‹ Du magnétisme animal, considéré dans ses rapports avec diverses branches de la physique généraleChapitre 28 sur 36 · CHAPITRE XVin · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVin

Des avantages à retirer et des dangers à craindre de la pratique du inagne'tisme animal-

J’ai avancé, dan« mes premiers Mémoires, que le magnétisme animal serait, pour les gens honnêtes et sensibles, un moyen de plus de faire du bien, et que jamais il ne pourrait être une arme dangereuse entre les mains des perfides et des méchans. Mais comme je ne pouvais donner, pour preuve de cette assertion , que le dire des somnambules que j’avais obtenu, peu de per-sonnes y ajoutèrent foi.

« V ous n’avez sûrement eu que de bonnes ini< tentions en magnétisant, m’écrivait on, et dès- « lors vos somnambules, modifiés par vous, {( n’ont fait que refleter vos propres sentimens. « Mais, etc »

N’ayant pu vouloir, en effet, le bien et le mal en même temps, il m’était de toute impossibilité de citer une expérience à l’appui de mon opinion : cette question aujour-

d’hui ne peut rester indécise; elle est même d’une telle importance , relativement à l’ordre public et au maintien ^ comme à la sûreté de toutes les transactions sociales, qu’il est^de toute nécessité de la résoudre : si i’intérét développé d’un somnambule magnétique pouvait le tromper, s’il était arrivé une seule fois qu’un être dans cet état se fût prescrit des choses ou ordonné des remèdes contraires à son bien-être ou à sa santé, on ne pourrait trop tôt prescrire un moyen qui présenterait un arbitraire aussi dangereux dans ses résultats.

Bien plus encore, devrait-on le prescrire, et avec lui tous ceux que l’on soupçonnerait de le vouloir employer, si l’on pouvait citer un seul abus de confiance de la part d’un magnétiseur à l’égard d’un être mis par lui dans l’état magnétique, ou si l’on pouvait seulement prouver la possibilité qu’un tel désordre puisse s’effectuer.

c( Vous pouvez exiger de nous, m’ont dit c< tous les somnambules magnétiques que j’ai M questionnés, tout cC que, dans notre état na-^ « turel, vous auriez le droit d’attendre de notre « complaisance ; mais passé ce terme , vous « n’obtiendriez rien , et si vous persistiez dans

« une volonté qui tendrait à nous contraindre «à des choses qui nous révolteraient, plutôt que d y céder, nous nous réveillerions ou nous i( tomberions dans un état tellement doulou- (( reux, qu’il ne vous resterait que le remords « du mal que vous nous auriez fait, et le dé- (( sespoir de ne pouvoir peut-être jamais le réu parer. »

Toi/s les faits magnétiques dont on lira les détails dans les lettres dont je rapporterai ci-après les extraits, confirmeront pleinement ce que ces premiers somnambules m’avaient annoncé. On y verra souvent les malades ne pas retirer des soins de leurs magnétiseurs tout le fruit qu’ils auraient dû en espérer, quelquefois même éprouver des effets plus ou moins fâcheux de leur inexpérience ou de leur indiscrète curiosité ; mais on n y verra pas un seul exemple d’un empire obtenu par l’influence d’une volonté malintentionnée* Lorsque Ton comprendra bien le mécanisme de Faction magnétique, on sentira qull doit être impossible en effet de tromper un somnambule, dont l’instinct (si l’on peut ainsi s’exprimer ) veille sans cesse à ses plus chers intérêts; et dès-lors qu’on sera certain qu’un malade ne peut avoir été mis dans cet état

lucide que par la direction d’une volonté fa» vorable à l’action de son principe vital , on en conclura que de l’influence et de la direction d’une volonté contraire, il ne peut en résulter qu’un choc, dont l’effet sera toujours en lui de détruire l’équilibre et l’harmonie de ses facultés.

Ce physique et machinal résultat dans un être magnétique à l’égard de son magnétiseur, n’est pas au reste plus extraordinaire que celui qui a lieu entre deux barres de fer aimantées : dans les deux cas, ce sont également des corps qui s’unissent à leur analogue ou s’en séparent, selon l’accord ou l’opposition des courans qui les pénètrent, et dont ils sont modi-

,fîés. Dans le fer, il est vrai, ces courans sont

toujours invariables, tandis que, dans l’homme,

ils sont soumis aux déterminations de sa vo-

lonté; mais il n’en résulte pas moins que, dès qu’une fois il les a fixés, il ne peut plus en vouloir changer la direction, sans que l’harmonie qu^il a précédemment établie ne soit à l’instant anéantie.

De ce que les magnétiseurs ne peuvent faire aucun abus de leur puissance, cela ne doit pas rendre les malades indifférens sur le choix qu’ils en feront.

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