BÔhmert, op. cit, p
au prorata des sommes qui y sont déjà respectivement inscrites *.
Cette manière de procéder ne saurait être approuvée, parce qu'elle vincule singulièrement l'indépendance de l'ouvrier en aggravant pour lui les conséquences de la résolution de son engagement. D ne faut pas que les parts de bénéfices réservées par le patron puissent être considérées comme un cautionnement que celui-ci retient pour se garantir contre toute velléité d'indépendance delà part de ses ouvriers *.
Cet inconvénient du système de la participation h jouissance différée disparaît, lorsque les sommes réservées et capitalisées au profit des ouvriers leur sont remises en cas de départ ou de renvoi, ou mieux encore, lorsque ces sommes, versées dans des caisses de prévoyance, sont inscrites au nom de chaque ouvrier sur des livrets individuels, sans déchéance pour l'ouvrier en cas de départ.
Il arrive fréquemment que les deux modes de payement dont nous venons de parler, savoir : le payement comptant et la jouissance différée, se trouvent combinés, en ce sens que les parts de bénéfices sont en partie payées comptant et en partie réservées, ou bien que l'option est laissée à l'ouvrier entre la jouissance immédiate et la capitalisation des parts de bénéfices qui lui sont attribuées.
Parfois aussi il est prélevé, avant toute répartition des bénéfices, une somme destinée à constituer un fonds d'amortissement et de réserve. Gomme ce fonds de réserve sert à couvrir les pertes des mauvaises années, cette combinaison a pour effet de faire participer le personnel indirectement aux pertes comme aux bénéfices. Ce système est appliqué notamment par la maison Billon et Isaac de Saint-Jean, près Genève ^