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CHAPITRE II

DESCRIPTION DU LARYNGOSCOPE

Définmtion. — Le laryngoscope est un instrument pour voir l'intérieur du larynx pendant la vie: Il csl composé de deux parties : 1° Un petit miroir fixé à une tige longue et mince, que l'on introduit dans la gorge ; 2° un appareil pour éclairer avec une lumière intense (solaire ou artificielle) le petit miroir. Pour projeter les rayons lumineux, on se sert d'un second miroir (plus large que le premier), qui réfléchit la lumière d'une lampe ou les rayons solaires. La lumière artificielle peut élre concentrée directement sur le petit miroir au moyen d'une lentille. Quand on emploie la lumière arlificiclle, le miroir réflecteur doit être légèrement concave; il sera plan pour la lumière' solaire.

Section I. — Du miroir laryngien.

Le miroir larygien est en acier poli ou bien en verre étamé. Quoique en théorie les miroirs d'acier donnent les images les plus parfaites, ils sont si aisément ternis et rouillés par la moindre humidité, si facilement détériorés par le contact accidentel des solutions médicamenteuses employées dans le traijtement des maladies laryngées et si promptement rayés en les nettoyant, qu'ils ne conviennent pas du tout pour la pratique. Le miroir en verre est généralement garni d'une monture en argent allemand. Quoique le métal favorise le refroidissement du miroir et, par conséquent, la condensation de la vapeur d'eau, on l'emploie cependant parce qu'il est plus facile de fixer le manche de l'instrument à un cadre de métal qu'à aucune autre snbstance d'un pouvoir conducteur moindre. L'épaisseur

PU MIROIR LARYNGIEN. 27

des miroirs ne doit pas dépasser un vingtième de pouce.

La surface réfléchissante du miroir laryngien varie, en diamètre, d'un demi-pouce à un pouce un quart. Il faut avoir au moins trois miroirs de différentes dimensions. Le plus grand est figuré n" 1, le moyen n" 2 et le plus petit n° 5 (fig. 4).

Fig. 4. Miroir laryngien.

A. Diagramnie moiUiant les dimensions exactes de la siirlace réfléiliissante des miroirs

B. Sliroir et manche (demi grandeui') vu> de prolll.

Pour l'usage ordinaire, le miroir n" 2 est le plus convenable. Il peut être carré, rond ou ovale. Les miroirs ronds causent moins d'irritation, excepté toutefois dans les cas d'hypertrophie des amygdales. Alors les miroirs ovales sont plus favorables. On a eu l'idée d'employer des miroirs concaves, pour amplifier l'image laryngienne (VVertheim) ; mais tandis qu'ils agrandissent légèrement l'image, leur emploi, d'après les lois de l'optique, donne lieu à une objection, eu égard à la distance variable du miroir aux parties réfléchies (Tûrck). La tige du miroir est en argent allemand ; elle doit avoir environ quatre pouces de long et un dixième de pouce

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d'épaisseur. Elle sera soudée (1) à la partie postérieure du miroir, de manière à former avec lui un angle d'environ 120 degrés. La tige du miroir glisse dans un manche creux en bois, et est fixée au moyen d'une vis. Par ce moyen, on allongera ou on raccourcira la tige, suivant la profondeur du diamètre antéro-postérieur de la bouche. Le manche a environ trois pouces de long et un quart de pouce d'épaisseur.

Miroir laryngien prismatique. Sur mes indications on a construit (2) des prismes entièrement réfringents, avec lesquels j'ai souvent examiné mon larynx. Comme la base du prisme est nécessairement un tiers plus large que ses surfaces réfringentes, l'emploi de cette sorte de miroir occasionne une perte considérable d'espace. Les miroirs prismatiques sont aussi beaucoup plus difficiles à introduire que ceux qui sont plans ; ensuite la surface inférieure du prisme arrive très-facilement en contact avec la langue, ce qui interrompt le passage de la lumière à travers le prisme. Dans l'application des remèdes ou dans toute opération délicate sur le larynx, la projection de l'angle du prisme se trouve sur le trajet à suivre. Enfin, les miroirs prismatiques sont d'un prix plus élevé et sont plus facilement détériorés que ceux qui ont une surface plane. Ces

(1) En construisant rinslrument, la tige doit être courbée sous l'angle désiré avant d'être soudée à la partie postérieure du miroir ; car si on l'y fixait d'abord, l'angle (au lieu d'être à la jonction du miroir avec la tige) serait à un dixième de pouce et plus du miroir. L'espace (c'est-àdire la dislance qui sépare le miroir de l'angle de la tige) qui est ainsi perdu permettrait l'emploi d'un miroir plus large.

(i) Par M. Ladd, de Beak Street, London.

conclusions de mes expériences avec les miroirs prismatiques sont brièvement relatées ici dans le but de détourner les expérimentateurs de faire des essais analogues.

Section II. — Éclairage.

Réflecteur. Pour projeter la lumière sur le miroir laryngien, on se sert d'un miroir circulaire d'environ trois pouces et demi de diamètre, dont le centre est perforé (1). Quand on emploiera la lumière artificielle, le miroir sera légèrement concave et aura un foyer de quatorze pouces ; lorsqu'on se servira de la lumière solaire, la surface du miroir devra être plane. Le miroir peut être fixé sur la tête de l'opérateur ou bien uni à une tige horizontale qui est adaptée à une lampe (Tobold). Le premier mode est de beaucoup le plus avantageux et le miroir peut être tenu soit vis-à-vis l'un des yeux (Czermak), soit au devant du nez et de la bouche (Bruns), soit au devant du front (Fournié, Johnson, Masson, etc.). De ces différentes positions, la première est préférable en théorie, la dernière plus commode dans la pratique. La méthode qui consiste à regarder à- travers le trou du réflecteur présente le grand avantage de garantir parfaitement les yeux de l'observateur de l'éclat de la lumière. En effet, les rayons lumineux tombant obliquement sur le miroir ne

(1) Le réflecteur ne doit pas être seulement non étamé au centre, il doit être perforé. Dans le premier cas, la glace forme un petit foyer situé inégalement entre les yeux. Les laryngoscopes construits d'après mes indications sont vendus par M. Mayer, 59, Great-Portland street, London.

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peuvent atteindre la pupille de l'œil placé immédiatement derrière le miroir; quant à l'autre, il se trouve dans l'ombre du réflecteur. Dans la première position seule il est nécessaire que le réflecteur soit perforé. Le

Fig. 5. — Réilecteur fixé à une monture de lunettes dont la moitié supérieure des bords a été enlevée.

A la partie postérieure du rôllecteur R se trouve une petite cavité, dans laquelle s'adapte une boule unie à la monture de lunette. Un anneau est vissé sur la boule, et l'articulation e?t ainsi formée en J.

réflecteur est fixé à la tête de l'operateur, soit par la monture d'une lunette (Senielcder), ou bien par un bandeau Irontal (Kramer). La monture de lunette, dont la moitié supérieure des bords a été enlevée {voy. fig. 5), constitue l'arrangement que j'ai trouvé le plus convenable. Dans tous les cas, le miroir est réuni à son support au moyeun d'une articulation par emboîtement. Le trou du centre du réflecteur est oblong, et lorsque il est placé au-devant de l'œil, son grand diamètre doit correspondre au grand diamètre de cet organe. Cette forme de l'ouverture convient à la dis'

tance variable du centre du rétlecteur, suivant ses différents degrés d'inclinaison.

On remarquera que quoique l'emploi du réflecteur facilite considérablement l'inspection du larynx, l'examen laryngoscopique peut très-bien être effectué sans lui. Il faut alors projeter une vive lumière directement sur le miroir laryngien.

Une lampe donnant une lumière brillante et soutenue suffit parfaitement. Beaucoup d'observations très-importantes ont été faites avec un modérateur ordinaire. Une lampe argand à gaz sera très-convenable, surtout si elle est construite sur le principe des lampes à tige pour le travail {readiiig-lamp) que l'on peut fixer à différentes hauteurs. Ma lampe laryngoscopique à mouvement articulé, qu'on peut diriger soit perpendiculairement, soit horizontalement, facilitera beaucoup le maniement de la lumière; Son action est montrée figure 6. La puissance de la lumière peut être avantageusement augmentée en plaçant au-devant de la flamme une ou plusieurs lentilles.

Dans les diverses lampes recommandées par plusieurs laryngoscopistes (Tobold, Voltolini, Moura-Bourouillou, etc., etc.), les lentilles, dans chacune d'elles, sont montées de telle manière qu'elles ne sont applicables qu'à la lampe spéciale à laquelle elles Tioivent être adaptées. Cet inconvénient sérieux qu'offrent les différentes sortes d'appareils d'éclairage jusqu'à ce jour en vogue, m'a conduit à imaginer un appareil pour concentrer la lumière d'une application plus facile. Non-seulement il donne une lumière très-brillante, mais encore

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il est beaucoup plus petit et beaucoup plus portatif que tous ceux en usage; il peut être également fixé sur toutes les espèces de lampes et même sur une bougie. Il consiste en un petit cylindre de métal de trois pouces

Fig. 6. — Lampe à mouvement articulé

lîn a et h se liroduit le mouvemciit horizonlal; en c et le mouveiiionl vertical. Le gaz passe seulement par le tube liorizontal c; tlans le tube inlérienr se trouve une crémaillère qui règle la hauteur de la lampe au moyen de la petite tige e. La cheminée de la lampe est en métal, une ouverture ronde est pratiquée sur le côte et la lentille y est adaptée.

et demi de long et de deux et demi de diamètre. Il est fermé à une extrémité, à l'autre se trouve une lentille piano-convexe dont la surface plane est tournée vers la flamme. La lentille a deux pouces et demi de diamètre et appartient à un tiers de sphère. Aux surfaces supérieure et inférieure du cylindre (vis-à-vis l'une de l'autre) se trouvent deux ouvertures de deux pouces un quart de diamètre. Ces deux ouvertures, inégalement éloignées des extrémités du cylindre, sont plus rapprochées de l'extrémité fermée, de manière qu'une ligne passant perpendiculairement par leur centre se-

(1) Construite par Mayer, 59, Great-Porlland street, London.

rait à deux pouces et demi de la surface plane de la lentille. Là, se trouve le foyer principal de la lentille, et les rayons lumineux la traversent parallèlement. A la

Dans la ligiue, l'appareil pour concentrer la lumière est fivé à une bougie au moyeu tie deux bras a. En employant une lampe, les bras embrassent la elieminée; s, vis pour serrer les bras; b, bouton do liège pour saisir l'appareil lorsqu'il est r.baud.

partie inférieure du cylindre se trouvent deux bras demi-circulaires, qui, au moyen d'une vis placée sur le côté, peuvent saisir fortement la cheminée d'une forte lampe ou bien une bougie ordinaire et même la tige étroite d'un simple bec de gaz. Le praticien qui, en visitant les malades, porte mon appareil pour concentrer la lumière, peut toujours être certain de pouvoir éclairer la gorge. L'appareil est passé sur la cheminée de la lampe jusqu'à ce que le centre de la lentille soit vis-à-vis la partie la plus brillante de la flamme;

Fig.

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