Bourses du travail, p. 85 et 8a iv
leur vient point efficacement en aide, ils ont recours à des entreprises spéciales telles que la Pinkerlon Society, aux Etats-Unis. La grève de Homestaed offre le spécimen le plus complet de cette lutte poussée, des deux côtés, à un point extrême. »
III. Nous venons de voir que d'une part les patrons et d'autre parties ouvriers s'attachent à améliorer la condition de l'ouvrier, sans parvenir ni les uns ni les autres à un résultat pleinement satisfaisant.
Il arrive parfois aussi que patrons et ouvriers unissent leurs efforts et forment des associations mixtes de patrons et d'ouvriers appartenant à la même profession.
Les syndicats mixtes ont une haute portée sociale, puisqu'ils réalisent l'union tant rêvée du capital et du travail, et cependant ils ne se développent pas. Ainsi, il n'existe guère en France d'autres syndicats mixtes que les « corporations chrétiennes, créées par l'œuvre des cercles catholiques d'ouvriers et dans lesquelles on n'est admis qu'en faisant profession de foi catholique.» Il n'y avait au 1" juillet 1893 que 173 syndicats mixtes dans toute la France M
M. Claudio Jannet, grand partisan des syndicats mixtes, constate lui-même que le mouvement général des esprits ne porte pas au développement de cette institution 2.
D'ailleurs ne faut-il pas attribuer le peu de développement des associations mixtes à cette circonstance que la petite industrie tend à disparaître; car l'union mixte est précisément la forme d'association de la petite industrie ^
Au surplus il ne faudrait pas croire que la constitution de syndicats mixtes' soit indispensable pour que la bonne harmonie ne cesse de régner entre patrons et ouvriers de la môme profession. Les syndicats ouvriers ne sont pas toujours en état d'hostilité avec les patrons.