‹ Du mal de Pott sénile: et en particulier de ses différentes formes cliniquesChapitre 22 sur 24 · TRAITEMENT · texte numérisé non relu

TRAITEMENT

De la lecture du chapitre précédent doit-on conclure que la tuberculose vertébrale sénile est incurable et que, toute thérapeutique étant impuissante, nous soyons en droit de nous croiser les bras et d'assister, sans rien tenter, à l’évolution fatale de la maladie ?

Ce serait là une conception fausse autant que cou— pable.

Certes, les chances de guérison sont précaires, les ressources de la thérapeutique imsuffisantes, les résultats ingrats, mais nous possédons quelques exemples très nets d'amélioration qui montrent que, dans certains cas, nous avons pu rendre service à nos ma-— lades.

Comment sera dirigée cette thérapeutique ?

Elle s’adressera d’abord aux moyens le plus habituellement employés pour traiter les accidents de la triade symptomatique, en tenant compte, toutefois, de l’âge et de l’état de la sensibilité plus ou moms grande, suivant les malades.

La tuberculose vertébrale étant une tuberculose

= he ostéoarticulaire, on la traitera comme telle par l’immobilisation.

Cette notion de l’immobilisation prend, en ce qui concerne le pottique âgé, une importance considérable.

Qu’entendons-nous ici par immobilisation ?

Ce ne sont pas, évidemment, les appareils plâtrés, ni tous les moyens de contension employés d’une manière courante pour les jeunes et qui seraient 1c1 difficlement applicables.

C’est le simple repos, le repos au lit prolongé pendant plusieurs mois, qui donnera 1c1 les meilleurs résultats. Les malades seront couchés sur un lit rendu aussi dur que possible par la présence d’une planche sous le matelas.

Bien entendu, dans l’application de ce traitement, on prendra toutes les précautions nécessaires pour éviter les accidents résultant de la station couchée prolongée. Les malades seront d’abord libres de se mouvoir dans leur lit; 1ls pourront bouger, s'asseoir, changer de place. On les examinera fréquemment au point de vue d’une escarre possible. La moindre ecchymose sera traitée et le siège des malades isolé du plan du lit.

Dans certains cas, on aura d’excellents résultats, ainsi que le prouve l'observation I.

On pourra pratiquer aussi des pointes de feu le long de la colonne vertébrale.

L’acupuncture a amené souvent une atténuation des douleurs.

Dans un cas, que nous rapportons dans lobservation XIX, on a même essayé l'application d’un corset plâtre.

Les résultats furent excellents. Au bout de quinze jours, le malade pouvait se lever et ses douleurs avaient considérablement diminué. Toutefois, le corset plâtré n’est pas à recommander en raison des excoriations possibles difficilement évitables et de l'infection qui peut en résulter.

Contre l’abcès froid, on utilisera les moyens habituellement employés et dont le plus courant est la ponction.

L’évacuation de Pabcès sera suivie, après lavage à l’eau bouillie, d’une injection modificatrice d’éther iodoformé ou d’eau oxygénée.

On réservera l’incision aseptique aux cas qui nécessiteraient le curettage des fongosités ou le grattage de surfaces osseuses dénudées,

Quant aux paraplégies, elles seront justiciables du repos au lit, conçu comme nous l’avons dit plus haut.

Il est presque superflu, semble-t-il, d’insister sur l'importance du traitement général et des conditions hygiéniques. Relever les forces du malade par tous les moyens, en particulier par une bonne alimentation et le séjour à la campagne, constitue une Indication de première importance.

Le vieillard, plus que tout autre, a besoim d’être aidé dans sa lutte contre la maladie et s'il n’a pas à

SR T sa disposition toutes les ressources de l’hygiène et d’une vie confortable, sa guérison sera d’autant plus précaire.

C’est malheureusement le cas de la plupart de nos vieux pottiques, qui sont loin de trouver, dans la promiscuité des salles d’hospice, souvent petites et mal ventilées, les conditions hygiéniques indispensables à leur guérison.

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