QUATRIÈME SEANCE
De la structure de la terre et de Vliomnie*
Comme tout est plein, il ne peut exister de courans rentrans, sans qu’aüssitôt il j ait des courans sortans. Lors donc que les courans qui pénètrent la terre en convergeant vers le centre, cessent d’agir de cette manière, et par conséquent d’étre principe de cohésion, alors ils retournent en arrière en divergeant; le terme ou ils cessent de converger est alors dans un état prédominant contraire à la cohésion. M. Mesmer croit qu’intérieurement il existe une zone de matière subtile à l’état de feu , laquelle est le véhicule qui détermine rémission des courans sortans.
De Vhomme,
L’homme n’est que matière et mouvement.
L’homme doit être considéré en état de sommeil ou de veille, de santé ou de maladie.
L’homme est, ainsi que tous les animaux^ une machine' composée de ressorts qui se tendent et se détendent successivement.
Ce que l’homme consomme de mouvement -est remplacé par une somme de mouvement universel. Le manger et le dormir remontent
ics ressorts de notre organisation, dont, pendant l’état de veille, toutes nos actions manifestent factivilé.
Dans l’homme il y a intension et rémission, comme dans tous les corps de la nature, l’aspiration et la respiration en sont la manifestation la plus apparente. Les coiirans particuliers qui entretiennent la vie et l’existence de l’homme, sont continuellement alimentés par deux courans principaux toujours agissans et universels, dont il est environné ' le premier est la gravité, et le deuxième le courant magnétique, qui va du sud au nord.
Quand un homme s’éveille, c’est qu’il a fait une provision suffisante de fluide universel.
Formation de Vhoinme,
L’homme commence son existence dans l’état de sommeil.
Dans cet étal, son mouvement sert à son accroissement; il ne vient au monde que comme on passe de l’état du sommeil à celui du réveil; lorsqu’il a fait une provision suffisante de mouvement, il s’éveille [)Our en dépenser ce qu’il a de trop. Le sommeil n’est si necessaire aux enfans, que parce qu’il leur procure la provision de îDouvement nécessaire à leur accroissement;
c’est en petit, pour l’enfant, la meme loi qui a régné pour la formation des mondes. Le mouvement est, de meme, la cause de l’agrégation de ses parties, ou, ce qui revient au même, de son accroissement. Plus un enfant est petit , plus il a besoin de sommeil, parce qu’il a besoin de plus de mouvement, tant pour rempla4 cer ce qu’il perd pendant le réveil, que pour operer sa croissance.
Cri homme est en santé, quand toutes les parties de son être sont en état de remplir toutes les fonctions auxquelles elles sont destinées , et cet état s’appelle ïétat de Uharrnonie.
La maladie existe quand l’harmonie est troublée.
L’harmonie est une ligne droite; l’aberration est infinie, comme toutes les lignes courbes, qu’on peut mener d’un point à un autre.
Le remède aux maladies est le moyen de rétablir fharmonie; et le principe qui constitue, entretient et rétablit l’harmonie, est le même que celui de la vie et de la conservation.
Les premiers agrégats formant le centre d’activité des corps organiques, sont ce que l’on appelle moule on germe; le mouvement modifié dans ces moules, devient le mouvement tonique des corps.
Ce mouveïïient tonique dans Fbomme est îe principe de la vie; par le canal des nerfs, il entretient constamment tous les viscères , lesquels^ préparent, rectifient et assimilent les humeurs, déterminent les sécrétions et excrétions.
Tout ce qui agit immédiatement sur les nerfs agît médiatement par eux sur les viscères, et sur tout ce qui compose l’économie animale.
L’inflüénCe réciproque de tous les corps eiitr eux s’appelle magnétisme universeL
L’influence particulière des corps animés les uns sur lés autres, est le magnétisme animal.
Le fluide universel modifié dans les filières animales, y établit des courans rentrans et soitans; cés derniers tendent toujours de préférence à s’échapper par les extrémités.
Des courans dans V homme.
Nous avons dit que l’homme est continuellement pénétré du fluide universel , et que ce fluide cherchait toujours à s’écouler par les extrémités; tels sont les doigts, les coudes, quand les bras sont pliés, le sommet de la tête , etc.
Les extrémités ou pointes par où la matière
fluide s’écoule, s’appellent ÿpd/^5. L’écoùfémeilt se fait avéc plus ou moins d’accéléralioU, en raison de ranalogiè qu’il y a avec les corps qu’on opposé à ces pôles; il s’opère alors entre leurs courans réntrans et sortàns, un effet semblable à celui que manifestent entr’eux le fer et l aimanf.
Les pôles dans l’homme peuvent être détruits et renforcés comme ceux de l’aimant; si l’on détermine un pôle quelconque en lui, le pôle opposé se manifeste sur le champ : il y a de même un équateur qui ne produit rien entre les pôles; par exemple, dans la main, le poucè et lé ptefnier doigt forment un pôle ; le doigt du milieu est l’équateur, et les deux autres sont lé pôle opposé. Si le coude faisait un pôle , il y aurait un équateur dans le milieu du bras, et lé pôle opposé serait dans la main.
Pour agir sur un autre avec un de ces pôles, il faut toucher le pôle opposé de celui sur lequel on veut agir; de même que pour faire attirer deux aimans, il faut les présenter à pôle opposé.
Plus il y a de continuité, et plus les courans acquièrent d’intensité. Dans la situation ordinaire de l’homme, ses courans sortent en se dirigeant dans l’air; mais si l’on oppose un corps
analogue à ces courans , alors ils convergent ^ comme on l’observe dans l’expérience d’électricité avec la petite houppe de fil, qui, posée sur le conducteur électrique , diverge et vient à converger vers le point qu’on lui oppose.
Certains milieux par où se propagent les courans magnétiques, augmentent leur intensité. Plus les filières de ces milieux se trouvent rétrécies, et plus les courans sont renforcés. Les courans magnétiques sortant du corps humain, conservent leur tonique et peuvent le communiquer comme tel aux autres corps. Ils peuvent être renforcés par le son , par le bruit des vents, les frottemens, et aussi par l’intermède des corps durs, où ils se concentrent pour agir ensuite avec plus d’intensité.
Le baquet autour duquel sont les malades, a pour but de concentrer le magnétisme animal dans des corps durs. H y a un cercle de bouteilles posées de tête à queue, où le mouvement magnétique a été donné ; l’eau dans le baquet s’imprègne de ce ton de mouvement, et les barres de fer qui s’y plongent communiquent une partie de ce inouvement aux personnes qui s’en approchent.
Lorsque l’on dirige le magnétisme animal
suivant les courans généraux du monde, qui sont premièrement la gravité, et secondement celui qu’indique l’aiguille de la boussole, on fait beaucoup plus d’effet, puisque l’on donne parla une augmentation considérable d’intensité à ces courans.
Les glaces ont la propriété de réfléchir l’action du magnétisme animal, comme elles réfléchissent les images, et selon les mêmes lois.