VI PRÉFACE
qui, non-seulcmcnl le nient radicalement, mais encore prétendent en démontrer l'impossibilité : pour ceux-là le magnétisme est bien et dûment enterré, et il n'y a pas à s'en occuper, à moins que ce ne soit pour en rire. D'autres, au contraire, émerveillés de quelques phénomènes dont ils ont été témoins, donnent un libre essor à leur admiration, ne rêvent que prodiges , admettent les prétentions les plus incroyables, et n'écoutent que l'enthousiasme aveugle, au lieu de s'en rapporter à l'observation calme et réfléchie. La plupart, tout en se tenant entre ces deux extrêmes, n'ont qu'une idée vague du magnétisme avec lequel ils confondent le somnambulisme et la lucidité, croient qu'il doit y avoir dans tout cela quelque chose de' vrai, mais ne se livrent pas à des études suffisantes pour discerner la vérité de l'erreur.
Ce n'est pas seulement chez les gens superficiels et étrangers aux recherches scientifiques, qu'on trouve celte ignorance de la question. Les corps savants sont habitués à faire peu de cas de tout ce qui se passe en dehors d'un certain cercle, et la plupart des membres de ces sociétés n'ont éprouvé jusqu'ici que du dédain et de l'indifférence pour un ordre de faits qui leur semblait avoir une sorte de parenté avec les sciences occultes, et qui surtout avait à leurs yeux le tort de s'appuyer sur des systèmes déraisonnables. Aussi ont-ils négligé d'examiner des phénomènes extrêmement importants, qui intéressent au plus haut degré la science de l'homme. Ils auraient dû comprendre que la vérité d'un fait ne peut dépendre des systèmes par lesquels on cherche à l'expliquer, qu'il fallait d'abord s'enquérir de la réalité des faits, sans se préoccuper des explications, et sauf cà en chercher ensuite de meilleures.
L'insouciance que nous signalons, a eu pour conséquence de laisser sous ce rapport les corps savants en arrière du mouvement des esprits. Aussi dernièrement l'Académie des sciences a-t-elle été fort étonnée quand on es venu lui