‹ Du laryngoscope et de son emploi dans les maladies de la gorge [electronic resource]Chapitre 31 sur 51 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

OPÉRATIONS SUR LE LARYNX Sccliun I. — Ncarîflcatioki et incision des abcès.

Lancette laryngienne. J'ai eu très-souvent l'occasion d'employer avec avantage un instrument que j'ai imaginé pour scarifier la membrane muqueuse du larynx, dans rœdcme aigu ou chronique, pour inciser les abcès et poiir diviser, dans quelques cas exceptionnels, les tumeurs laryngiennes. Il consiste en un petit couteau ou lancette à double tranchant, placé dans un tube convenablement courbé pour être introduit dans le larynx. La pointe de la lancette reste cachée à l'extrémité du tube terminé en bec de canne, tant que l'on ne la pousse pas au dehors, en pressant sur un ressort placé sur le manche. Des tubes courbés sous des angles dilîérents peuvent s'adapter à la tige de l'instrument. Au-dessous de l'angle se trouve une articulation qui permet à l'opérateur d'allonger ou de raccourcir le tube. Cette disposition de l'instrument est appropriée aux incli liaisons diverses que le plan de l'ouverture laryngienne présente avec l'horizon, et permet d'opérer avec la lancette soit à la partie supérieure, soit à la partie inférieure du larynx. La longueur de la lame est réglée

SCARlKlCATIOiN liT IKCISION DES ABCÈS.

MOIlliLL MACKi:^/II£.

par une vis placée dans le manche. L'opérateur lient l'instrument entre le pouce et le médius, et lorsqu'il en a placé l'extrémité vis-à-vis le point sur lequel il désire agir, il presse le ressort avec l'index.

Cet instrument est surtout utile dans Foedème de la glotte, mais on peut l'employer également pour ponctionner les kystes. Un cas très-intéressant de cette dernière maladie a été observé par M. Durham (1). Bruns, dans son second cas de tumeur laryngée, s'est servi d'un bistouri courbe pour diviser la base de la tumeur.

(1) « En pratiquant fexamen laryngoscopique, on ne distinguait pas l'épiglotte avec sa forme normale. On voyait une tumeur large, ronde, tendue, se projetant en arrière et en bas, qui couvrait complètement la glotte. De côté, et en arrière, on distinguait une partie des replis aryépiglottiques qui étaient très-rouges et œdèmatiés. On pouvait atteindre la tumeur avec le doigt. M. Durliam, certain qu'elle contenait du liquide, assisté par le docteur Wilks, l'incisa avec un bistouri bien pointu, long, courbe et en partie entouré d'un emplâtre agglutinatif ; l'incision fut immédiatement suivie de l'écoulement d'un mucus épais et glaireux auquel étaient mêlés en petite quantité du pus et du sang. Ce liquide fut examiné plus tard attentivement, et l'on constata qu'il était parfaitement semblable à celui que contient la grenouillette lorsqu'elle commence à suppurer. Le malade fut immédiatement soulagé, et, le soir, on le trouva chantant dans son lit. Au bout de quelques jours il était parfaitement rétabli. On pratiqua de temps en temps l'examen laryngoscopique, et l'on observa avec intérêt la diminution graduelle de l'œdème et le retour des parties à leur état normal. Quatre mois environ après l'opération, il n'y avait plus aucune trace du kyste*(car telle était évidemment la nature de la tumeur), et l'on distinguait à peine la cicatrice située à la partie inférieure de la face laryngienne de l'épiglotte. [Médical Times and Gazette, november 21, 18C5.)

C'est avec une véritable satisfaction que j'appelle l'attention sur ce cas très-intéressant, car lorsqu'il fut discuté devant la Société médico-chirurgicale (nov. 10, 1803), les quelques observations que je lis furent mai comprises.

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