‹ Du lipomeChapitre 11 sur 13 · PRONOSTIC · texte numérisé non relu

PRONOSTIC

Cette affection par elle-même n’est pas grave, elle porte rarement atteinte à la santé générale. Rejetons l’idée de Roche et Sanson, qui pensent que quelquefois les lipomes épuisent les malades en attirant à eux une grande partie des matériaux de la nutrition.

C’est une affection incommodante, surtout quand les lipomes sont nombreux ou ont acquis un certain volume; le lipome est une affection disgracieuse quand il siège sur des parties habituellement découvertes , telles que la face, les épaules; enfin c’est une affection fâcheuse en ce sens qu’une opération est le seul moyen d’en débarrasser le malade , et que ces tumeurs sont peut-être susceptibles de dégénérescence. La forme pédiculée est moins grave que la forme non pédiculée ; car, dans le premier cas, l’opération à pratiquer est

presque insignifiante, quel que soit le volume de la tumeur; dans le second cas, la cicatrisation sera d’autant plus longue à se faire, les accidents consécutifs d’autant plus à redouter, que la plaie aura une étendue plus grande.

Le lipome peut-il guérir spontanément? Pour M. Velpeau, le lipome pourrait se résoudre sous l’influence de quelques grandes perturbations organiques; pour M. Cruveilhier, au contraire, la résolution spontanée ou artificielle des lipomes serait impossible.

ÉTIOLOGIE.

On connaît fort peu de chose sur l’étiologie de celte affection, sa cause prochaine nous est tout à fait inconnue : on ne croit plus à l’oblitération des canaux excréteurs de la graisse, ni au relâchement de la peau, ni à la perle de cohésion et de résistance des vésicules adipeuses (Morgagni).

Quant aux constitutions, toutes y sont également sujettes , les constitutions fortes comme les faibles. La plus ou moins grande abondance de tissu cellulo-adipeux n’a aucune influence sur l’apparition de ces tumeurs, car souvent on les observe chez des individus chétifs et amaigris; le grand nombre de tumeurs graisseuses rencontrées chez certains individus permet de croire à une véritajl ble diathèse qui a présidé à leur développement.

Les auteurs s’accordent généralement à atîr.buer une certaine influence, sur l’apparition des lipomes, à une pression forte et prolongée. On a cité, chez des militaires, des exemples de lipomes dus au I serrement exercé par le col de la cravate; on en a trouvé fréquemment, chez les porte-faix, dans les points où le fardeau qu’ils sont ha; fl bitués à porter exerce la plus forte pression. Chez un grand nombre d'individus-, on en a trouvé au niveau de la crête occipitale. Il dans les points correspondant à la pression exercée par le chapeau; il en sera de même pour la région frontale.

S. Cooper a enlevé plusieurs de ces tumeurs développées à la partie supérieure du deltoïde et dues à la compression exercée par les

vêtements.

Nous savons que par le fait de pressions répétées, il se développe aussi dans le tissu cellulaire de petites bourses appelées bourses séreuses ; n’y aurait-il pas quelque analogie entre le développement de ces bourses séreuses et les lipomes? Les lipomes ne se développeraient-ils pas sous l’induence des pressions sans frottement, tandis que les bourses séreuses se développeraient sous l'influence des pressions avec frottement.

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