‹ Du louage de services ou contrat de travail: étude sur les rapportsChapitre 5 sur 171 · X AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

X AVANT-PROPOS

lions juridiques entre patron et ouvrier* D'ailleurs, — je ne saurais trop le répéter, — les pages qu'on va lire contir^nnent Texposé de ce qui est et non de ce qui devrait être. Mais il va sans dire que» du rapprochement des dilFérents systèmes réalisés ou proposés dans la plupart des pays civilisés, la conclusion jaillit presque toujours d'elle-même.

Fréquemment j*ai été amené à exposer et à discuter la manière dont les tribunaux interprètent et appliquent les dispositions législatives qui régissent le louage de services, et l'on s'étonnera peut-être de me voir combattre une tendance de la jurisprudence, qui semble inspirée par les plus louables sentiments. L'insuffisance des dispositions législatives, régissant actuellement les rapports juridiques entre patrons et ouvriers, est notoire. Dès lors la plupart des tribunaux considèrent qu'il est de leur devoir, non seulement de combler les lacunes de la loi, mais même de modifier et de rectifier les principes généraux dont l'expérience a démontré l'inapplicabilité au louage de services. Selon moi, cette tendance humanitaire de la jurisprudence constitue un péril social. Car, si une iniquité de la loi est corrigée par les tribunaux, les justiciables restent toujours soumis à Tarbitraire et au caprice de leurs juges, une incertitude continuelle plane sur l'étendue de leurs droits ; les palliatifs imaginés par la jurisprudence ne font qu'endormir le mal, sans le guérir. Or n'est-il pas dangereux d'endormir la vigilance du législateur et de lui dissimuler les plaies et bosses de son

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