‹ Du magnétisme animal, considéré dans ses rapports avec diverses branches de la physique généraleChapitre 29 sur 36 · II · texte numérisé non relu

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. Si , dans le cours ordinaire de la vie , l’on n’accorde sa confiance qu’aux êtres que l’on en croit les plus dignes, combien, à plus forte raison, doit -on prendre de précautions, et s’assurer par avance du caractère et de la moralité de l’être sous la dépendance duquel on s’expose à tomber (i), du moment que l’on consent à s’en laisser magnétiser? Mais je suppose même que l’on ne doute ni de la droiture de ses inteii^tions , ni du désintéressement de ses motifs, ni de la pureté de son amitié , qui vous répondra de la constance de ses soins, de la tenue de sa volonté et de son courage à seconder la nature dans les crises les plus salutaires à vos maux? Faute cependant d’un seul de ces accessoires, il n’est que

(i) M. le D. d’A me dit un jour, étant dans

l’état magnétique : « Il me fatiguerait de me refuser à « ce que vous exigez^ ma confiance est entière, mais « je sens que vous n’en abuserez pas. Dès que je vous « dirai qu’il ne me convient pas de vous dire une « chose , vous ne voudrez pas l’exiger. » Une autre fois ; a J’ai craint, pendant plusieurs jours , d’a- « voir dit , dans l’état où je suis , des choses que je « veux taire; mais ce matin, dans mon état naturel, « vous m’avez assuré du contraire, et je ne le^ crains « plus. »

d’incertains ou de fâcheux résultats à atten* dre. On lira, dans les lettres ci-après, le récit de quantité d’accidens ainsi arrivés par la faute et l’inexpérience des magnétiseurs les mieux intentionnés.

Quant aux suites résultant des réciproques affections que font toujours naître, entre les personnes de sexe différent, les soins rendus d’une part, et la reconnaissance de l’autre, il suffit de prévenir que ces affections seront toujours augmentées par l’action magnétique, pour que quiconque en craindra le danger ne s’expose ni à communiquer ni à recevoir son influence.

Pour que le magnétisme animal pût se pratiquer avec sùrèté pour les malades , et devenir généralement utile à l’humanité, il serait à désirer que ses effets pussent être observés par des hommes en possession de confiance publique , et capables en meme temps de juger de leur efficacité. Et qui mieux que les médecins pourrait exercer cette utile surveillance? Accoutumés à observer la mar” elle de la nature, eux seuls peuvent en tout temps en aider le travail et en régulariser les

résultats.

Une des plus. grandes erreurs des premiers

partisans du magnétisme animal, fut de dire et d’annoncer qu’avec l’aide de son action salutaire, on pourrait à l’avenir se passer de médecins. C’est comme si l’on eût dit que, parce que les semences et les plantes végètent d’ellesmemes, il n’est besoin, pour les cultiver, ni des ressources de l’agriculture ni des talens des agriculteurs. Et dans quel temps avançaiton cette maxime erronée? c’était lorsque les effets tumultueux et mal réglés du magnétisme animal n’en avaient, pour ainsi dire, encore fait apercevoir que les dangers, et non les avantages. Certainement aujourd’hui ces derniers sont reconnus; mais plus les magnétiseurs ont obtenu de succès, et plus ils sentent la nécessité et Futilité du secours de la médecine ordinaire. Tous les malades ne sont pas susceptibles de devenir dans l’état de lucidité : dans les maladies aigues, cet état s’obtient rarement. Et qui peut alors y suppléer, sinon les médecins? lorsque, par expérience, on sait d’ailleurs combien de soins, de peines et de persévérance exige le traitement des maladies par Le magnétisme animal, on ne peut trop désirer qu’un si puissant moyen de guérison ne reste pas à la merci du zèle et de la charité passagère de quelques individus. Je dis plus, pour

que son existence et sa durée puissent être as-» surées, il est de toute nécessité qu’il soit adopté et pratiqué par les êtres aux lumières et à la sagesse desquels les malades, en tout temps, devront se confier.

Les médecins , je le crois bien , ne s’astreindront jamais à magnétiser ; ils n’en auront ni le temps ni la possibilité; obligés de riÿltiplier leurs visites et leurs soins, il leur sera toujours possible de se faire suppléer, en choisissant, près de leurs malades, la personne qu’ils en croiront le plus capable; et comme il ne faut aucune science pour exercer cette faculté, les gardes-malades, déjà subordonnés à leur autorité , seraient peut-être celles qu’ils choisiraient de préférence.

Dans les hospices et les hôpitaux, le magnétisme animal pourrait de même être employé avec succès au traitement des malades; mais avant d’en tenter l’essai, il est une observation à laquelle je ne puis trop recommander d’avoir égard : c’est que jamais un malade ne doit être soumis à faction magnétique de plusieurs magnétiseurs; lorsqu’à Buzancy j’eo traitais un grand nombre , tous ceux que mon frère, ou les aides que je m’étais donnés, avaient fait entrer la première fois

dans l’état de somnambulisme , ne souffraient mon approche , que lorsque leur magnétiseur me mettait en communication avec eux, et je ^ ne pouvais alors exercer qu’une puissance secondaire; maître absolu chez moi , je ne l’étais plus à l’égard des êtres que je n’avais pas d’abord magnétisés (i).

Dans tout traitement nombreux, il n’arrive» rait donc que du trouble et du désordre, s’il y avait contradiction ou croisement d’action magnétique; et c’est ce qui arriverait nécessairement si plusieurs magnétiseurs y voulaient opérer avec une égale autorité. ^

- Le magnétisme animal et les résultats de son action bienfaisante offrent peut-être aux hommes la preuve la plus évidente, disons mieux , la preuve d’autant plus physiquement certaine , quelle est puisée dans la source même de leur faculté , que sans l’unité de pouvoir, et la subordination aux autorités établies sous la direction d’une seule volonté, il ne peut exister ni ordre ni harmo-

(i) J^ojez pag. 517, deuxième partie des Mémoires pour servir à l’histoîre et à rétablissement du magnétisme animal. C*est Ribault qui rna commencé , me disait un jeune maçon nommé Ame ^ il faut quil me fuisse, etc.

nie dans la société, ni stabilité dans ses établissemens.

Lorsque, pénétré de cette vérité, en 1785 et 1786, je l’exprimais de toutes les forces de mes facultés , et lorsque mes camarades et moi, dans le rég’menl de Metz, en faisions une si douce application , j’étais loin de pré-» voir les scènes douloureuses qui, en 1790, sont venues détruire l’accord et l’barmonie dont je jouissais de même au milieu de mes amis du régiment de Strasbourg. O ma chère artillerie! arme brillante où mon esprit s’est alimenté si long- temps des plus solides instructions, corps honoré, où, pendant vingt-*cinq ans, j’avais réuni tant et de si profondes affections , que je vous regrette , et que je vous regretterai, tou jours (i)! Mais en parlant de magnétisme , c’est en quelque sorte n>e rapprocher de vous, mes amis... Je reviens donc à mon sujet, et je dis que, dans tout traitement magnétique qui s’établirait dans les hôpitaux , il faudrait qu’un médecin en fût le seul régulateur , que ce fût lui seul qui décidât des maladies qui devraient lui être soumises , et que les aides qu’il aurait

(5) J’ai quitté en Ï792,

choisis (car, je le répète, un médecin ne peut ni ne doit presque jamais magnétiser), que ses aides, dis-je, sans élever de rivalité enlr’eux , n’agissent jamais que secondairement, et toujours en subordonnant leurs tra- «vaux à la direction de la volonté du chef auquel ils se seraient volontairement soumis®

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