VINGT-DEUXIÈME OBSERVATION
Petite aràe de poissan enlevée du larynx d'un enfant^
au moyen du forceps .
Caroline C..., âgée de douze ans, fut amenée à Thôpitai le 8 février 1864, par sa sœur aînée. Cette enfant criait et sa sœur ra'contait que la veille au soir elle avait avalé une arête de hareng. Caroline disait qu'elle avait senti Tarète en avalant, et qu'ayant voulu la saisir, elle avait enfoncé ses doigts dans la gorge, ce qui avait été suivi de nausées. Je l'examinai au laryngoscope, mais je ne constatai qu'une forte congestion de la membrane muqueuse du larynx. N'apercevant pas
l'arête, je supposai qu'elle avait été avalée, et je recommandai des inhalations de vapeur d'eau chaude pour calmer rirritation. Je noterai que j'introduisis sans difficulté une bougie jusqu'à l'estomac. Le lendemain, l'enfant me fut de nouveau amenée. La respiration était légèrement striduleuse; un médecin que l'on avait vu dans l'intervalle, avait dit à sa mère qu'il y avait un commencement de croup. Avec le laryngoscope ou Aboyait que le repli ary-épiglottique et la bande ventriculaire du côté droit étaient considérablement tuniéliés et d'un rouge vif; on distinguait aussi et nettement une portion de l'arête qui reposait en travers du repli ary-épiglottique droit, près de l'épiglotte. Apparente comme elle l'était, elle paraissait facile à saisir, mais on éprouva les plus grandes difficultés pour la prendre entre les mors du forceps. En faisant la première tentative, la membrane muqueuse fut légèrement blessée et le sang cacha complètement l'arête. Au bout d'une demi-heure, l'arête fut de nouveau visible et elle fut heureusement saisie entre les lames du forceps.
L'arête, très-mince d'ailleurs, avait trois quarts de pouce de long. La malade se plaignit pendant un jour ou deux de chatouillements dans la gorge, mais le vendredi suivant (l'accident était strrivé le dimanche) elle était parfaitement bien.
VINfiT-TROISrÈME OBSERVATION.
Contraction du repli gloiso-épiglotlique gatœhe produite par la cicatrice d'un ulcère ; dy$phagie extrême ; guérinon par la division de la bride cicatricielle.
GharloUe D..., femme mariée, âgée de vingt-quatre ans, me fut adressée par M. Shiilitoe le 18 juin 1864. Elle dit que, depuis le mois de novembre 1865, elle n'avait pu avaler aucune parcelle de nourriture solide, qu'elle ne se soutenait qu'avec des liquides, et que du pain trempé dans du lait était la dernière substance solide qu'elle eût pu faire passer. Une partie des liquides qu'elle cherchait à avaler prenait une fausse direction, et elle ne pouvait essayer de boire ou plutôt d'avaler à petits traits sans être prise d'un violent et prolongé accès de toux. Tous ces symptômes datent d'une atteinte de mal de gorge ulcéreux qu'elle avait eu au mois d'octobre. Cinq ans auparavant elle avait été atteinte d'accidents syphilitiques primitifs, et depuis d'accidents secondaires.
En regardant dans sa gorge, on voyait de nombreuses cicatrices blanches sur la paroi postérieure du pharynx, et au moyen du laryngoscope on apercevait le côté gauche de l'épiglotte tiré en haut, en avant (vers la langue) et légèrement en dedans, vers la ligne médiane. Je pensai d'abord que le repli ary-épiglottiquo gauche était adhérent au pharynx, mais une seconde exploration me prouva qu'il n'en était rien. Le repli
glosso-épiglottique gauche était considérablement épaissi, blanc, saillant et raccourci, et il était évident que c'était la principale cause de la dysphagie. La bride rigide atteignait une longueur d'un quart de pouce environ, et pouvait être atteinte avec le doigt. Une bougie fut aisément introduite dans l'estomac, ce qui mettait hors de doute que la difficulté dans la déglutition dépendait seulement de ce que l'épiglotte ne recouvrait pas exactement le larynx.
Jeus l'avantage d'avoir l'avis du docteur Smyly (de Dublin) sur ce cas peu fréquent et difficile. J'avais d'abord décidé de diviser la cicatrice, mais sa situation suivant le diamètre antéro-postérieur du larjnx était un obstacle à l'emploi de la lancette. Au moyen des ciseaux laryngiens je parvins cependant à la diviser en deux opérations. Il y eut peu d'hémorrhagie, et quelques semaines après la malade, qui paraissait avaler aisément, se plaignait cependant d'une légère difficulté. Je n'ai pas vu cette malade depuis plusieurs mois, mais je ne serai pas étonné de la voir retourner un jour ou l'autre avec ses symptômes anciens. Je noterai que l'épiglotte n'a pas entièrement recouvré sa position normale, et qu'au lieu d'avoir une position oblique au-dessus de l'ouverture laryngienne, le bord libre de Topercule laryngien a une direction presque horizontale. L'aspect de l'épiglotte avant l'opération est représenté dans la figure 58 .
Depuis que j'ai observé ce cas, j'ai modifié ma laneeli "orte qu'au gré de l'opérateur, le bord
lo&mé, soit dans une direction
iintéro-postérieure, soit dans le sens du diamètre latéral. Pour diviser les tumeurs ou les rétrécissements
Pi^. 38. — Contraction du repli glosso-épiglottique gauche produisant Tobliquité de Tépiglotte et son éloigncment du larynx : cause d'une dysphagie extrême.
Situés dans la première de ces directions, on agit plus X>uissamment avec les ciseaux.