‹ Du Lupus LingualChapitre 9 sur 18 · OBSERVATION III · texte numérisé non relu

OBSERVATION III

Recueillie à la clinique de M. le docteur MOURE.

B... (L), seize ans, lingère, vient à la consultation de M. Moure, pour des accidents laryngés le 27 juillet 1895. La malade possède encore ses grands parents maternels. Le grand-père âgé de soixantequinze ans est en bonne santé ; la grand-mère rhumatisante. Elle n’a jamais connu ses grands parents du côté paternel. Son père âgé de cinquante ans est bien portant ; sa mère est morte de la poitrine à trente-cinq ans. Elle se rappelle avoir eu, dans sa première jeunesse, des accidents de scrofule. Croûtes dans les cheveux. Adénopathie sous-maxillaire ; blépharite chronique. Deux fluxions de poitrine, une à six mois, l’autre à dix-huit mois, pour lesquelles elle fut soignée à l'hôpital des Enfants. Vers cette époque également, de deux à trois ans, elle eut un prolapsus du rectum qui disparut complètement depuis. Successivement elle fut atteinte de la rougeole à quatre ans. de la fièvre scarlatine à six, de la coqueluche à sept. Légères bronchites tous les hivers. Elle est réglée depuis l’âge de onze ans, très normalement d’abord, puis par intermittences ; la dernière menstruation date de cinq mois.

Depuis l’âge de douze ans, elle souffre de la gorge, à des enrouements fréquents et de pius en plus longs. Elle à eu plusieurs fois, dans l'année 1895, des sensations d’étranglement et d’étouffement. Elle se décide enfin, en juillet, à venir à la consultation de laryngologie de M. le docteur Moure.

A cette époque, on porte le diagnostic de laryngite bacillaire, lupus de l’épiglotte, des cordes vocales, de la région intersigmoïdienne et de la base de la langue.

D'après la description que nous en donne M. le docteur Moure, la

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- lésion linguale était localisée à cette date à la partie postérieure de la base de la langue, à l’amygdale linguale, elle consistait en cinq petites plaques mamelonnées de quelques millimètres de surface, 4 à 5 environ, de couleur rougeâtre, couvertes d’élevures hémisphériques ou fongiformes inégales, séparées par des sillons grisâtres. Toutes les lésions laryngées et linguales sont traitées par le badigeonnage à la glycérine phéniquée au 1/10. La malade revient successivement le 29 juillet, où on la touche avec de la glycérine phéniquée au 1/5, et le 1er août 1895 où l’on se sert de glycèrine au 1/3. À cette époque, amélioration est notable. Il existe une ulcération sur l’épiglotte, mais les bourgeons ont notablement disparu sur l’épiglotte et sur les replis aryténo-épiglottiques. La langue est encore un peu rouge, mais les bourgeons signalés ont complètement disparu.

La malade revient à la consultation d’une façon très irrégulière. Elle est encore cautérisée avec la glycérine phéniquée au 1/8 le 12 août 1895, puis ne reparaît plus à l'hôpital avant le 14 octobre, époque à laquelle l'évolution croissante des lésions la force à rentrer à l’hôpital Saint- André, salle 4,

L'état actuel est mauvais. La malade est pâle, très anémiée, la voix “est rauque, toux fréquente. L’auscultation révèle un début de tuberculose au sommet droit, où l'inspiration est nettement prolongée et le rythme respiratoire saccadé. A l'examen de la cavité bucco-pharyngienne pratiqué malgré la résistance de la malade, on voit que les lésions sont considérablement augmentées.

Sur la langue, juste au milieu de la base, existe une hypertrophie notable de l'amygdale linguale qui apparaît tuméfiée, bourgeonnante, formant au-dessus de la surface environnante une élevure de 6 à 7 millimètres environ et portant en son milieu une ulcération cratériforme ovalaire de 15 millimètres environ sur 8 millimètres à fond mamelonné rougeâtre, à bords formés de papilles hypertrophiées. Forte induration dans toute la-partie sous-jacente à la lésion.

Sur l’amygdale gauche et sur le pilier antérieur droit les ulcérations

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