DEUXIÈME SÉANCE
Des corps célestes, de la cohésion et de
^ V élasticité .
De l’action du mouvement des molécules organiques de la matière , nous avons vu qu’il en avait résulté^ des agrégations ou combinaisons diverses. A mesure que ces combinaisons se formaient , il s’ensuivait des interstices ou filières entre ces diverses molécules, lesquelles accéléraient nécessairement les courans qui les traversaient. D’autres molécules se trouvaient ainsi attirées et agrégées à ces premiers corps , lesquelles, ajoutant de nouveaux interstices, augmentaient la somme et l’activité des cou-
grands corps de la nature, lesquels durent englober, Jusqu’à une certaine distance, tous lés corps graves qui se rencoùtrërent dans leur sphère d’activité.
Les corps célestes n’ont pas tous la mériiè grosseur en raison des premières agrégations qui ont formé leur centre d’activité. Par exemple, les prerniers agrégats combinés qui forment le centre de la Terre, ont du être différens de ceux qui forment le centre de Mars.
Le soleil peut être considéré comme le centre d^activité de tout notre système; tous les autres corps planétaires, en vertu du mouvement primordial , tournent autour de lui; et comme la forme ronde est celle que tous les corps riîus dans l’espace ont prise, ils ont nécessairement un mouvement de rotatiqn sur euxmêmes.
De ce mouvement de rotation résulte une pression latérale entre tous les corps célestes ; ils se touchent en tourbillonnant par l’intermède du fluide universel dans lequel ils sont immergés.
Il y a donc une influence entre tous les corps célestes, et de tous ces corps sur toutes les parties de la matière.
L’infîuenee réciproque et les rapports de tous les êtres existans^ est ce que M. Mesmer appelle magnétisme»
De la cohésion»
La cohésion est l’état dans lequel on suppose que quelques particules de la matière qui compose les corps, se trouvent rapprochées de manière à ne plus laisser d’interstices entr’elles.
Dans cet état, il n’y a donc plus de matière subtile entre ces parties; tandis qu’elles en restent toujours entourées, cette matière subtile opère alors sur elles une pression qui constitue la force de cohésion.
C’est ainsi que l’on peut expliquer comment deux plaques de même métal, parfailemeni lisses et polies, adhèrent avec violence, même sous la machine pneumatique. C’est alors une cohésion artificielle , la matière subtile ne peut s’y insinuer, et la pression extérieure les empêche de se disjoindre.
On ne connaît pas de corps dans un état de cohésion absolue; un corps qui n’aurait aucun pore, aucune filière, serait impossible à casser, à diviser et à dissoudre. Le degré de cohésion
dans les corps résulte du rapport qui existe entre la force de pression environnante qui tend à rapprocher les parties, et la force des courans qui, en traversant les filières, tend à les séparer.
De r élasticité.
L’élasticité , dans les corps , résulte de la forme et de l’arrangement des parties entr’elles, de manière qu’elles peuvent glisser, se déranger enfin sans se quitter et sans détruire leur cohésion. Lorsqu’un corps élastique est pressé, qu’arrive-t-il? Tous ses pores ou filières se trouvent rétrécis; alors, suivant ce que nous avons dit plus haut, le mouvement s’accélère dans ces filières plus petites, et lorsque la pression cesse, ce mouvement accéléré la rétablit dans sa première force.
Dans un corps mou, c’est tout le contraire; les parties se poussent et se déplacent sans resserrer les filières, de sorte qu’aucun mouvement accéléré ne peut le rétablir dans sa première forme.
TROISIÈIVIE SÉANCE.
De la gravité, du feu, de V intension et de la rémission dans les propriétés de la matière, du flux et reflux de la mer, et de Vélectricité.
Il existe une tendance réciproque entre tous les corps coexistans, laquelle dérive de l’action des courans.
La terre étant devenue le centre d’une spbère d’activité, a purgé l’espace, jusqu’à un certain point, de tous les corps graves environnans; de la prédominance des courans rentrans sur les courans sortans, résulte la gravité.
La terre ayant un mouvement de rotation sur elle-même, aurait du, par la force centrifuge, éloigner de son centre les corps les plus graves; mais la force imprimée par les courans convergens, cause de la gravité, étant augmentée, comme nous l’avons déjà vu, par la densité et la masse des corps, il s’ensuit que les corps les plus graves sont les plus près du centre. Si cette force imprimée par les courans venait à le céder à la force centrifuge, il s’ensuivrait la dissolution de la terre.
Les causes qui augmentent la compaclibilite des corps ou la force des courans, augmentent aussi leur gravité.
La gravité des corps se réduit donc à un courant-prédominant, augmentant en raison de la compactibilité et de la densité des corps.
Règles générales, les causes de la compactibilité sont les causes de la gravité.
L’accélération dans le mouvement de rotation des corps diminue d’intensité des/courans rentrans, ce qui revient à dire que lorsque la force centrifuge commence à gagner, da force centriipète perd d’autant. ‘DèsTlors donc queda/gravité suit rintensité des courans,dl est clair que des corps ont moins de gravité surda terrotournant en vingt-quatre heures, que si elle ne ‘.tournait qu’en vingUcinqLeures.
Nous avons remarqué deux sortes de courans dans la nature; les > premiers sont ceux qui, en se‘ rapprochant et se combinant, produisent da combinaison ides corps, et ceux qui , en s’éloignant,, .produisent da -dissolution.
Le feu est un courant' analogue à cetie-deruière espèce^ il tend à disjoindre > tou tes les
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agrégations des corps, et il a plus ou moins d’efiet, en proportion du degré ^de cohésion des corps sur lesquels il s’applique. Le feu , dans ses effets, produit la lueur, la chaleur et la dissolution.
Le feu produit un mouvement oscillatoire qui, propagé jusqu’à la rétine, donne l’idée de la flamnie : c’est là la prenhère idée , qui nous soit transmise. La seconde idée est celle de la lumière , qui n’est produite en nous que par la sensation .qu^e font naître les corps ,é cl ai rés.
Un autre effet du feu est Is chaleur ; c’est la propagation du, courant meme qui constitue le feu qui vient agir sur nous avec son in tension ^ qui est de détruire la cohésion. Ce courant a plus ou moins d’intensité , suivant la distance où il agit.
Le froid n’est occasionné que par un degcé de cohésion de plus; le feu détruit ce trop de cohésion par un , courant dont l’effet est cqntraire; si l’on approchait trop du feu, on brûlerait, ce, qui n’est autre chose que la destruction^des agrégations des parties constitutives élémentaires de la^matière : c’est là le dernier effet du feu.
LefcUjest un phénom€;ne annonçant dans lu
matière un état opposé à celui de la cohésion ! les corps dont les parties sont moins compactes et plus légères, ayant moins de cohésion, sont donc plus susceptibles des impressions du feu.
jDe V intension et de la rémission,
La cause de la gravité , dans les grands corps, est la même dans les parties de ces corps.
Le mouvement de rotation des corps célestes fait que toutes les parties de leurs surfaces se trouvent journellement en conspect.
Entre deux corps célestes, la lune et la terre, par exemple, la gravité diminue sur les parties en conspect. Les parties latérales alors jouissant de la même gravité, pressent et obligent la partie en conspect et son antipode, à s’élever et à former un sphéroïde. \
Tous les corps participent plus ou moins aux effets alternatifs de la pression et de la dilatation indiqués ci-dessus.
Les causes qui font changer la gravité des corps, en changent aussi les autres propriétés, comme félasticilé, le magnétisme et l’irrita bili té.
Cette action, qui change continuellement
les propriétés des corps , est ce qui s’appelle intension et rémission des propriétés de la matière.
Du JïiiX et reflux*
Le flux et reflux des mers océanes est un des effets, pour nous sensible et apparent, de Tinfluence des corps célestes sur toutes leurs parties en consp^ct.
Cette influence a de meme nécessairement lieu dans Tatmospbère d’une manière encore plus régulière; et quant aux corps solides dont les parties ne peuvent être déplacées, elle ne SJ exerce que par le plus ou moins d’intensité qu’elle procure aux divers courans qui les pé« nètrent.
Si tous les astres venaient à être en conjonc» tion, ce serait un flux horrible qui causerait un bouleversement général.
11 existe un flux et reflux particulier entre tous les corps de la nature, analogue à celui des corps célestes.
De r électricité*
Il n’existe point de fluide électrique; les phénomènes de l’électricité ne sont que des effets
produits paj" la résistance d’un obstacle à l’émission d’un courant quelconque.
Si deux masses ayant le même ton de monvement, autrement dit ayant en elles des courans d’une intensité et d^une direction analogues, yiennent à se rencontrer, alors, sans aucun effet apparent, ,ces ^conrans se , pénètrent : dans tous les autres ,cas , il s’éta-blit un combat entre les courans d’une nature différente, et ce n’est jamais que d’une manière plus pu moins brusque que l’équilibre se rétablit entr’eux.
rOn peut pQnsidérer le phénomène de la foudre comnae le produit de deux nuages qui, ayant des tons différens de mouvement, viennent à se rencontrer; si c’est par des pointes que l’équilibre s’établit, l’effet alors a lieu d’une manière ^paisible; si c’est, au contraire par des parties rondes, il y a explosion, décharge subib? et tonnerre.
Tout ce qui s’est dit sur l’électricité peut s’adapter à ce système, qui ne contrarie en rien les effets connus , mais qui satisfait beaucoup sur la cause qui.lcs produit.