plaies les plus fâcheuses de l’époque actuelle, peut conduire les esprits les plus éminents.

La préparation de M. Liebig, essayée par M. Depaul, a donné les résultats les plus fâcheux; et les accidents survenus, ont servi de justificalion aux opinions sui-

= — vantes, émises avec tant de force et de raison, par trois hommes dont les noms brillent avec honneur dans les fastes de la pharmacie française :

« En prenant du lait de vache écrèmé et y ajoutant 175 de son poids d’eau sucrée, disait Guibourt, on a à sa disposition une chose que tout le monde connaît, et plus apte à remplacer le lait de femme que tout autre composé artificiel. »

À son tour, M. Félix Boudet s Rec, ainsi :

« Je maintiens qu’à défaut de lait maternel, ou du lait d’une bonne nourrice, le seul aliment rationnel et salubre pour les très-jeunes enfants, le seul qu’il convienne d'employer dans leur alimentation au biberon, c’est le lait de vache, d’ânesse, de chèvre, ou autre analogue, soit pur, soit étendu d’une certaine quantité d’eau sucrée; et qu'il serait très-imprudent, je pourrais même dire très-funeste, de substituer à cette nourriture naturelle le lait 'de Liebig. »

Enfin voici ce que disait M. Poggiale :

« Le lait de Liebig diffère extérieurement du lait de femme par ses propriétés physiques : saveur, odeur, teinte, consistance, et par sa composition chimique. Il n’est pas permis, par conséquent, de supposer que, dans l'alimentation des nouveau-nés, il remplira le même rôle physiologique que le lait de femme. Je le repousse donc de toutes mes forces, et si l'allaitement maternel fait défaut, il faut revenir au biberon. Je préfère le lait de vache dont les propriétés et la composition sont à peu près les mêmes que celles du lait de femme. »

Ce sont ces considérations émises, par ces pharmaciens éminents qui Im’ont autorisé, je le crois du moins,

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à présenter les formules indiquées dans le chapitre précédent.

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