‹ Du magnétisme et des sciences occultes [electronic resource]Chapitre 23 sur 54 · DE L»V LUCIDITÉ. — CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

DE L»V LUCIDITÉ. — CONCLUSIONS

la lucidité, quoique rare, ne l'est pas assez pour être inaccessible aux investigations. L'insuccès des commissaires ne prouve donc rien contre l'existence de la lucidité, mais elle peut donner une idée des difficultés qu'on éprouve à la rencontrer.

Nous allons maintenant résumer, quant aux divers genres de lucidité, les recherches auxquelles nous nous sommes livré.

I. Communication de pensées. — Cette faculté a été constatée par Puységur sur son premier somnambule et sur un grand nombre de sujets; elle résulte de la relation que j'ai citée du général Noizet, et de la déclaration de M. le docteur Puel; il m'aurait été facile de multiplier de semblables témoignages. La communication de pensées est une des facultés qu'on rencontre le plus souvent chez les lucides, et souvent même elle tient lieu de plusieurs autres genres de lucidité qu'on se flatte de trouver, bien qu'ils n'existent pas réellement.

Ainsi plusieurs somnambules obéissent à une volonté non exprimée, paraissent être attirés ou repoussés au gré du magnétiseur, déclarent percevoir des sensations imposées, par exemple, trouvent à l'eau le goût de vin ou d'eau-de-vie, etc. Dans tous ces cas, la transmission de pensée suffit pour rendre compte des phénomènes.

Quand on charge un somnambule de faire des recherches dans le passé, s'il décrit exactement ce qui est connu du consultant, et que pour le reste il cesse de voir juste, sa lucidité relative n'est, selon toute probabilité, qu'une communication de pensée plutôt que la vue du passé, qui est plus rare et bien plus difficile.

Il y a bien peu de somnambules en état de découvrir votre pensée d'une manière suivie et de la formuler avec les expressions mêmes que vous avez dans l'esprit. Le plus souvent, le somnambule saisit quelques fragments de vos pensées pendant

que vous le chargez de découvrir, soit des choses éloignées, soit le passé; et alors le lucide se figure avoir réellement vu ces choses, bien qu'il n'ait lait que les lire dans votre esprit. Si ensuite vous voulez qu'il lise dans votre pensée, vous aurez beau concentrer votre attention sur ce que vous voulez lui faire voir, vous n'y parvenez pas. Ainsi, le lucide vous dérohe votre pensée à son insu et au vôtre, et quand vous lui proposez comme exercice de lire voire pensée, il en est incapable. Quant à ce dernier point, il y a quelques exceptions, notamment celle que rapporte M. Puel d'un cataleptique; mais elles sont fort rares.

Et surtout qu'on n'aille pas se figurer que, muni d'un bon lucide, on pourra pénétrer à volonté le secret des pensées. Quand un lucide parvient à saisir quelques pensées, ce n'est qu'à l'égard des personnes avec lesquelles il est en rapport, et même cette faculté ainsi réduite est variable, intermittente, sujette à illusion, de sorte que le lucide croit la posséder quand il n'en jouit pas, et se flatte de pénétrer votre pensée, bien qu'il n'ait rien découvert, et il donne comme une découverte les rêveries de son imagination.

On cite des cas où un magnétiseur se fait obéir du somnambule ou produit sur lui divers effets, tels que la paralysie d'un membre, la catalepsie, etc., et cela sans avoir manifesté sa volonté par aucun geste ou signe appréciable aux sens. On demande si, dans ce cas, le magnétiseur a obtenu ces résultats par son action propre, qui lui permettrait de mouvoir ou de modifier les organes du sujet, ou si ce dernier, doué de la communication de pensée, a, grâce à cette faculté, pris connaissance de la volonté du magnétiseur, ce qui suffit pour qu'elle se réalise, comme il arrive dans les cas où elle est formellement exprimée.

Pour résoudre cette question , il y a deux considérations décisives : la première, c'est que de tels résultats ne s'obtiennent que rarement et accidentellement; on ne cite pas un

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