PRATIQUE DE L'ART
j'ai obtenu le meilleur résultat en faisant sucer de la glace deux minutes environ avant l'introduction du miroir. Les gorges les plus irritables ne peuvent résister à ce moyen. La conformation organique constitue, d'autres fois, la difficulté. Ainsi lorsque la langue est tirée au dehors, elle forme quelquefois une proéminence en arrière, qui rend difficile l'introduction du miroir et empêche de voir lorsque celui-ci est en place. Ce phénomène est dû à une action réflexe, et on l'évitera en tirant moins la langue audehors que dans les autres cas et en la tenant au niveau de la bouche (c'est-à-dire en ne l'abaissant pas vers le menton) . 11 faut alors prévenir le sujet de ne pas la pousser. Les amygdales hypertrophiées sont aussi un obstacle pour l'opérateur : alors on emploiera un petit miroir. Une épiglotte très-large et pendante est un obstacle sérieux pour la laryngoscopie, et lorsqu'elle est fort large elle peut empêcher de voir le larynx. Mais le même résultat est beaucoup plus souvent causé par la longueur anormale ou le relâchement des ligaments glosso-épiglottiques. Dans la production des notes élevées (fausset), l'épiglotte est généralement soulevée; ce mouvement se produit aussi lorsqu'on rit; l'observateur fera bien de profiter de ces faits physiologiques. Dans un certain nombre de cas, l'épiglotte demeure obstinément pendante. Pour la soulever, plusieurs instruments ont été inventés (par Voltolini, Bruns, Fournie, Lewin et autres (1);
{]) Le docteur P. C. Smyly a, dernièrement *, décrit un procédé ingé'^ * Dub. Quart. JournaU FûVrier 1866.
j'en ai moi-même imaginé mi qui a prouvé son utilité dans quelques cas [voir page 68). La plupart de ces instruments causent une si grande irritation que l'on ne peut la plupart du temps les employer avec avantage. Lorsque l'épiglotte couvre le larynx, le miroir laryngien sera introduit très-bas dans la gorge, et plus perpendiculaire que dans les cas ordinaires. On pourra voir les cartilages aryténoïdes surmontés par ceux de Santorini et juger, avec assez de certitude, de la mobilité des cordes vocales ; mais l'état de la muqueuse qui recouvre ces cartilages ne peut cependant servir à établir sûrement celui des autres parties.
nieux par lequel, dans un cas compliqué par une langue large et immobile, il a pratiqué avec succès une exploration. Au moyen d'un forceps tenu par le pouce et le petit doigt, il dilatait le larynx et poussait l'épiglotte contre la langue, en même temps il introduisait la tige d'un miroir laryngien ordinaire fixée à l'index par un mamelon en caoutchouc faisant office de doigtier.