‹ Du laryngoscope et de son emploi dans les maladies de la gorge [electronic resource]Chapitre 35 sur 51 · DOUZIÈME OBSERVATION · texte numérisé non relu

DOUZIÈME OBSERVATION

Excroissances vetruqueuses sur les deux cordes vocales {cause d'une aphonie datant de quatre ans) enlevées avec le forceps.

Madame A. . . , âgée de trente cinq ans, vint à l'hôpital en avril 1863. Mais comme j'étais absenta cette époque, elle ne commença à recevoir mes soins qu'à partir du mois suivant. A la demande de M. Maunder, j'avais vu précédemment (en décembre 1862) la malade avec M. le docteur Gibb; ce dernier auteur a rapporté cette observation à la page 1 56 de son ouvragé, et en a

OPÉRATIONS SUR LE LARYlNX.

donné un dessin laryngoscopique qui est peu correct. La malade racontait qu'après avoir pris froid en 1859, elle fut enrouée pendant deux ans, et qu'enfin, en 1861, sa voix fut entièrement perdue. Pendant les deux dernières années, elle a toujours parlé à voix basse. Elle n'a aucun antécédent ni aucun symptôme de syphilis ou de phthisie.

Au laryngoscope, on voit que les cordes vocales sont d'une couleur gris sale et présentent un aspect papilliforme irrégulier, tel que le montre la figure 52. Plus

Fig. 32. — Excroissances papilliformes développées au-dessous et sur les

rvb. Pande venlriculaire di'oite.

rvc. Corde vocale droite.

Ivh. Bande venlriculaire gauche.

Ivc. Corde vocale gauche.

e. Excrois'^ances papilliformes développées sur les cordes vocales.

tard, je découvris deux tumeurs, — une au-dessous de chaque corde vocale. Comme l'état morbide s'étendait à la totalité des cordes vocales et que les excroissances qui s'y étaient développées étaient peu considérables, je pensai que l'emploi des caustiques était indiqué. De fortes solutions de nitrate d'argent furent appliquées, mais elles produisirent une dyspnée si grande qu'il me fallut discontinuer le traitement. J'essayai alors le for-

cordes vocales.

ceps, mais comme la malade ne savait pas ouvrir largement la bouche, que l'ouverture laryngienne était très-étroite, et que les tumeurs des cordes vocales étaient très-petites, j'éprouvai de grandes difficultés, et ce ne fut qu'après plusieurs tentatives que je réussis à débarrasser les cordes vocales des tumeurs verruqueuses qui les couvraient. Les tumeurs situées audessous des cordes vocales devinrent alors distinctement visibles, et comme elles étaient plus volumineuses, elles furent enlevées avec beaucoup moins de difficulté. Un mois après l'extirpation de la dernière tumeur, la voix était complètement revenue. Je n'ai pas vu la malade depuis quelque temps, mais dernièrement j'ai reçu une note (datée du 51 octobre 1864) de M. Brown(de Finsbury Circus), qui m'avait adressé la malade, dans laquelle il me dit : « J'ai été appelé chez madame A... ce soir, et j'ai eu le plaisir de constater que sa voix était entièrement revenue à la suite de votre traitement. »

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