‹ Du Lupus LingualChapitre 5 sur 18 · ARC · texte numérisé non relu

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rouges pâles, avec une teinte laiteuse diffuse; chacune d’elles est couverte de petites granulations secondaires, arrondies, miliaires. Au voisinage du voile, la muqueuse est plus égale. Le pilier postérieur du côté gauche, gros et court, se dirige assez brusquement en arrière et en dedans: il va adhérer, après un court trajet, au fond du pharyax qu'il est difficile de découvrir derrière le voile pendant, peu mobile et augmenté de volume dans toutes ses dimensions.

Quant aux piliers antérieurs, ils sont un peu mamelonnés et c’est par eux que les lésions du voile du palais semblent se relier à celles dont je vais parler maintenant.

Vers la base de la langue, à la limite des parties qu’il est possible de découvrir par Fexamen à simple vue, sont deux :éminences tuberculeuses. L’une, antérieure, située du côté gauche de la ligne médiane, a le volume et la saillie d’un demi-pois ; sa forme est assez régulièrement ovalaire ; ses bords sont nets; sa surface présente quelques saillies papillaires peu prononcées ; sa coloration est plus pale, plus jaunâtre, plus mate que celle des parties voisines ; la consistance est ferme. En arrière de ce tubercule en est un autre moins volumineux mais de même apparence, entouré lui-même d’éminences moins distinetes qui se confondent avec les grosses papilles de la base.

L’épiglotte déformée, montre le même gonflement de la muqueuse: que les parties environnantes. La même tuméfaction avec apparence de fermeté s’observe sur les replis aryténo-épiglottiques dont la surface est légèrement mamelonnée, boursouflée. Les cordes vocales supérieures paraissent, elles aussi, un peu épaissiés.

La santé générale est excellente ; il n’existe aucun signe physique, aucun symptôme fonctionnel de tuberculose.

La voix est tout à fait normale. La déglutition se fait régulièrement, Traitement général à l’huile de foie de. morue et traitement local à l’onguent citrin, 0,50 centigrammes pour 30 grammes.

A la fin de juillet, après trois mois de séjour à l'hôpital, le malade est notablement amélioré.

Trois ulcérations superficielles, à fond lisse, jaunâtre, d'apparence lardacée, se voient à droite et à gauche de la luette et sur le pilier antérieur gauche.

Idelson (Rosalie), en 1879, signale parmi le lupus des muqueuses le lupus de la langue. Nous n'avons pu retrouver cet ouvrage. Mais l'analyse d'un fragment dans le Jahresherich, de Virchow. Hirch 1879, IT, et une note de Michelson, dans les Archives Cliniques de Berlin, 1890, nous apprennent qu’elle a rencontré entre autres lésions des muqueuses, du lupus lingual et qu'il se localise de préférence sur le tiers postérieur de la base de la langue.

En 1888 (juillet), au Congrès pour l'étude de la tuberculose, Leloir présenta une malade atteinte de lupus lingual. En novembre 1889 (Annales de Derma. et Syph.), il fait une étude détaillée de la question ; cette étude est reprise encore par lui dans son ouvrage sur la Scrofulo-tuberculose. C’est certainement le premier travail sérieux paru sur ce sujet; il ne nous semble pêcher que par un point l'historique. Leloir ne cite, en effet, que l'observation de Bender, bien faite par ses proportions minimes, pour faire ressortir le luxe de détails de son étude personnelle, et il ne fait qu'énumérer les nons de Bazin, Virchow, Clarke, Homolle, Idelson, Butlin. Justice étant rendue à ses prédécesseurs, nous ne croyons pouvoir mieux faire que de reproduire in extenso son article des Annales. Il existe, en effet, intercalé dans les conclusions, l'histoire d’une deuxième malade soignée par lui en 1884 pour un lupus de la face accompagné de lésions linguales. Pour lui, trop persuadé de l'extrême rareté du lupus lingual et de la difficulté de son diagnostic, ce cas serait extrêmement douteux. Après la description qu'il en donne, le doute ne nous semble pas permis.

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La nommée Ellaria C..., quinze ans, chemisière, née à Lille, entrée le 27 mars 1885 dans ma clinique, à l’hôpital Saint-Sauveur, salle Saint-Henri (affections cutanées).

Abandonnée par sa famille, cette malade se trouve depuis trois ans à l'hôpital général. Elle n’a plus vu ses parents depuis cette époque.

Nous ne pouvons obtenir d’elle aucun renseignement sur ses antécédents héréditaires. Elle n’a qu'une sœur qui a longtemps été atteinte de maux d'yeux.

Elle-même., dans son enfance, a eu de nombreuses croûtes dans les cheveux et des engorgements ganglionnaires dans la région sousmaxillaire. Les lésions du nez ont débuté chez elle vers l’âge de dix ans et demi.

Les lésions pharyngées avaient précédé les lésions du nez d'environ un an et demi à deux ans.

La malade est pâle, anémiée; son facies est un peu bouffi comme chez les lymphatiques. Malgré une recherche attentive on ne trouve chez elle aucun stigmate de syphilis héréditaire à manifestations tardives ou autres.

Elle ne tousse pas, l’auscultation ne révèle rien du eôté des poumons. L’appétit est bon et la digestion facile.

Adénopathie sous-maxillaire grosse comme une noisette des deux côtés.

Le nez de la malade dans ses deux tiers inférieurs est envahi par le lupus vulgaire. Comme ce lupus est de date ancienne, il à produit une atrophie interstitielle du nez, lequel est comme usé et présente un peu l'aspect d’un gros bec de perroquet.

L’on trouve sur le dos du nez et ses parties latérales jusqu’à la racine des joues des tubercules lupeux, les uns plans, les autres surélevés; ces derniers sont gros comme des.lentilles et occupent plutôt la périphérie du placard lupeux.

La plupart de ces tubercules sont non excédents, présentent la colo-

ration sucre d'orge caractéristique et sont parfois recouverts d’une

légère squame; quelques-uns sont un peu ulcérés et recouverts d’une croûte verdâtre très pâle. Au centre du placard la peau lisse, tendue, cicatricielle présente çà et là de petites squames blanchâtres, et en - d’autres points de petits tubercules sucre d’orge gros comme des grains de mil que l’on voit en quelque sorte par transparence en tendant la peau du nez. Sur le lobule, cicatrice blanchâtre. La cloison du nez est comme affaissée d'avant en arrière.

Les narines présentent un grand diamètre dirigé dans le sens transversal. Elles sont obstruées par de grosses croûtes d'un brun verdâtre. La lèvre supérieure présente des lésions lupeuses qui se continuent avec celles du nez. Ici encore ce sont des tubercules sucre d'orge recouverts parfois de squames blanchâtres et exceptionnellement de croûtelles jaunâtres. Sur la lèvre inférieure, à environ deux centimètres de la ligne médiane on trouve un petit tubercule lupeux isolé.

La langue présente des lésions absolument remarquables sur lesquelles il importe d’insister. Disons de suite que, au premier abord, et à un examen superficiel, la face dorsale de la langue altérée rappelle une glossite lobulée superficielle, où mieux certaines glossites lépreuses lobulées telles que je les ai décrites et figurées dans mon traité de la lèpre.

La face dorsale de la langue depuis la partie postérieure de son quart antérieur jusqu’à sa racine, jusqu’à lépiglotte est parsemée de tubercules qui lui donnent un aspect spécial.

Ces tubereules sont situés surtout au niveau de la région moyenne de la face dorsale à droite et à gauche du raphé médian.

La plupart de ces tubercules sont gros comme de petits pois, d’autres sont un peu plus gros, d’autres, plus petits, ne dépassent guère le volume d’une tête d’épingle.

Hs font au-dessous de la muqueuse une saillie prononcée. Leurs contours sont à peu près ronds : parfois un peu irréguliers quand deux ou trois tubereules se sont réunis. Leur surface est lisse, comme

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