‹ Du lait et de l'allaitementChapitre 27 sur 28 · CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS

1. Le lait est le produit de sécrétion des glandes mammaires. Il doit être considéré comme une émulsion d’un corps gras, le beurre, dans une solution de lactose, contenant elle-même quelques autres principes fixes et volatils. Se

2. C'est un liquide ordinairement blanc; cette coloration est due à la division extrême de la matière grasse et à la caséine insoluble. Il existe aussi des laits bleus et des laits roses.

3. L'odeur, la saveur, la densité, la consistance et : par suite la composition varient avec les diverses espèces d'animaux qui le sécrètent.

4. Le lait à l’état physiologique est un liquide légèrement opalin, tenant en suspension des globules buty-

reux de à +, de millimètre de diamètre. Il n’y a pas encore d'expériences exactes qui prouvent que ces globules soient organisés et entourés d’une enveloppe caséeuse ou albumineuse.

5. Le colostrum est principalement caractérisé par la présence d’un grand nombre de globules analogues à ceux que l’on rencontre dans le lait normal, mais de dimensions variables et réunis par une matière muqueuse qui les empêche de se mouvoir indépendamment les uns des autres, ainsi que par des plaques jaunâtres et les corps granuleux de Donné.

6. Le beurre est un corps gras et huileux qui se trouve dans le lait sous forme de globules. Sa couleur est variable. Plusieurs causes peuvent modifier la richesse d’un même lait en cet élément, mais la plus im-

Abe portante est la variation de composition de ce liquide avec le fractionnement de la traite.

7. La lactine établit, suivant M. Berthelot, le passage entre le groupe des glucoses et.des saccharoses. La richesse en cet élément n’est pas seulement variable, suivant les diverses espèces de laits, on remarque aussi des différences marquées dans le même lait.

Des variations analogues existent pour les autres éléments contenus dans ce fluide.

8. Les matières protéiques du lait, comme la plupart des autres matières albuminoïdes, sont encore bien peu connues; aussi, tant que de nouvelles expériences ne seront pas venues apporter un jour nouveau sur la question, je crois que l’on peut les considérer comme des modifications d’une même substance, l’albumine ou mieux la protéine, combinée aux divers éléments minéraux.

9. Les principaux éléments salins contenus dans le lait sont : chlorures de potassium et de sodium, phosphates de chaux, magnésie, fer, soude, carbonate de soude, sulfate et silicate de potasse, enfin des traces de fluorures.

10. Dans l'examen des résultats d’une analyse, il faut toujours tenir compte du procédé employé, car les différences sont souvent énormes pour un même lait.

41. Le nouveau-né doit être soumis à l'allaitement pour se développer dans les meilleures conditions. Il doit téter et non boire.

12. L’allaitement maternel est le meilleur; même quand il ne peut être continué longtemps, il y a toujours avantage, non-seulement pour l'enfant, mais

“HR même pour la mère, à subvenir pendant quelques jours aux besoins du nouveau-né.

13. Le choix d'une nourrice doit être fait par un médecin, qui ne doit pas seulement se baser sur ses connaissances physiologiques, mais encore et principalement sur les indications que peut lui fournir l'analyse chimique.

14. Le lait éprouve des modifications suivant son âge. Le beurre diminue, lalactinerestestationnaire, tandisque les matières protéiques augmentent. Ces résultats sont, du reste, d'accord avec les phénomènes de la vie organique.

15. La nourriture a aussi une influence marquée; une alimentation riche en matières protéiques fournit un lait riche lui-même en aliments plastiques, tandis qu'un régime où dominent les féculents donne un lait plus riche en aliments respiratoires. Le régime d'une nourrice doit donc être mixte.

16. La constitution de la nourrice, ses habitudes, le nombre d'enfants produits, son âge, sont autant de causes qui influent sur la composition de son lait. Quant aux rapports existant entre la qualité du lait et la couleur des cheveux, ils ne sont pas encore bien établis et ils me paraissent douteux.

17. Les impressions morales, le repos ou la fatigue, le froid ou le chaud, les rapprochements sexuels euxmêmes, pour certaines femmes, ont une action marquée sur la sécrétion lactée.

18. L'allaitement pendant la gestation est toujours fâcheuse, aussi bien pour la mère que pour l'enfant. Le lait alors sécrété est moins riche en sucre, et parmi

les principes salins la proportion du phosphate de chaux se trouve abaiïssée d’une facon sensible.

19. Les influences pathologiques ont été mises en évidence par mon père, par MM. Vernois et Becquerel, et aussi par mes propres recherches,

20. Chaque fois qu'il existe une lésion du côté de l'utérus, il y a diminution de lactine, el cette diminution est elle-même en rapport avec la gravité de la lésion.

21. L’allaitement au biberon est très-bon, quand il est fait avec intelligence ; il faut, dans ce cas, faire éprouver au lait de vache des modifications en rapport avec l’âge de l'enfant.

22. Le lait de chienne préconisé dans ces derniers temps contre le rachitisme est loin d’avoir la valeur qu'on lui attribue; de plus, son usage n’est pas praticable.

23. Les eaux de gruau, riz, orge, gomme, etc., que l’on donne ordinairement aux jeunes enfants, sont plus nuisibles qu’utiles.

24. L’antimoine, l’arsenic, le bismuth, le fer, le mercure, le plomb, le zinc, l'iode et les iodures, le brome et les bromures, etc., passent dans la sécrétion lactée et lui communiquent ainsi des qualités médicamenteuses.

25. Le régime lacté a été employé avec succès dans certaines maladies.

26. Le lait, comme antidote, ne réussit pas dans beaucoup de cas, ainsi que cela résulte des expériences de M. Rupin.

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