I. Bourses du travail, p. X et p. là
ne saurait trop encourager les applications particulières souvent heureuses qui ont été faites de ces formes de rémunération du travail. Mais d'autre part, nous est avis que, si Vextension des systèmes de la participation aux bénéfices et de la coopération est possible et désirable, des obstacles insurmontables s*opposent à leur généralisation.
Pour ce qui est de laparticipation aux bénéfices, M. Bôhmert ^ ne cite pas moins de 49 objections à Fapplication de ce système, et il conclut des nombreuses expériences qui ont été faites, « qu'on ne doit pas considérer le système de la participation comme une innovation toujours bienfaisante, comme un remède universel contre le mal social, ou comme la conséquence absolue des progrès de la justice, mais bien comme une méthode de rémunération dont l'efficacité s*est souvent confirmée et qui, chaque fois que la nature de l'exploitation comporte son application, peut être utile à la fois aux intérêts de l'entreprise et à ceux des ouvriers ». Remarquons d'ailleurs que la participation aux bénéfices, loin de supprimer le salariat, vient s'ajouter à lui : c'est, comme l'a dit fort spirituellement M. Paul Leroy-Beaulieu, un condiment du salariat.
Quant au système de la coopération, Texpérience nous apprend également qu'il ne se dispose en aucune façon à étouffer le salariat. Tout récemment encore, M. Ch.Oide ne nous a-t-il pas exposé lumineusement les nombreux obstacles au développement des sociétés coopératives * ? La difficulté de trouver un gérant dévoué, intelligent, actif et n'éveillant pas les défiances et les jalousies des associés, n'est-elle pas un écueil contre lequel sont venues échouer de nombreuses sociétés coopératives? Au surplus les coopératives de production, dont le nombre s'accroît cependant sensiblement ^, appliquent elles-mêmes le système du salariat : dès que leurs affaires s'étendent, elles ne se bornent