‹ Du lit plâtré: Dans le traitement du mal de PottChapitre 10 sur 34 · PE AS · texte numérisé non relu

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que tous les moyens qui ont pour résultat d'enrayer la marche envahissante des tubercules osseux, diminuent ces contractures musculaires réflexes qui sont sous la dépendance des lésions irritatives.

Nous décrirons plus loin, avec la symptomatologie, la marche, les formes de la gibbosité dans les différentes régions de la colonne vertébrale, ainsi que les déformations secondaires qui en sont la conséquence. £

Lésions de voisinage. — Consécutivement aux lésions osseuses que nous venons d'étudier, les tissus et organes voisins ne tardent pas à subir de profondes modifications.

La moelle épinière suit toutes les déformations du canal rachidien, sans présenter toujours des altérations en rapport avec les déviations et la colonne vertébrale; il arrive quelquefois de rencontrer une moelle intacte avec des lésions osseuses graves, mais la propagation de l'inflammation articulaire à la moelle est fréquente. Les lésions observées sont, tantôt une myélite plus ou moins aiguë, tantôt au contraire un ramollissement de la substance médullaire , peut-être ne sont-ce là que deux stades successifs d'un même processus. Le ramollissement est ordinairement limité au point comprimé, néanmoins quelquefois les régions voisines sont envahies, Dans les cas anciens, la moelle est souvent dure et d'apparence fibreuse, le reticulum fibrillaire interstitiel s’épaissit, les tubes nerveux sont isolés les uns des autres par la prolifération de la névroglie, et les cellules nerveuses sont atrophiées. Les cordons blancs et la substance grise sont altérés, la myélite est transverse.

Mais à quelle cause attribuer les symptômes nerveux observés? Est-ce à la compression mécanique où à l'inflam-

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mation de voisinage? Charcot et Michaud, Cornil et Bouchard, se basant sur le défaut de corrélation entre les désordres osseux et médullaires, rapportent à l’inflammation la plupart des symptômes nerveux. Cependant on peut admettre, surtout dans les cas d’affaissement subit de la colonne vertébrale, que la compression peut jouer un rôle important dans l'apparition des phénomènes nerveux. Et, du reste, est-il nécessaire pour qu'il y ait compression, que le rachis présente une difformation appréciable extérieurement ? La moelle peut être intéressée par un séquestre, un épanchement sanguin, une collection purulente proëminant à l'intérieur du canal, et, comment expliquer la disparition des paralysies consécutive à l'ouverture des abcès, si ce n'est par la compression, Il semble bien y avoir-là une relation de cause à effet.

A la suite des altérations médullaires, on observe bientôt des dégénérations secondaires ascendantes ou descendantes pour les faisceaux blancs seulement, les cornes grises ne subissent pas de dégénération. Ces lésions secondaires sont en rapport avec les centres trophiques des différents faisceaux. Îl existe une sclérose ascendante des cordons postérieurs et au-dessous une sclérose descendante des cordons latéraux. :

Parmi les lésions méningées, les unes sont purement inflammatoires, les autres sont de nature tuberculeuse. Les lésions apparaissent d'abord sur la face externe de la duremère, dans les points qui sont en rapport avec le produit pathologique d’origine osseuse. La dure-mère s’'épaissit, le pus Caséeux se met en contact avec sa face externe, l’irrite et y détermine la formation de plaques végétantes (pachy-

méningite externe caséo-tuberculeuse). Rarement le processus inflammatoire retentit jusque sur la face interne de .Ja dure-mère, mais il peut. amener la formation de petits abcès dans l'épaisseur de cette membrane. Il résulte de cette pachyméningite une compression -plus ou moins accentuée qui peut même aboutir à un étranglement complet de la moelle,

Les lésions extra-rachidiennes les plus constantes sont les lésions nerveuses : par suite de la compression soit de la part des os, soit de la part des abcès, ou plus souvent encore par suite de la propagation de l'inflammation des méninges, on observe communément de la périnévrite, de la névrite interstitielle et parenchymateuse. Les troncs nerveux, les racines antérieures et postérieures sont atrophiés ; les troubles trophiques dans le domaine de certains nerfs sont assez fréquents,

. Les altérations ganglionnaires, consécutives au mal de Pott, se rencontrent souvent. Certains auteurs ont admis . qu’il s'agissait là d’une lésion d'ordre purement inflamma- toire; mais des . recherches récentes ont montré qu’on se trouvait en présence de ganglions tuberculeux à divers de- grés de développement. Lorsque ces ganglions arrivent à Ja période de suppuration, ils suivent la même évolution que les abcès froids.

+ -Les muscles participent également aux lésions des organes qui les environnent, leur irritabilité diminue, la con- tractilité élecirique disparaît -par suite d’une modification , grave dans leur structure : dégénérescence fibreuse ou grais- seuse.

Il nous reste à étudier les abcès par congestion, Ce

sont des abcès ossifluents qui empruntent des caractères spéciaux à l'affection qui nous occupe. On peut leur décrire quatre périodes : de début, d’accroissement et de migration, d'état, d'évacuation, Tous ces abcès ne suivent pas fatalement cette évolution, leur marche peut s'arrêter, leur contenu se résorber. Le foyer purulent débute au niveau de la lésion osseuse, il est constitué par les produits de secrétion de la membrane fongueuse qui tapisse le foyer tuberculeux. La paroi de l’abcès est formée par le périoste et les ligaments épaissis.

Denonvilliers rapporte à trois les conditions nécessaires à la production de ces abcès, ce sont :

1° Un obstacle à la réunion du pus dans le point qui l’a fourni ; |

2° Un transport facile du pus dans un point déclive ;

3° Une secrétion lente et continue du pus.

Toutes ces conditions se trouvent réunies à la colonne vertébrale dans les cas de mal de Pott.

Le pus, incessamment secrété par la lésion osseuse, exerce son action destructive sur les organes et les tissus environ- . nants. Arrêté en arrière par les apophyses transverses et les lames fibreuses, bridé en avant par le ligament vertébral antérieur qui ne se laisse pas distendre, le pus se collecte sur les côtés. du rachis; il forme même parfois deux abcès qui marchent parallèlement l’un à l’autre. Les lois de la progression du pus ont été diversement formulées. ertains auteurs ont prétendu que les abcès suivaient dans leur migration le trajet des vaisseaux, des nerfs, ou encore les muscles. [l n’y a en réalité qu'une seule loi à la progression du pus : c’est la pesanteur, Mais il est évident que si

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l’'abcès éprouve une résistance invincible dans sa partie

déclive, le pus continuant de s’accumuler en arrière de

l'obstacle se fera jour dans les points où il trouvera en quelque sorte une voie toute tracée. Arrivées au terme de leur migration, ces collections purulentes restent un certain temps stationnaires sans faire subir à la peau des modifications appréciables ; aussi, peut-on sentir la fluctuation longtemps avant l'apparition des phénomènes inflammatoires. À cette période le pus se résorbe rarement et tôt

ou tard la peau s'amincit, rougit, finit par s’ulcérer, et

la poche donne issue à un pus floconneux, caséeux, mé-

langé de séquestres, de lambeaux de tissu cellulaire sphacélé dans lequel on peut trouver le bacille tuberculeux, Mais telle n'est pas la marche fatale des abcès, le pus peut

se résorber ; cette terminaison favorable n’est même pas si

rare qu'on a de la tendance à le croire généralement,

Nous ñe parlerons pas des autres altérations concomitantes qui évoluent sous l'influence de la diathèse, elles

-n’ont rien de spécial au mal de Pott; ce sont, soit des tuber- .cules du poumon, du réin, du foie, de la rate, soit la dégé- .nérescence graisseuse où amyloide de ces viscères.

Guérison, — Examinons maintenant par quel mécanisme se fait la guérison des lésions que nous venons de passer en revue. Quand la terminaison de la maladie doit être favorable, en même temps que l’on constate la disparition des

symptômes principaux.et, particulièrement de la douleur,

la réparation des lésions osseuses se fait. Klle diffère sui-

vant les cas, S'il s'agit d’une simple érosion superficielle,

- des lames de tissu compact fourni par le périoste et les tissus fibreux voisins arrivent à combler la perte de substance

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sans qu'il se produise une déformation bien marquée. L'abcès, s’il existe, disparaît, soit par évacuation deson contenu, soit par résorption, ses parois se rétractent et deviennent fibreuses. Dans quelques cas on observe des kystes séreux qui peuvent persister indéfiniment. Si, au contraire, la lésion affecte la forme caverneuse, la partie supérieure de la colonne vertébrale s’affaisse en formant avec la partie inférieure un angle saillant en arrière, puis les portions osseuses, mises en contact, se soudent, et le malade guérit à l’aide de la gibbosité qui s’est ainsi produite. Cependant la cavité ne se comble pas toujours ou, du moins, né se comble qu'incomplètement ; la réparation se fait alors à l’aide de jetées osseuses périphériques qui rétablissent la continuité de la tige rachidienne.

La guérison survient donc le plus généralement par ankylose des articulations atteintes, elle est possible à toutes les périodes de la maladie, même après suppuration et destruction de surfaces. osseuses importantes. Ce résultat est

surtout obtenu lorsque les malades sont immobilisés dès le

début de l'affection et que les lésions sont peu accusées. L'âge du sujet influe d’une façon évidente sur la guérison, aussi Pott qui observait surtout des adultes, ne croyait pas | à la possibilité de la réparation, c’est qu'en effet, elle est relativement rare chez eux ; chez l'enfant, au contraire, la cicatrisation de la plaie osseuse ou la constitution d’un cal ‘solide qui s'oppose à un effondrement total, s’observe souvent.

Si la réparation osseuse est fréquente et admise par tous

les chirurgiens, il n’en est pas de même pour la régénération des éléments de la moelle, Les avis des physiologistes

La un des fonctions de la moelle de ar régénération es ses SR Mais Hapien

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