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s'opérer sans apporter dans l'attitude de l'individu des changements importants. Boyer les a exposés avecla plus grande exactitude, « Lorsque la déformation augmente, dit-il, la partie supérieure du tronc est déjetée de plus en plus en avant, et le coucher, la station, la marche, etc., devienent remarquables et caractéristiques ; le décubitus a lieu de plus sur les côtés. Dans la station, les jambes sont légèrement fléchies, le col fortement étendu et la face tournée en haut, en sorte que la nuque repose entre les épaules, que ces dernières paraissent plus élevées et la région cervicale plus courte. Ces derniers phénomènes sont remarquables surtout quand la déformation occupe la partie supérieure du dos; dans la progression les extrémités inférieures se déplacent suivant des lignes plus rapprochées, en sorte que le corps est moins ballotté de l’une à l’autre; ses mouvevements s'opèrent avec lenteur et précaution, le tronc n’est point équilibré par le balancement alternatif des extrémités supérieures, ces membres restent parallèles au tronc; à une époque plus avancée et lorsque ladéformation est plus considérable, le malade appuieles mains sur le haut des cuisses, en sorte que les extrémités supérieures prêtent un point d'appui à la partie supérieure du tronc, et le soutiennent cn avant. Les malades évitent les occasions d'augmenter la flexion du tronc en avant; pour s’asseoir, ils appuient les deux mains sur leurs cuisses et la flexion a lieu seulement dans les articulations ileo-fémorales. Pour ramasser quelque chose à terre, ils écartent les extrémités inférieures, fléchissént les jambes et les cuisses, soutiennent le haut du tronc, en appuyant une main sur la face antérieure de la
cuisse correspondante et saisissent l'objet à côté d'eux ou
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entre leurs genoux, mais jamais devant eux. La faiblesse dés extrémités inférieures augmente, leur élévation alternative dans la progression n’a lieu que d’une inanière incomplète ; la pointe du pied reste basse, les malades trébuchent ct tombent, sans qu'il y ait des obstacles sous leur pas, les jambes se croisent et s'embarrassent en marchant; bientôt ils ne peuvent se soutenir sans un secours étranger, enfin la marche et la station deviennent impossibles. »
Troubles nerveux. — Les troubles nérveux apparaissent tantôt dès le début de l'affection, tantôt au contraire à une période avancée de la maladie, parfois même ils font complètement défaut. [ls portent surtout sur la sensibilité et la motilité,
Les troubles sensitifs consistent, outre-les douleurs que nous avons décrites au début de ce chapitre, en fourmillements, douleurs fulgurantes, engourdisssement. La sensibilité peut être modifiée ou abolie dans ses modalités principales ‘ tact, sensibilité à la température, à la douleur. Flle est toujours moins altérée que le mouvement.
Les troubles paralytiques varient d'intensité depuis la simple gêne des mouvements et la parésié, jusqu'à la paralysie complète. La paraplègie peut survenir tout d’un coup, elle coïncide en ce cas avec la production instantanée de la gibbosité, parfois son développement est encore rapide et se fait en quelques jours, mais ordinairement le début de la paralysie est lent et insidieux. L'enfant se fatigue promptement, 1l trébuche, ses genoux plient sous lui et il arrive à ne plus marcher. |
La paralysie est flasque et peut persister ainsi indéfini-
ment, mais d'habitude elle s'accompagne de contractures,
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de secousses convulsives (épilepsie spinale), et plus tard d'atrophie. Le malade éprouve des spasmes, des crampes douloureuses, des contractures qui finissent souvent par entrainer la flexion permanente des membres inférieurs. L’arthralgie, ou l'arthrite d'ordre trophique, à été quelfois observée,
Ces divers troubles sont la conséquence soit de la myélite, soit de la pachyméningite, soit de la compression médullaire, etc., que nous avons étudiées à l’anatomie-pathologique.
Dans le mal de Pott sous-occipital on observe des phénomènes de compression bulbaire suivie de mort subite, la paraplégie complète, la monoplégie brachiale. Dans le mal de Pott cervico-dorsal on note des contractures douloureuses des muscles cervicaux, des douleurs irradiées aux plexus nerveux de la région atteinte, la paralysie des membres supérieurs ou des quatres membres, etc. Dans le mal de Pott dorso-lombaire, les douleurs rachidiennes sont localisées ou s’irradient autour de l’abdomen et dans le domaine du sciatique et du crural. La paralysie cst rare, mais les troubles de l'appareil urinaire et du rectum s’observent assez communément.
Abcès par congestion. — A la suite des gibbosités et des divers troubles nerveux que nous venons d'étudier, on voitsouvent apparaître les abcès par congestion. Nous avons suivi, en décrivant l'anatomie pathologique, leur évolution, nous n'y reviendrons pas, nous nous en occuperons 1Ci uniquement qu’au point de vue symptomatologique. Leur apparition est en général tardive, néanmoins des observations ontété citées dans lesquellés des abcès ossifluents ont apparu
comme un symptôme précoce alors que ni la douleur, ni l'attitude vicieuse, ni la déformation n’avaient pu faire soupçonner l'affection.
Dans le mal de Pott des vertèbres cervicales les abcès peuvent se collecter dans le creux sus-claviculaire où même dans le creux de l’aisselle, mais ils affectent souvent la forme d'abcès retro-pharyngiens.
Les abcès des vertèbres dorsales ee le médiastin postérieur et traversent le diaphragme pour suivre le muscle psoas; tantôt, après avoir franchi l’arcade crurale ils viennent former une tumeur snr la partie antérieure de la cuisse, tantôt ils s'échappent par l’échancrure sciatique, soulèvent le bord inférieur du grand fessier et descendent sur la face postérieure de la cuisse. Rarement ils apparaissent dans la région postérieure du thorax.
Les abcès de la région lombaire et du sacrum ne se montrer dans la région pelvienne, au niveau des faces antérieure et postérieure du bassin ei des cuisses,
Leur apparition est quelquefois brusque, mais habituellement leur marche est lentement progressive. Ils se présentent sous forme d'une tumeur fluctuante, sans rougeur, sans douleur, sans chaleur, sans adhérence à la peau. Réductibles sous l’influence d’une pression, de la position horizontale, ils augmentent par la toux, la station verticale. Ils peuvent rester longtemps stationnaires, où du moins augmenter lentement de volume, sans que la santé générale en souffre trop. Mais au bout d’un certain temps, ils finissent par s'ouvrir spontanément donnant des fistules intarissables ou des inflammations septiques graves auxquelles les malades succombent le plus souvent. Toutefois
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l'ouverture de ces abcès n’est pas fatalement mortelle et, comme nous l’avons dit plus haut, le pus peut se résorber et la guérison survenir parce mécanisme. D’après Bouvier, ce fait n’est pas très rare chez les enfants.
Symptômes généraux. — Les symptômes généraux sont
aussi bien sous la dépendance des lésions concomitantes qui accompagnent fréquemment le mal de Pott, que sous celle des altérations rachidiennes. L’inappétence, les douleurs intestinales, la diarrhée ou la constipation, les accès de chaleur et de fièvre, l’insomnie, les cauchemars, l’anémie, ‘ja présence d’albumine dans les urines, tel est le résumé “des symptômes généraux observés.
Quelques sujets guérissent sans suppuration et avec une gibbosité peu prononcée. Mais les accidents ne sont pas “rares, Quand la mort survient, elle est causée par la tuberculose généralisée où d’un viscère important, par la néphrite, par les phénomènes paralytiques,'par la 'septicémie à. la
suite de l’ouverture des abcès ou par l'érosion de vaisseaux
importants.