‹ Du Lupus LingualChapitre 10 sur 18 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Étiologie.

Nous serons bref sur la question étiologie, nous n’avons pas en effet à traiter les causes générales de l'invasion lupique, et nous devons nous borner à chercher pourquoi, dans certains cas, rares du reste, le lupus envahit la langue.

Deux faits nous frappent dans la lecture de nos observations : |

1° La coexistence habituelle des lésions lupiques sur les muqueuses laryngées et bucco-pharyngées (14 fois sur 14 cas). Luette, piliers et épiglotte sont toujours malades.

2° Le siège du lupus lingual est presque toujours la base de l'organe (8 fois sur 14).

. La conclusion s'impose donc. Il est probable qu'il y a propagation directe, et que, de proche en proche, le lupus, parti de la muqueuse de l’isthme du gosier, gagne le tiers postérieur de la base de la langue, s'y cantonne souvent, et quel-

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quefois, comme dans la deuxième observation de Michelson, gagne la pointe de la langue en suivant le raphé.

Dans deux cas seulement (observations de Butlin et de Darier) cette propagation par continuité de muqueuses n'est plus admissible. Les lésions siègent en effet non plus sur la base de la langue, mais sur la pointe et les bords. Butlin en conclut qu'il y a inoculation directe. « Ici, dit-il, l'inoculation nous semble incontestable ; d’abord léger traumatisme dû aux dents, puis contact répété avec les ulcérations de la lèvre. » Darier, lui, ne pose aucune hypothèse, mais cependant il nous fait remarquer la coexistence chez son malade de lésions lupiques de la voûte palatine, et par conséquent le contact prolongé et souvent répété de la pointe et des bords de la langue avec cette muqueuse malade. L’inoculation nous semble donc également contestable.

En somme, le lupus lingual peut provenir ou d’une propagation directe, c'est le cas le plus fréquent, ou d’une inoculation et contact infectieux.

Si le lupus lingual est si rare; si la muqueuse linguale résiste presque toujours, alors que toute la muqueuse laryngée, toute la muqueuse pharyngée se laisse envahir rapidement c'est que par sa constitution histologique, par son épaisseur, elle présente une résistance remarquable à l'invasion du lupus.

Symptomatologie.

Avant d'entrer dans l'étude détaillée de la symptomatologie de cette affection, 1l nous semble intéressant de noter les rapports qui existent entre les localisations du lupus sur la

—— De

langue et les lésions analogues qui peuvent coexister sur les muqueuses voisines et sur la peau.

Parmi les observations publiées dans le chapitre précédent et qui, croyons-nous, portent sur tous les cas connus jusqu’à ce jour et sont au nombre de 14, pas une seule fois nous n'avons trouvé le lupus lingual isolé.

Dans les 14 cas il est toujours associé à des lésions analogues des muqueuses environnantes, presque toujours il existe avec du lupus de la face 10 fois sur 14 et encore un de ces 4 cas est douteux. (Obs. II de Michelson.)

Localisation. — Il est difficile d’assigner un siège précis aux lésions lupiques de la langue. Sans doute elles occupent de préférence la partie postérieure de la base de la langue (8 fois sur 14) mais quelquefois aussi (3 fois sur 14) elles ne se limitent pas là et l’on trouve des lupomes disséminés sur toute la surface de l'organe.

Dans la première observation de Michelson, les granulations lupiques sont disposées suivant des lignes réunissant la base de la langue à l'épiglotte. C’est encore de cette région que part chez son second malade un bourrelet lupique qui se prolonge le long du sillon médian de la langue. Dans l’observation de Bender, la lésion est limitée au tiers postérieur.

Cette région est atteinte chez les malades de Leloir et dans nos observations personnelles. Seuls Darier et Butlin n’ont pas signalé cette localisation.

Mais souvent cette région est le point de départ des lésions qui s'étendent en outre sur tout le reste de l'organe : partie moyenne, bords et pointe. C’est ce qui se passe chez les deux malades de Michelson et chez celui de Leloir. Darier et Butlin ont observé la limitation de la lésion, le premier à la pointe et au bord gauche, le second également au bord gauche.

ET

La statistique suivante résume les localisations du lupus sur la langue. Elle porte sur les 14cas que nous avons publiés.

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