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DES DIVERSES INFLUENCES MODIFICATRICES DU LAIT

Vernois et Becquerel, Lyon Playfair, Donné, Filhol et Joly, dans leurs remarquables travaux, se sont occupés de cette question importante. Je vais indiquer rapidement les résultats obtenus par ces chimistes et par plusieurs autres savants.

1° Des modifications du lait suivant son âge. — Considérons d'abord ce fluide quand il n’est encore qu’à l’état de colostrum. On donne ce nom au lait qui est sécrété quelques jours avant et après leur accouchement par

AG 1e les femelles des mammifères. Le colostrum de la vache porte le nom de mouille.

C'est un liquide visqueux, jaunâtre, d'une densité supérieure à celle du lait : 1040 à 1060 d’après M. Méhu. Elle s'élève même quelquefois à 1068 selon Corenwinder, et jusqu'à 1075 selon mon père. Quand on chauffe ce corps, il se prend en grumeaux. Les acides ne le coagulent pas; l’ammoniaque, au contraire, le rend visqueux et filant; il le devient même par son exposition à l’air.

Le colostrum est peu abondant chez la femme; mais cependant, d'après M. De Soyre, que je remercie de la bienveillance qu'il m'a témoignée, il est en plus grande quantité chez les brunes que chez les blondes.

D’après le D° Donné, il existe un rapport constant entre la proportion de colostrum chez les femmes avant l’accouchement et la sécrétion du lait après le part.

« Les femmes, dit-il, se divisent sous ce rapport en trois classes : 1° Celles chez lesquelles la sécrétion laiteuse est presque nulle jusqu'à la fin de la gestation et ne présente qu'un liquide visqueux, contenant à peine quelques globules laiteux, mêlés de corps granuleux rares. Dans ce cas, le lait est pauvre et peu abondant après l'accouchement. 2° La deuxième classe renferme les femmes dont le colostrum, plus abondant, ne contient qu'un petit nombre de globules laiteux, petits, mal formés, et souvent mêlés, outre les corps granuleux, de globules muqueux. 3° Enfin la troisième classe comprend les femmes qui fournissent un colostrum riche en globules laiteux, réguliers, d’une bonne grosseur et n'étant mélangés d'aucune autre substance que les corps granuleux. Un tel colostrum annonce presque

toujours un lait abondant, riche, et de bonne qualité.»

J'ai donné précédemment la composition de fa mouille de la vache; voiei celle du colostrum humain, selon MM.

Boussingault Charles

Simon. et Lebel. Marchand.

Beurre RL VNE 5 2.60 4 50 Lactines remet: l 3.60 6.30 Matières protéiques . 7 15.10 17.30 Sels ste k 0,30 0 27 AUS SEM ST UNE ü 78.40 71.68 100 100.00 100 CO

Le colostrum, dont la composition est donnée la dernière, provient de femmes accouchées depuis vingtquatre heures; afin d'obtenir cette sécrétion en quantité suffisante pour en faire l'analyse, j'ai été forcé de le recueillir sur douze femmes du service de M. Depaul. Les chiffres consignés peuvent donc être considérés comme représentant de bonnes moyennes.

Quel temps faut-il au colostrum pour se transformer en lait ordinaire ? [1 n'est pas possible de donner une règle générale et de fixer exactement la durée de cet élat anormal; en effet, chez certaines femmes, quinze jours suffisent pour permettre au lait de se présenter avec tous ses caractères; tandis que, chez d’autres sujets, il faut quelquefois plus de six semaines; cependant, on admet généralement que la transformation complète du colostrum en lait a lieu vers la fin du premier mois, bien que les corps granuleux disparaissent dès les premiers Jours. Quoi qu'ilen soit, la composition du lait sécrélé immédiatement après l'accouchement est fort variable; mais ce fluide est (oujours très-riche en matières protéiques, et pauvre en lactine. Cedernier résultat

ST —— avait été observé déjà par M. Lasègue; mais il à été contredit par certains auteurs.

Le colostrum, chez la femme, est d’une belle couleur jeune, épais, très-alcalin; mais, à partir du troisième et quelquefois même du second jour, il devient plus blanchâtre; les globulesæras,d'abordréunis, seséparent au fur et à mesure que la sécrétion lactée augmente et que leur diamètre subit un accroissement. Exposé à l'air, 1l s'altère rapidement en dégageant une odeur prononcée d’acide sulfhydrique, provenant, de la décomposition des matières albuminoïdes dont le soufre s'élimine en combinaison avec l'hydrogène, ou plus simplement, de la réduction, par la putréfaction, des sulfales qu'il contient toujours.

Quant au rôle physiologique du colostrum, quel estil ? Certains auteurs admettent que ce liquide est indispensable au nouveau-né parce qu'il le débarrasse de son méconium; d'autres praliciens, au contraire, et parmi ceux-ci le D° Chalvet, tout en recommandant de faire prendre le colostrum au nouveau-né, le considèrent moins comme un pur>alif que comme un aliment plastique et de calorification.

S'il m'était permis d'émettre une opinion, je le considérerais surtout comme un purgalif; car, s’il semble résulter des analyses ci-dessus rapportées, que les doses de lactine et de beurre restent quelquefois voisines de la dose normale, il n'en est pas moins vrai que la proportion de ces éléments s’affaiblit considérablement quelquefois, tandis que la de des éléments protéiques mal élaborés d'ailleurs, se trouve toujours singulièrement exagérée. Oui, le colostrum est un purgatif, et il purge pa. ce qu'il est indigeste ! î

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