OBSERVATION XX
(Collection de M. le professeur Pic, 3433.
Mal de Pott dorso-lombaire fruste. — Forme douloureuse et troubles de la marche. — Syndrome clinique domi-
nant : Infiltration des deux sommets.
B... Auguste-Joseph, cinquante-six ans, corroyeur, entré une première fois le 14 décembre 1912, sorti le 3 mars 1913. Rentré pour la deuxième fois le 4 juillet 1913. Lit n° 6, Sainte-Marguerite.
Le malade entre pour des douleurs dans les reins.
Antécédents héréditaires. = Père mort d'affection cardiaque à soixante et onze ans. Mère morte âgée. Frère et sœur vivants. Marié. Enfants vivants.
Antécédents personnels, — Il y a vingt ans, a souffert
de douleurs dans les jambes qui ont nécessité un mois de séjour au lit. Pas de fièvre. Il y a à peu près un an que, sans début aigu, il s'est mis à tousser. Il y a quatre mois, les douleurs dans les reins ayant repris plus intenses, il entra à l'hôpital protestant d'où 1l fut évacué sur l’'Hôtel- Dieu.
Ethylisme ancien. Nie les maladies vénériennes.
Premier séjour. — A l'entrée, malade pâle. Température : 3805.
Obseurité du murmure vésiculaire au sommet gauche, en arrière, avec respiration granuleuse. Pas de ràles en ce point. Quelques râles à la base.
Le malade tousse et crache un peu.
Cœur : Pointe malasément sentie. Deuxième bruit elaqué. Rythme posé. Pas d’athérome périphérique bien sensible.
Urines : Pas d'albumine.
Pas d'adénopathie.
Le malade se plaint de vives douleurs dans les reins, soit quand il s’assied, soit lorsqu'il veut se tenir debout. La marche lui est douloureuse. Il avance péniblement, à petits pas.
Système nerveux. — L'’exagération des réflexes tendineux n'est pas très sensible, mais le rotulien droit est plus accusé. Pas de troubles de la sensibilité dans le domaine des membres inférieurs, pas de troubles sensoriels.
Le malade accuse une douleur marquée à la pression dans la région dorsale inférieure et à la limite de celle-ci et de la région lombaire. La pression sur le vertex, le rapprochement des épaules provoquent une douleur. Pas de douleur sacro-iliaque au rapprochement des crêtes iliaques.
Les maxima de température avoisinent 38°8.
3 mars. — La fièvre s'atténue et disparait par le repos. Le malade ne tousse pas. La douleur persiste dans la région dorso-lombaire de la colonne, mais elle est beaucoup moins marquée. Le malade part à Longchène.
Deuxième séjour. — À juillet 1915.
Le malade revient avec des douleurs dans le long des derniers espaces intercostaux gauches.
On ne sent pas d’abcès. Les mouvements du vertex sont «usés. La percussion sur la colonne, pas douloureuse. De plus, le malade se plaint d'une grande faiblesse et d’une toux tenace accompagnée d'expectoration, depuis, trois mois. Cette expectoration est muco-purulente, verdâtre.
A l'examen des poumons :
En arrière, à qauche : Matité au sommet, percussion douloureuse jusqu’au tiers moyen de l’omoplate.
Au-dessous, sonorité. Les vibrations sont diminuées au sommet, normales au-dessous.
A l’auscultation : Au sommet, on a une respiration très forte avec un double souffle inspiratoire et expiratoire, avec éclat de la toux, exagération d'intensité de la voix haute et chuchotée, sans râle après la toux. Jusqu'à la base, depuis la mi-omoplate, respiration compensatrice très forte, sans râles.
À droite : Au sommet et dans le reste du poumon, sonorité normale avec des vibrations normales aussi. Ce qui frappe dans ce poumon, c’est la grande obscurité respiratoire, sans râles, à la base, avec quelques râles à timbre un peu humide au sommet. Ces râles discrets sont retrouvés dans le creux sus-claviculaire et dans la fosse sous-claviculaire droite.
En avant, à droite : Dans le poumon droit, l'obscurité persiste et, en plus, depuis le mamelon jusqu'à la base, perçus encore dans l'aisselle, des râles fins inspiratoires et expiratoires que la toux ne modifie pas et qui augmentent dans les grands mouvements respiratoires.
A gauche : Dans les creux sus-claviculaire et sousclaviculaire, on a, comme dans tout le reste du poumon gauche en avant, une respiration forte, sans râles.
Au cœur : Rien.
Rien aux autres organes. Ni sucre, ni albumine. Nombreux bacilles de Koch dans les crachats.