‹ Du lit plâtré: Dans le traitement du mal de PottChapitre 11 sur 34 · CHAPITRE IT · texte numérisé non relu

CHAPITRE IT

SYMPTOMATOLOGIE.

Les symptômes du mal de Pottsont extrémement variables suivant les diverses formes et périodes de l'affection. Nous allons suivre autant que possible l’ordre dans lequel

cils apparaissent généralement. Hâtons-nous toutefois de

dire quelles trois principaux symptômes, les gibbosités, les paralysies, les abcès par congestion ne se trouvent pas toujours réunis chez le même individu et les observations où

‘un et plusieurs de ces symptômes peuvent manquer sont assez fréquentes.

Douleur, — Les troubles de la sensibilité débutent généralement les premiers; ils manquent rarement. Dans les récions atteintes, la douleur suit la direction des plexus nerveux qui en émanent. Ce sont des irradiations sur le plexus cervical, brachial, lombo-sacré ; une des plus remarquables et des plus fréquentes est la douleur en ceinture, comparée par Nélaton « à la sensation douloureuse que produirait un coup de fouet enveloppant la base de la poitrine ou la partie supérieure de l'abdomen. » D’autres fois ces douleurs consistent en une sensation de pesanteur, de constriction, de brülure. Lorsqu'elles siègent sur les membres inférieurs, elles affectent la forme d’une sciatique

- double ou d’élancements analogues aux douleurs fuleurantes du tabes, |

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L’intensité de la douleur varie beaucoup suivant les sujets : chez les uns, peu accentuée spontanément, elle est sourde et profonde, chez d’autres au contraire elle revêt le caractère de névralgie intense et rebelle qui exaspère le malade; mais dans tous les cas elle s’exagère par la pression, la percussion, le contact d’un corps chaud, le mouvement, Le repos exerce toujours sur elle une action sédative. La. douleur est en quelque sorte en rapport avec l’activité de la maladie ; dès que les altérations sont produites, elle a de la tendance à diminuer et à disparaître.

Gibbostté. — Les gibbosités apparaissent ordinairement quelques mois après la douleur. Elles se forment de deux façons différentes, progressivement ou brusquement.

- Dans le premier cas, la colonne s’infléchit d’une manière lente, graduelle, peu à peu les apophyses épineuses devien: nent saillantes, la gibhosité met plusieurs mois et même une année à se produire; cette inflexion se rattache à la formation de l’angle rentrant signalé dans l’anatomie pathologique. Dans le deuxième cas, tout à fait exceptionnel, à la suite d’un effort, d’un mouvement brusque, la colonne vertébrale se coude tout à coup, la gibbosité est instantanée ; il en est ainsi lorsqu'un foyer tuberculeux a miné le corps d’une ou de plusieurs vertèbres, celles-ci réduites à une coque, s’affaisent tout à coup. Comme exemple, nous rappellerons l’histoire de ce jeune garçon vu par Nélaton. La gibbosité s'était produite instantanément, au moment où il montait un escalier, portant à chaque main un broc très lourd plein de vin. Tel encore le cas rapporté par Tillaux à la Société de Chirurgie, d'un malade chez lequel une chute provoqua une

incurvation instantanée de la colonne vertébrale et qui mou-

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rut le lendemain. Enfin, il est des malades qui suécombent sans que leur colonne ait présenté la moindre inflexion; il s'agit alors d’une infiltration tuberculeuse ou d’une carie - sans perte de substance, d’une ostéite.

La gibbosité présente plusieurs variétés suivant l’étendue et le siège de la lésion. En général, comme nous l’avons dit plus haut, la gibbosité tuberculeuse est postérieure et médiane, angulaire ou arrondie. La forme angulaire se montre surtout dans les gibbosités à formation rapide, mais on peut aussi l’observer dans la gibbosité commune, à formation lente. Une seule vertèbre peut proéminer, la colonne vertébrale conservant au-dessus et au-dessous sa rectitude ou décrivant une courbe anormale plus ou moins accentuée, Lorsque plusieurs vertèbres sont atteintes, la gibbosité peut être plus ou moins arrondie, régulièrement convexe mais non angulaire, Si l’inflexion et l’affaissement du rachis sont très prononcés, la gibbosité est encore arrondie, mais sa courbure est surajoutée à l’angle produit par la rencontre des tronçons; elle a la forme d'une anse dont les origines sont plus rapprochées que les côtés de l’anse elle-même (Lannelongue). Enfin, dans quelques cas de lésions destructives très avancées, la gibbosité est formée par une vaste courbure médiane antero-postérieure, comprenant presque toute l'étendue de la colonne vertébrale,

La gibbosité est moins fréquente à la région cervicale . qu'aux régions dorsale et lombaire. Lorsqu'elle siège à la partie supérieure du cou (mal sous-occipilal), elle a généralement pour cause le glissement des masses latérales de l’atlas sur l’axis, la tête est alors fortement fléchie et le menton peut arriver au contact du sternum.

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