Renkin, op. cit., p
3. Voir notammeut les statistîqaes officielles citées par M. Mayer, La surproduction internationale, dans rAssociation catholique, XVII, p. 472.
4. lienkin, op. cii.^ p. 46 et suiv. — Delecroix, Le contrat de travail, Revue de la législation des mines, 18S5, p. 73; — Jeans (Victorine), Effets de la législation sur les fabriques en Angle terre. Revue d'économie politique, VI, (1S92), p. 55 et i38. M"o Jeans écrit notamment à la page 65 : « U serait tout à fait inutile de perdre son temps à démontrer un fait aussi évident, à savoir que l'industrie anglaise a eu un épanouissement merveilleux précisément dans les vingt années qui ont suivi la promulgation des lois sur les fabriques. > — Brentano, Les rapports entre le salaire, la Journée de travail et sa productivité, Rev. d'écon. polit., VII» (1893), p. 273. — Voir aussi les résultats des essais d'application de la
Toutefois, poar qu'il en 80Ît aiosî, pour que la limitalioc de la journée de travail ne réduise pus la produclivité de l'industrie el en môme temps la capacité de concurrence du pays, il faut que le législateur se montre plein de prudence et de circonspection dans l'application du principe si juste de la limitation des heures de travail; il doit procéder par étapes, cap une transformation trop brusque nuirait à l'industrie sans profiter au travailleur. On ne saurait trop se garder notamment de formules absolues que leur uniformité etleursimplicité apparente rendent séduisantes, mais que la grande diversité des travaux industnels condamne irrémi^diablementi.
Nous croyons en avoirdit assez pour repousser les objec- UoDs formulées par l'école économique orthodoxe contre la réglementation légale du travail. Nous ne saurions mieux résumer notre opinion sur ce point, qu'en reproduisant ces paroles du Cardinal Manning, ai profondément empreintes d'uD seDlimenl d'humanité et de morale sociale :
Si le but suprême de la vie est de' multiplier des mètres de toile et de coton tissés, si la gloire de l'Angleterre consiste à en produire indéfiniment au plus baspnx, afin de les revendre à toutes les nations, résignons -nous. Maïs si la vie privée d'un peuple doit être le principe vital, si la paix, la pureté du foyer, l'éducation des enfants, le devoir des épouses et des mères, ceux des maris et des pères doivent être inscrits dans les lois naturelles de l'humanité ; et si ces choses sont sacrées au point de dominer la valeur de tout ce qui peut être vendu au marché, je répète que les heures de travail, résultant de la force et de l'adresse de
JDiiDée de huit heures eu Angleterre et dans les lissages de la MorsTJe, diai l'Eipoaê de motifs de M. Edouard Vaillant, du" 27 octobre 1S91; Doc. Ch , 1S04, sesa. eitr., n' 933, p. U25. — Contra : Paul Boilley, La ttgisl. inttm.du travail, Paria 1892.
1. En ce qui concerDe rittablissemeiit de la journée de S heures en loot temps, en tout lieu et pour tout travail, voyez, par exemple, les râtelions si jaetes de MM. Charles Gide et Maurice Lambert, dans la BsToe d'économie poliUqoe, V1I1 (1S94), p. 590.
DO LOIUAOE SB SBRTICBB. 6
rhomme^ conduiront à la destruction de la vie domestique, à l'abandon des enfants, aideront à transformer les épouses et les mères en machines vivantes et à transformer les pères etles maris... oserai-je le dire?... en botes de somme ! qui se lèvent avant le soleil et rentrent au logis lorsqu'il se couche, exténués, à peine capables de prendre leur nourriture. Je déclare que la vie domestique est atteinte dans son existence et que nous ne pouvons^descendre cette pente... *»
Il y a un demi-siècle que les classes ouvrières réclament avec persistance la limitation de la journée de travail des adultes.
En 1866, le Congrès de Genève déclare que la limitation de la journée de travail est la condition préalable sans laquelle tous les efforts en vue de Témancipation doivent échouer. La même année le Congrès de Baltimore réclame une loi fixant à 8 heures la durée du travail journalier dans tous les Etats de TUnion américaine.
L'exemple des Congrès de Genève et de Baltimore a été suivi par toutes les associations ouvrières. Dans ce concert unanime du parti ouvrier international réclamant la journée légale de 8 heures, il y avait cependant jusque dans ces derniers temps une voix discordante, celle des Trade-unions^ qui repoussait la réglementation par l'Etat du travail des adultes.
L'opposition des Trade-unions à la réglementation légale du travail des adultes s'explique par cette considération que, grâce à leur puissance, les unions anglaises parvenaient, sans l'intervention du gouvernement, à enrayer le surtravail. C'est ainsi que, pour ne citer qu'un exemple, dans les comtés de Durham et de Northumberland, l'action des Trade-unions est parvenue à réduire la durée du travail dans les mines à 7 heures par jour 2.
Cependant les Trade-unions n'ont plus aujourd'hui la
i. Van Overbergh, Les inspecteurs du travail, p. 22. 2. Howel, Le passé et Vavenir des Trade-unions, p. 172.
même confiance en elles-mêmes; aux Congrès de Liverpool en 1890 et de Newcastle en 1891, elles se sont ralliées elles aussi au principe de la journée légale de '8 heures ^ Depuis lors elles sont restées fidèles à ce principe et c'est par 256 voix contre 5, que le dernier congrès des Trade-unions, réuni à Norwich en septembre 1894, a invité le gouvernement à décréter la semaine de 48 heures ^.
De leur côté les patrons, effrayés des conséquences désastreuses du surtravail sur la population ouvrière, demandent l'intervention de TEtat, sans cependant adopter la formule utopique des trois-huit. Ils reconnaissent que, vu la concurrence, leur initiative privée est impuissante à enrayer le surtravail, et qu'en conséquence, une loicoërcitive est nécessaire.^.
Quoi qu'il en ^soit^ les pays qui possèdent une loi réglementant le travail des ouvriers adultes, sont relativement peu nombreux.
Chacun sait qu*en France la législation sur cette matière est due aux événements politiques de 1848 *. Un décret du Gouvernement provisoire du 2 mars 1848 fixait la journée