‹ Du louage de services ou contrat de travail: étude sur les rapportsChapitre 57 sur 171 · Doc. Gh., 1894, n» 282, p · texte numérisé non relu

Doc. Gh., 1894, n» 282, p

Ce ne sont pas seulement les associations professionnelles el certaines administrations publiques qui veillent à ce que les salaires ne s'abaissent pas au-dessous du minimum jugé indispensable pour la subsistance de l'ouvrier et de sa famille. U arrive aussi, — mais ceci est malheureusement fort rare, — que tous les patrons exerçant une même industrie dans une ville fixent de commun accord un minimum de salaire : c'est ce qui a lieu à Stuttgard, par exemple, oîi le salaire minimum des relieurs a été fixé par l'accord commun des patrons à 16 marks (20 francs) par semaine ^

§ III. — Mode de payement des salaires.

Dans certains pays industriels il s''est glissé quelques abus dans le mode de règlement du salaire pai^ le patron. Ces abus, contre lesquels maint législateur a cru devoir réagir, peuvent être ramenés aux trois catégories suivantes : le truck'system, le payement des salaires dans les cabarets et les payements à de longs intervalles.

i. Le truck'System consiste à payer tout ou partie du salaire de l'ouvrier non en espèces, mais en marchandises. Il se peut que le contrat de louage de services impose TobligatioQ à l'ouvrier d'accepter ce mode de payement du sa« ^aire ; il se peut aussi que le patron paye ou soit censé payer ses ouvriers en espèces, mais que ceux-ci soient tenus virtuellement de s'approvisionner dans une boutique que tient soit le patron môme^ soit un de ses parents ou amis^ soit un contre-maître ou employé.

Les inconvénients du truck sont multiples. D'abord le payement en nature empoche l'ouvrier de se faire une idée exacte de la valeur de son salaire, d'établir un budget exact de ses recettes et de ses dépenses; il en résulte que l'ouvrier devient imprévoyant, d'autant plus que la boutique du patron lui donne des facilités extrêmes pour acheter à cré-

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