‹ Du magnétisme animal, considéré dans ses rapports avec diverses branches de la physique généraleChapitre 22 sur 36 · SEPTIÈME ET DERNIERE SEANCE · texte numérisé non relu

SEPTIÈME ET DERNIERE SEANCE

Lorsque tout mon auditoire fut complet et disposé à m’entendre, je m’exprimai ainsi : La certitude que vous avez acquise, messieurs, de la réalité des effets du magnétisme animal, est ce qui vous donnera les moyens d’en opérer les effets; vous allez juger par vous -mêmes si, avant d’avoir acquis cette certitude, il eût été possible à un seul de vous d’ajouter foi à ce que je vais avoir l’honneur de vous communiquer.

Ma volonté, messieurs , moteur de tous mes actes et de toutes mes déterminations, Vest également de mon action magnétique.

Je crois à V existence en moi d'une puissance.

De cette croyance dérive ma volonté de l'exercer.

Et l’acte de ma volonté détermine tous les effets que vous avez vu produire , et que

vous ne pouvez révoquer en doute*

Quoi! ce n’est que cela? s’écrièrent - ils tous avec étonnement. Je ne sais rien de plus, leur dis-je, c’est tout ce que m’ont appris Victor, Joly et Viélet*, dont vous avez lu le détail des cures dans les rapports que j’en ai publiés. Comment , il ne s^agit que de mettre la main sur un malade, et de vouloir le guérir pour obtenir tous les étonnans et satisfaisans effets dont nous avons été témoins? Pas davantage; encore une fois, je ne sais rien de plus. Toute la doctrine du magnétisme animal est renfermée dans les deux mots croyez et veuillez, que j’ai écrits à la tête de mes premiers Mémoires. Je crois que j’ai la puissance d’actionner le principe vital de mes semblables ;; je veux en faire usage ; voilà toute ma science et mes moyens. Croyez et veuillez^ messieurs , vous en ferez autant que moi.

Toutes mes instructions se trouvant terminées par cette courte explication , nous ne nous occupâmes plus que des moyens à prendre pour fonder et établir une société de ma-

gné liseurs à Strasbourg.; je proposai des staluts pour en régler les travaux, et des conditions à remplir pour y être agrégé ; nous les délibérâmes et nous les signâmes après les avoir arrétés à runanimîté. 11 furent ensuite adoptés par la société harmonique du régiment de Metz, et par celle qui, dans le même temps, s’établit à Nancy.

Avant de lever la séance, je demandai à tous ces messieurs de leur donner, en les embrassant,, un témoignage de ma reconnaissance pour la confiance qu’il m’avaient témoignée, et le plaisir qu’ils m’avaient procuré de les instruire. A ce signe extérieur d’amitié, leur dis-je, je vous demande d’en ajouter encore un autre, que je ne regarde pas comme nécessaire aux succès de vos opérations magnétiques , mais qui , je l’espère , en régularisera les résultats : c’est de me donner les mains, et de recevoir, par mon toucher, le ton du mouvement, que vous communiquerez ensuite à tous les êtres que vous instruirez ou que vous magnétiserez. .... Eh! mais , mon cher Pujségur, me dit vivement le comte de Lutzelbourg, c^est une initiation, cela, ce sont les formes de nos réceptions maçonniques^ Est-ce que le magnétisme animal serait cette

njérité perdue depuis si long^-temps? et cette clarté dans Vétat de somnambulisme magnétique serait - elle la lumière après laquelle

nous aspirons? Je ne l’affirmerais pas, lui

répondis-je, mais j’avoue que j’y trouve, ainsi que vous, beaucoup de vraisemblance. Ce qu’il y a de certain , c’est que vous n’étiez , il y a six semaines, que des apprentis bien ignorans, bien inexpérimentés , qu’au bout de huit jours vous êtes devenus de très-bons et de très-habiles compagnons de mes travaux , et qu’aujourd’hui vous êtes maîtres et tout aussi instruits que je le suis. La formalité que je désirais remplie, nous nous séparâmes; et comme le local des assemblées et du traitement des malades avait été préliminairement arrêté , dès le lendemain la société s’y établit : le public a eu connaissance des résultats obtenus par cette estimable association. Les procès-verbaux des cures opérées par elle pendant plu sieurs années, ont donné les preuves les plus multipliées de son zèle charitable et de ses succès. Lorsque je fus prendre le commandement du régiment de Strasbourg, artillerie, en 1789, jeus l’extrême satisfaction de retrouver en activité l’harmonique réunion de tous mes anciens amis, et de la voir sur-

vivre à récroulement , qui se fit alors , de toutes les anciennes institutions sociales. Elle existait encore lorsque je quittai Strasbourg en 1791, et ce ne fut qu après la dispersion forcée ou la réclusion de la plupart de ses membres, quen 1792 enfin elle cessa d’exister.

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