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AiuMdt dtu Mais aujourd’hui que voit-on? Un débordement de calomnies p.cue iiiér.v.«. CO nire le clergé; la presse du libéralisme ne gardant ni mesure ni pudeur dans ses diffamations de tous les jours; un système de
flétrissure qui ne saurait aller plus loin ! Pour la presse libérale, nommer le clergé, c'est nommer ce qui ne recule devant rien; ce qui est descendu au dernier degré de l’échelle sociale; c’est désigner les ennemis les plus implacables de la patrie! Voilà ce qui, de mille manières, se répand parmi les populations; ce qu’on leur dit sur tous les tons et sans relâche !...
Et ce qui est plus grave, la presse, particulièrement chargée de soutenir le Pouvoir, se faisant remarquer par ses incriminations acerbes, par son ton de raideur, de haine et de malveillance !
Oui, nous le notons avec terreur, c’est la presse du Pouvoir qui, avec une ténacité sans merci ni trêve, et sous prétexte de tendances imaginaires, s’attaque au clergé dans des termes faits pour le rendre un objet odieux ! Et s’il fallait juger de l’esprit d'un gouvernement par ceux à qui il a confié le soin de sa défense, que dire, au point de vue religieux, de celui qui a de tels organes? et comme une fois sur cette pente, on ne peut que la descendre, quel avenir un pareil système prépare-t-il à la nation? N'est-ce point le plus * effréné des antagonismes religieux en lieu et place de l’indépendance du Pouvoir civil?N’est-ce point l’éclatante réalisation du programme, portant en tête : plus de catholicisme anticivilisateur?
Ceux qui douteraient de ce que nous avançons, en désirent-ils une preuve dont il serait difficile d’outrepasser l’inconvenance, non plus en matière politique, mais dans le domaine religieux même? Qu'on lise l 'Echo du Parlement du 26 août 1859, et là on verra comment est traité un acte émané du chef de l’Église, acte ayant pour objet de glorifier les vertus d’un chrétien signalé par le chef du catholicisme à la vénération des fidèles; là on verra comment, au nom de la sainteté du travail, on cherche à transformer en une vie de déchéance humaine, une vie solennellement déclarée méritoire au nom du christianisme!
Et c’est l’organe avoué des hommes du Pouvoir, la feuille qui, par son litre, se donne comme l’organe du Parlement ! Les règles de la plus simple bienséance commandaient de s’abstenir, le moins que les catholiques puissent attendre de la presse du Pouvoir, c’est qu'elle n'insulte point à leur culte.
Mais si loin va le délire, que les convenances les plus vulgaires sont la dernière des préoccupations!
Encore une fois, est-ce là de la Constitution? est-ce là de l'Esprit national ? n'est-ce pas au contraire le plus sanglant outrage à celui-ci, qui ne méprise point, lui, ce qu'une parole qu'il tient en vénération a déclaré digne d’hommage?
Non, ni les hommes qui commettent, ni les hommes qui patronnent de tels attentats à ,1a foi des Belges, ne représentent pas plus l'Esprit national que la Constitution, qu'ils profanent en la foulant aux pieds.
Quelle que soit notre répulsion h le faire, nous transcrirons encore unéchantillon des avanies sans nom auxquelles le clergé est en butte de la part du libéralisme; mais il faut qu’on sache comment la presse libérale, qui, d’une part, signale les pratiques du culte catholique comme blessantes pour la dignité humaine, s'acharne, de l’autre, à abaisser ses ministres jusqu'aux sentiments les plus vils contre lesquels se révolte la conscience!
Nous extrayons les lignes nauséabondes qu’on va lire, non d’une feuille de tréteaux, mais de l'un des organes du libéralisme dans une des principales villes du royaume, l'Echo des Flandres, en communauté d’impression avec le Journal de Gand, que l’opinion désigne comme se trouvant en rapport avec un des chefs de l’exclusivisme libéral (avril 1860).
« Les prêtres, non contents de recevoir un salaire de l'État pour « remplir leur mission sacrée, .font de la religion un commerce très- « lucratif, et en refusant aux pauvres les mêmes honneurs qu’aux « riches, semblent prouver que chez eux tout est boutique. Ils « savent cependant que se faire payer deux fois, c’est voler. » i Les prêtres trouvent-ils que le pauvre est l’égal du riche? Non ; « car on a vu souvent l’entrée du temple refusée aux restes du « pauvre, à l'homme du peuple (1). »
« Vous, ouvriers, sans fortune, vous ne pouvez être l’égal du « riche, disent-ils; vous n’avez pas l’argent que nous exigeons «< pour vous rendre les derniers devoirs; soyez donc enterrés « comme la brute; l'église ne connaît que ceux qui payent; et « l’homme du peuple, qui voit comment on le traite, se demande si « les appointements que l’on donne aux prêtres ne sont pas une preuve de la faiblesse de la nation. »
« Mais la nation, c’est le peuple! Pourquoi le peuple devrait-il « payer de son sang ceux qui le méprisent? pourquoi soutiendrait-il « ceux qui voudraient devenir ses tyrans, et qui prêchent le retour * à l'avilissement et au despotisme? U est rare de voir le supplicié « bénir le bourreab, et l’on force le peuple à payer largement les « prêtres qui ne désirent que son malheur et son esclavage, et qui « sont les plus grands ennemis de la liberté. >
(1} Voir la noie à la page 28.
« Les prêtres, en recevant d’une main les appointements de « l’État, et de l’autre les sommes qu’ils exigent des particuliers, ou ■ volent l’État, ou volent les particuliers. • ,
Ah! ces infamies frémissantes, érigées en système par le libéralisme contre des hommes dont l’expérience de chaque jour et de chaque heure fait connaître le dévouement sans limites, répandues au milieu de la population, que doivent-elles y produire!... Ne faut-il pas craindre que la mesure atteignant son comble, l'indignation ne vienne à éclater, lasse de voir traîner dans l’ordure ce qui représente son premier bien, sa grande espérance? et celte espérance, on voudrait la lui ravir, en ravalant ceux qui la soutiennent dans son âme!
O vous, qui ne savez comment trouver des termes assez ignobles pour vouer au mépris les hommes qui ont mission de répandre sur la profondeur des plaies humaines le baume fait pour les adoucir, êtes-vous l’expression de l’Esprit national, les organes de notre pacte constitutionnel?
Non, mille fois non, vous ne, l’êtes pas ! Mais redoutez, aveuglés que vous êtes, redoutez les navrants effets de votre implacable fanatisme!
Et ces hommes, pour qui vous n'avez ni assez de fiel dans la plume, ni assez de haine dans le cœur, quel reproche avez-vous à leur adresser? Un immense, un irrémissible, celui de les rencontrer comme une barrière infranchissable contre vos passions ambitieuses; celui de voir en eux un impitoyable frein contre vos cupidités avides!...
Mais, ici encore, qui d’eux ou de vous sont en cela les interprètes de l’Esprit national? Est-ce vous? Non, vous ne le soutiendrez point; et si ce n’est pas vous, que vous reste-t-il à faire? Garder le silence : mais vous en êtes incapables, et de là le redoublement de vos clameurs.
On dit, en vain, qu’il ne s’agit que du clergé politique, de son *,,«. .-11 immixtion dans le domaine civil, de ses influences électorales.
A cela, il est une réponse péremptoire : car, ou le clergé comprend sa mission, ou il ne la comprend pas : s’il la comprend, on le calomnie ; et comment supposer qu’il ne la comprenne point, sans, l’anéantir!
Et qu’on ne pense point que nous soyons partisan de l’interven-
tion du clergé, comme tel, dans les élections; non que nous redoutions les effets de l’influence qu’il pourrait y exercer ; car nous considérons le clergé comme étant à la hauteur de n’importe quel degré de civilisation les sociétés peuvent atteindre, ainsi que l'a mis dans un jour si lumineux, l’attitude de ceux de ses membres qui assistèrent au Congrès de 183t. Nous croyons de plus [que son influence renferme en elle-même un frein moralisateur, qui n’est point de trop au milieu de l’effervescence des passions que la civilisation fait germer tout en se développant.
Mais l'abstention est l’état normal, la mission du clergé étant l’ordre spirituel et non la politique; d’une autre part, cette abstention caractérise davantage la séparation de l’État et de l’Église, dont le principe entre dans l’esprit des sociétés modernes, comme dans celui de notre pacte fondamental.
Mais autre chose sont les théories, et autre chose, les faits ; autre chose, la réalité si souvent banale de ceux-ci, et autre chose, l’idéalité des systèmes. Oui, les vrais principes sont là, et qui le méconnaît ?
Mais quand on voit les doctrines, non moins antisociales qu’antireligieuses, qui de toutes parts [s’infiltrent dans les populations, partout en butte au travail de sociétés agissant dans les ténèbres, et qu'on songe combien les degrés inférieurs tiennent, en Belgique, le Pouvoir entre leurs mains;
Quand le langage de la presse libérale tout entière est celui d’une lutte en permanence contre le catholicisme; qu’on écrit en toutes lettres qu’il faut l’étouffer dans la boue, et que des hommes politiques, haut placés, y applaudissent;
Quand tout ce qu’on voit, tout ce qu’on lit, met en évidence, comme la elarté’du jour, qu’il existe une entente pour arriver à cette fin ;
Que c’est le programme, solennellement inauguré, d’une école créée pour résumer en elle l’avenir par la réhabilitation des droits méconnus de la raison et de la dignité humaine ; quand cette école, placée sous le patronage de grandes administrations, l'est encore sous celui des organes du libéralisme, qui en est le fondateur, en même temps qu’il occupe le Pouvoir;
Quand une portion considérable de la jeunesse est irrésistiblement soustraite à l'instruction religieuse, et qu'ainsi prévaut, en /ait, la redoutable doctrine que l'enseignement peut se donuer sans cette instruction; quànd, pour couronner le système, on en impute l’odieux à ceux-là mêmes qui s'en affligent, alors qu’on ne fait que
suivre le précepte du professeur qui, après avoir proclamé la religion de la science, déclare ouvertement : que « l'éducation laïque, en suivant les progrès de la civilisation, n'a pas à s'inquiéter des conséquences qui résulteraient pour les croyances du libre épanouissement des facultés humaines; »
Quand on voit la charité, apanage du christianisme, bannie de la législation, et, pareille à un objet de rebut et de défiance, ignominieusement frappée d’incapacité légale :
Saurait-on comprendre l’impassibilité de ceux qui n’existent que pour la défense de ce qu’on 'attaque de tant de côtés et de tant de façons, et auxquels ce devoir incomble sousjpeine de responsabilité, et devant Dieu et devant les hommes?
Peut-on trouver étrange qu’ils s’émeuvent du système diffamatoire qui les poursuit, et qu’ils s’en émeuvent, non, certes, pour eux-mêmes, mais pour la cause dont ils sont les représentants?
Peut-on trouver étrange que ceux qui regardent cette cause comme la première des causes, s’en émeuvent à leur tour, et que ‘tous, s’unissant dans une défense commune, fassent entendre leurs protestations dans les comices électoraux ?
Mais le clergé a commencé, dit-on; il a provoquées lutte, quand aucun intérêt religieux n’était engagé.
Erreur : la provocation a sa date précise; elle eut lieu le jour où fut dénoncée à la nation, comme une parenthèse vide, toute une administration, enveloppée tout entière dans le même anathème.
La provocation date du jour fatal où a été proclamé le principe de l'exclusivisme libéral au Pouvoir, dès ce moment constitué, non en gouvernement, mais en ennemi.
Est-ce le clergé qui a provoqué le programme placé par le libéralisme en tête d’un enseignement où le catholicisme est proscrit sous la formule : La science pour la science, la raison par la raison, sans mandements, sans vieilles traditions, sans vieux dogmes, sans encycliques; pour qu’une foi inintelligente, qui réclame une soumission aveugle à des mystères, ne vienne point prendre la place de la raison, et pour opposer à la religion du servilisme le culte de la dignité humaine?
Le clergé a-t-il provoqué tout cela? Non, il l’a combattu, et s’il ne l’avait pas fait, il eût failli à son devoir. Il a vu l’ennemi faisant invasion, et lui, Vedette du catholicisme, il a jeté le cri d’alarme! Il a bien fait, et bien mérité de la patrie! il était dans son droit.
Mais est-il réel qu’il entre dans la pensée du clergé de s’interposer au milieu des luttes électorales, alors que rien ne l’y oblige.
et en vue de cette immixtion dans le domaine civil, dont on lui fait le fol etf antasque grief de nourrir le dessein?
Il faut en vérité que l’esprit puisse parfois comme se laisser frapper d’aveuglement, pour expliquer de telles méprises sur la position et la mission du clergé, et ne pas comprendre que son premier vœu soit de s’abstenir. Car qui sait mieux que lui la situation fausse dans laquelle toute intervention le place? Mieux que personne il connaît les défiances qu’elle inspire, les répulsions qu’elle rencontre, et certes, pour se mettre au-dessus de tels motifs d’abstention, lui faut-il les considérations d’une nécessité suprême; il faut le péril des intérêts dont la garde lui est confiée, et la conscience que l'inconvénient d'intervenir soit moindre que celui de se teiir à l’écart; il faut, en un mot, que ceux-là mêmes qui lui en font un crime, l’y contraignent par force majeure.
Telle est, parce qu’elle ne saurait être autre, la règle du prêtre belge, à quelque degré de hiérarchie qu’il appartienne. Qu’on le rende sans inquiétude à l’égard des choses dont il a à répondre; qu’il n’ait rien à redouter pour l’instruction religieuse d’une jeunesse qui viendrait à lui, si on ne l’entraînait dans une autre route ; qu'il ne se sente pas disputée, et comme arrachée, cette instruction, qui est de l’essence de son ministère , et il ne saura assez bénir ceux qui lui permettront de rester en dehors de quelques élections que ce puissent être.
Mais en est-il ainsi? Que chacun s’interroge et dise si, loin d’accuser le prêtre, il ne faudrait pas taxer de lâcheté celui qui verrait la guerre à outrance, dont il est le témoin, comme ne le concernant pas ; guerre souterraine, guerre au grand jour, guerre qui se poursuit avec toute la mise en scène que savent déployer les doctrines, qui l'assimilent au paganisme, en se proclamant elles-mêmes la gloire et la future splendeur de la Belgique moderne.
El qui n’a pu se convaincre par lui-même que les lumières du clergé belge sont égales à son patriotisme, et que si quelque chose les surpasse, c’est le dévouement aux devoirs; c’est l’abnégation qui ne connaît pas de bornes; c’est son infatigable ardeur de jour et de nuit, en dehors de tout autre intérêt que l’intérêt religieux?
Et cependant c’est là ce qui effraye; là ce qu’on appelle clérical; ce qui met en vertige des hommes d’État; ce qui tourne les plus fortes têtes; ce qui divise le pays; ce qui distrait des affaires; ce qui relègue celles-ci à l’arrière-plan ; ce qui livre, en un mot, la
- Si -
Belgique, pieds et poings liés, au système impossible d’un absurde exclusivisme !
Nous avons recherché ce que le libéralisme exclusif est en luimême et au Pouvoir; nous l’avons aualysé dans sa nature et dans les éléments dont il se compose; nous avons expliqué comment le système de l'exclusivisme établit entre ces éléments une indivisible solidarité; pour le faire connaître, nous avons reproduit le langage de ses organes, et par ce langage, comme par les doctrines qui se propagent sous ses auspices, en même temps qu’elles s’enseignent dans l’école dont il est le fondateur, nous avons constaté : que ne pouvant être au Pouvoir, que ce qu'il est dans lu solidarité de son essence exclusive, il est, non un Pouvoir impartial et neutre, mais l’ennemi déclaré de la religion du peuple belge; la lutte en permanence contre ce qui tient au culte et contre toute influence religieuse.
Sans doute, tels ne sont point les sentiments de tous ceux qui lui donnent leur concours, et nous l’avons démontré.
Mais tels sont les faits avec leur logique inflexible; tels sont les inévitables résultats de l'exclusivisme doctrinaire, transformant le Pouvoir en exclusivisme anticatholique, ou en adversaire hostile; nous l’avons également démontré.
Or est-ce là un Pouvoir selon notre Constitution? un Pouvoir selon l’esprit national? Les faits, auxquels seuls il appartient de parler, disent : que c'est là un non sens.
Mais, répond le libéralisme, un gouvernement théocratique, de par les Évêques, sous la suprématie du Cardinal-Archevêque de Malines, personnifié dans un ministère conservateur, ne serait pas plus rationnel, et le système qui assure l’indépendance du Pouvoir civil a pour lui le droit et la raison : il faut que César soit le maître chez lui, et il importe qu’il se tienne en garde contre des empiétements d'autant plus à craindre, que la Constitution, en assurant au clergé une position indépendante, en a fait une Puissance sans contrôle ni entrave, devant tout absorber, au moyen du suffrage électoral, si elle n'est arrêtée dans des tendances dont elle ne saurait elle-même se défendre.
Voilà bien, pensons-nous, l’objection dans toute son étendue.
C« qa>il ta PoiToir l« libértlUtnecxciauif.
Rétamé- 4e ce qui précède.
EtUte-t-il ru Belgique de» tendance» 1» I»
Théocratie?
f Dans le* questions religieuses mariner d*«ceord avec le Cler.
fé, eat - ce faire de la Théocratie?
Nous allons y répondre avec une précision égale à celle que nous avons mise à l’exposer.
Remarquons d’abord qu’on fait une confusion bizarre entre des qualifications qui n’ont rien de commun : catholique, clergé, conservateur, tout cela est aligné sur le même rang, comme s’ils ne faisaient qu'un seul et même tout.
Or, être catholique et être conservateur sont choses complètement différentes ; l’une dénomination est d’ordre civil et politique; l’autre ne l’est en aucune manière.
L’on peut être très-catholique sans qu’on soit conservateur, et il en serait ainsi par exemple, si.’ on professait des doctrines radicales.
Par contre, on peut être conservateur et ne pas être catholique, puisque ce mot désigne quiconque laisse aux influences religieuses leurs droits légitimes. Tout libéral, non exclusif, est, dans ce sens, conservateur.
Bien loin donc que la qualité de conservateur puisse faire naître l’idée d’une non séparation des Pouvoirs, elle en implique au contraire la démarcation, et, de plus, elle le fait en répudiant lVxclusivisme.
Comme tels, les conservateurs sont indépendants des Archevêques et Évêques; ils en sont aussi séparés que l’ordre spirituel l’est de l’ordre civil, et ils entendent être César, autant que des libéraux peuvent le prétendre; d’où il suit qu’il n’y a en eux ni personnification d’Archevêque deMalines, ni personnification de Catholicisme, puisque d’Archevéque ni de Catholicisme il n’est pas question.
Ramenée à sa formule la plus simple, l’argumentation qui précède se réduirait donc à ceci :
Que parce que la politique des conservateurs est de marcher d’accord avec le clergé dans les questions qui intéressent le culte, ils feraient abdication du principe de l’indépendance du Pouvoir civil.
L’étrangeté même de la conclusion nous dispenserait d’insister, et nous pourrions n’ajouter rien, si nous n’attachions de l’importance à entrer dans quelques considérations que nous désirons mettre en relief.
Oui, dirons-nous, les conservateurs regardent un Pouvoir théocratique comme aussi anormal,, comme aussi inconstitutionnel, comme aussi impossible, que celui de V exclusivisme libéral même, et, au nom delà vérité, ils protestent, que jamais l’idée d’un pareil Pouvoir ait existé en Belgique.
Les conservateurs ne veulent pas plus un Pouvoir clérical, attachant eette fois au mot son acception véritable, qu'ils ne veulent un Pouvoir entravant les influences religieuses ; ce qu'ils veulent, c'est un Pouvoir constitutionnel, un Pouvoir impartial, laissant aux influences religieuses les libertés qui sont de leur essence ; ce qu’ils veulent, c'est un Pouvoir qui proclame, en fait aussi bien qu’en droit, la liberté des opinions; qui la proclame, en fait, dans la répartition des fonctions publiques; qui la proclame pour les catholiques comme pour les libéraux; pour les hommes religieux comme pour ceux qui ne le sont pas; qui ne fasse, en un mot, aucune distinction de culte, là où le culte n'est pour rien.
Non, ni catholiques ni conservateurs ne veulent pour Gouvernants, pas plus indirects que directs, les Archevêque et Evêques ; mais ils entendent que l’autorité spirituelle soit respectée et libre dans sa sphère, de même qu’ils veulent, autant que qui que ce soit, rester maîtres dans le Pouvoir qu’ils représentent.
Et c'est un outrage, ajouterons nous, que faire passer les Archevêque et Evêques comme le voulant autrement.
Mais il fallait forger le monstre, sans quoi pas d'exclusivisme possible; il fallait surtout l’inventer hideux, et on doit rendre justice à qui de droit, l’on n’est point demeuré en-dessous de la tâche.