‹ Du magnétisme animal, considéré dans ses rapports avec diverses branches de la physique généraleChapitre 23 sur 36 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

Société harmonique du re'giment de Metz, artinerie.

L’Établissement d’une société de magnéti” seurs à Strasbourg, le nom et l’existence des personnes dont elle était composée , et le succès qu’elle ne larda pas à obtenir dans le traitement des maladies , éveillèrent bientôt l’attention générale. Chacun désirait connaître les procédés qui lui faisaient obtenir d’aussi satisfaisans résultats : comme j'avais inséré , dans ses réglemens, un article portant que non seulement on ne recevrait personne comme membre ou comme associé, mais qu’on ne divulguerait même rien , soit de Finstruction , soit des procédés, qu’à ceux qui se soumettraient à suivre, pendant un mois, le traitement magnétique, il en résultait que la curiosité du public n’était ni ne pouvait être satisfaite.

Etant alors major du régiment de Metz, du corps royal d’artiikrie , beaucoup de mes

camarades me firent reproche de ne pas ies avoir admis aux instructions que j’avais faites à la société de Strasbourg : non seulement j’en aurais été charmé, leur dis -je, si vous m’en eussiez témoigné le moindre désir, mais je suis tout |)rét à réparer mes torts; l’été n’est pas encore passé; que les officiers, non seulement du régiment, mais de tous les autres de la garnison , qui voudront apprendre à magnétiser, remplissent, envers moi, les conditions préliminaires à leur instruction , et je la leur promets aussi complète qu’ils pourront la désirer. Pour abréger, il suffit de dire que je recommençai un nouveau traitement; tous les matins , ma chambre était remplie de soldats et de grenadiers, dont les maladies, devenues chroniques , avaient plus ou moins résisté aux médicamens administrés dans les hôpitaux. Plusieurs chirurgiens-majors de différens régimens m’amenèrent des malades, et en suivirent le traitement. Bientôt les phénomènes du somnambulisme magnétique , et tous les étonnans effets résultans de cet état singulier, persuadèrent, comme de raison, mes seconds élèves aussi promptement que l’avaient été les premiers, de la réalité du magnétisme animal; et il ne se passa pas quinze jours sans que j’eusse acquis

la certitude de les pouvoir aisément convaincre de l’existence de leur puissance et de leurs facultés magnétiques.

Après donc avoir rempli à leur égard toutes les memes formalités d’instruction et de réception que j’avais observées envers les membres de la société de Strasbourg, je leur communiquai de même des réglemens à suivre, pour le maintien de l’ordre et de Tunité dans leurs travaux. Il est inutile de les transcrire ici (i), d^autantqu’aujourd’hui jene regarde pas comme nécessaires de pareilles associations, le magnétisme animal étant une faculté qu’il appartient à tout le monde de pouvoir exercer; mais alors il y avait tant de diversité d’opinions et tant de systèmes sur la manière de considérer la cause et d’expliquer les effets de l’action magnétique, qu’il était indispensable de lier, par des engagemens, les nouveaux magnétiseurs à l’observance des mêmes procédés. L’expérience a pleinement confirmé ce que je n’avais fait que présumer; l’unité de principe et de pra-

(i) Ceux qui seraient curieux de les connaître , les trouveront à la fin de ces Me'moires , ainsi que

le discours à Touvertuie de mes deux cours d’îus-

îruction. ^

tique du magnétisme animal a fait que partout il y a eu la plus grande similitude dans les résultats. On verra, par les lettres que je citerai de plusieurs de mes camarades du régiment de Metz , avec quelle sagesse ils exerçaient leur }3ienfaisance, et quels furent les heureux résultats de leur exaclitude à observer les réglemens de prudence auxquels je les avais engagés de souscrire.

Comme , à la suite de tous les systèmes dont j’avais présenté les aperçus, je n’avais rien manifesté de mes opinions particulières, et que plusieurs de mes amis m’avaient témoigné le désir de les connaître, je rédigeai un essai d’instruction qui, en les contenant, put procurer à tous les nouveaux magnétiseurs un moyen d’enseigner uniformément la pratique du magnétisme animal. En le transcrivant ici, je n’ai nullement la prétention de le donner comme règle de conduite à mes lecteurs; croire et vouloir est, je le répète encore une fois, toute la science du magnétisme animal ; et chacun doit être libre de donner à ces deux mots le développement le plus conforme à sa manière de les admettre et de les comprendre.

Cet essai d’instruction embrassant trois ob-

•jets : la manière d’entendre et de s’ex-

pliquer Faction magnétique ; 2*^ mon opinion particulière sur Fessence-principe de cette action ; 5^ les procédés que j’emploie pour magnétiser, je diviserai le chapitre suivant en trois sections.

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