PRONOSTIC
Le pronostic du mal de Pott, sévère chez l’enfant, l’est encore plus pour le vieillard.
Chez lui, nous l’avons vu, l’invasion tuberculeuse est absolument latente et ne se manifeste par aucun symptôme capital; aussi quand une douleur brutale, un abcès froid, une paraplégie que rien n’explique, viennent attirer l’attention du côté du rachis, la période de destruction est installée déjà depuis longtemps et un traitement précoce devient impossible.
Mais ce qui caractérise l'évolution de la tuberculose vertébrale chez le vieillard, c'est que, contrairement à ce qui se passe chez l'enfant, l'invasion n’a aucune tendance à se limiter, la réparation osseuse se fait chez lui très difficilement ou même ne se fait pas du tout. Rare déjà chez l’adulte, elle le devient encore plus chez le vieillard.
C’est que la tuberculose évolue, dans ce cas, sur un terrain affaibli qui n’a plus la force de réparer ses lésions.
La colonne vertébrale dont le tissu osseux est plus ou moins raréfié, dont la nutrition est affaiblie, n’a
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oo plus tendance à ciconscrire ses lésions. Elle cède et suppure.
Or, dès que la suppuration est installée, les chances de guérison, déja minimes, disparaissent tout à fait.
Le pronostic est donc grave, mais varie suivant les formes.
La forme classique se traduisant par la gibbosité seule est relativement bénigne. Elle est justiciable du repos au lit prolongé comme nous le verrons plus tard.
Plus sombres sont les formes nerveuses de la maladie quand les troubles moteurs sont arrivés à leur maximum et qu’ils se sont compliqués, comme c’est la règle, de troubles sphinctériens.
Le malade, mcapable de se mouvoir, est confiné au lit. Son rectum et sa vessie ne fonctionnent plus. Les escarres apparaissent au niveau de toutes les saillies de son corps décharné et, par leur confluence, transforment la région sacrée du malade en une large plaque de sphacèle. Le malheureux vieillard, exposé à toutes les infections, miné par la suppuration, achève de mourir dans les progrès de l’hecticité et de la cachexie.
Dans quelques cas, cependant, nous avons vu des paralysies regresser et des malades quitter l’hôpital, très améliorés (observation XVIII), mais c’est l’exception.
Nous ne dirons rien de la tuberculose vertébrale évoluant avec une tubereulose pulmonaire. Sa gravité se conçoit d'elle-même.
Lu forme rhumatismale est celle qui présente le
op pronostic le plus favorable. Les manifestations articulaires ne mettent pas en danger la vie du malade, qui peut se prolonger très longtemps si aucune comphcation ne survient.
Malheureusement, la mort du malade est hâtée trop souvent par une complication imprévue. La tubereulose, jusqu'alors localisée aux vertèbres, peut se généraliser aux poumons, aux reins, au péritoine, et aux méninges. Îl y en a des exemples :
« Alors que nous étions l’interne de M. le professeur Tripier, dit Gangolphe, nous avons vu une femme ägée de plus de soixante-dix ans, porteur d’un mal de Pott cervical survenu dans l’enfance et guérie, succomber à une granulie péritonéale, pleurale, pulmonaire... En 1886, un vieillard atteint de mal de Pott de la région cervicale mférieure, mourait d'une granulie étendue aux méninges cérébro-spinales. Nous pourrions multiplier de tels exemples. »
Il convient de signaler 1c1 la possibilité d’une mort brusque s’observant soit au début, soit au cours d’un mal de Pott sous-occipital et qui est la conséquence d’une compression foudroyante du bulbe par luxation atlo-axoïdienne.
On voit donc que le pronostic du mal de Pott est orave en ce qui concerne le vieillard, mais 1l faut savoir qu'avec un traitement approprié et les conditions hygiéniques mdispensables, 1l est parfois compatible avec une longue survie.
Carilest en effet un autre facteur, dont 1l faut tenir compte dans l'établissement du pronostic, facteur qui nous esé fourni par Pétat général du sujet, son degré
de sénilité. I est bien évident que pour une même lésion tuberculeuse le pronostic sera plus ou moins orave suivant le degré de déchéance de l'organisme sur lequel elle évolue.
Comment mourra le vieillard pottique ?
Mourra-t-il de sa tuberculose vertébrale, sera-t-il emporté par une complication ou bien encore, comme cela s’est vu, l’ulcération d’un gros vaisseau suivie d’hémorragie amènera-t-elle une issue brutale ? Cest ce qu’il est impossible de dire.
Inégale dans son début, mégale dans son évolution, elle reste mégale dans son mode de terminaison, et ce, par la moindre des singularités de cette affection.
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