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PREMIÈRE PÉRIODE. ANTIQUITÉ ET MOYEN AGE

Les anciens ont condamné l'usage du mercure, parce qu'ils le considéraient comme un poison.

Galien {De simplicium meclicamentorum Facultaiibiis, libr. h, cap. 19) le range parmi les agents délétères. DioscoRiDE (cité par Benedictus Victor) dit : {Libro qainto simpliciam pharinacoram, capite sexagesimo) : « Argentum vivum potatum occidit quoniam » interiora membra disrumpit gravitate sua. » Oribase et Aetius ne parlent également du mercure que pour en défendre l'emploi; seul, dans l'antiquité, Paul d'Egine en signale une application thérapeutique : il rapporte que le vif-argent, brûlé, calciné et mêlé à d'autres dro-

(1) La plupart des auleurs qui ont écrit dans le courant de ce siècle sur l'histoire du mercure se sont contentés d'analyser le livre d'AsTRUC {De Morbis venereis), où le sujet est traité de main de maître. Ayant reconnu qu'Astruc lui-môme avait recueilli la plupart de ses matériaux dans les auteurs duXV^ et du XVP siècle, dont Luisinus etGruner ont réuni la collection sous le titre d'^p/u'odisi'acas swede lue venerea, etc. Lugduni Batavorum, 1728; supplém. Jéna, 1789, in-fol., nous avons,

chaque fois que nous avons pu le faire, consulté les textes origmaux.

et, tout en nous servant d'Astruc comme d'un excellent guide, c'est

surtout à l'aide de ces documents que nous avons rédigé les deux

premières parties de cet historique.

gues a été donné dans La colique et dans la passion iliaque. L'action toxique, que les anciens attribuaientau mercure, paraît avoir été pendant longtemps le principal obstacle à son introduction dans la matière médicale : « Omnes » enim cum experientiâ, dit Benedigtus Victor, in )) hanc sententiam veniunt quod ejus fumus, quum ho- » mini assiduatur, et aufert sensum et motum, corrum- » pitque visum etauditum. » Les auteurs qui veulent défendre le mercure soutiennent, au contraire, qu'il n'est pas un poison. Nous devons signaler ici la révolution qui s'est faite à ce point de vue dans la thérapeutique : loin d'éliminer les poisons de leur matière médicale, les modernes les comptent parmi ses agents les plus précieux; non-seulement il n'y a plus de contradiction entre l'idée de poison et celle de médicament, mais, au point de vue de la physiologie générale , il y a presque identité entre les deux ordres d'agents, ils ne diffèrent que par l'intensité de leur action : « Les préparations » dont nous faisons usage n'agissent réellement qu'à » cause de leurs propriétés toxiques qui aj)23ortent un » trouble étranger à l'économie. » (Bernard.)

Les Arabes et les arabistes reproduisent les accusations des anciens contre le mercure, et cependant c'est à eux que l'on doit, en réalité, son introduction dans la thérapeutique. Ils n'osent pas le donner à l'intérieur, mais ils le prescrivent en, pommades et en onguents contre les maladies de la peau, et ce sont les mêmes préparations que, plus tard, l'on appliquera par analogie au traitement des manifestations cutanées de la syphilis. Rhazès (libr. 9, ad Almansor 850), Avicenne (libr. â, tract. 2, cap. h7) Serapion, {libro de simplici medicinâ), Mesue [Jn Antidotario) conseillent les mercuriaux contre les poux, la scabie, les herpès et les

impétigmes ; on. les emploie également dans les maladies qu'on appelle les gales, les rognes, la morphœa, le maliim mortumn.

Petrus Hispanus, célèbre médecin, qui devint souverain pontife en l'an 1276 sous le nom de Jean XXI, les recommande dans son Thésaurus pauperum (cap. h, de pediculis et lentibus) contre les pediculi ; Roger DE Parme (1250), Rolland Capellutus (1268), Guil- LELMO Varignana, dc Gôncs (1300), Bernard Gordon (1305), et Valesgo de Taranta (1A18), professeurs à Montpellier, Guy de Ghauliag (1) prescrivent aussi ces pommades; nous devons, enfin, mentionner tout particulièrement Théodoric, médecin célèbre en 1280 [de Mcdo mortuo), et Arnaud de Villeneuve en 1300 {de Scabie seu pruritis), car Jean de Vigo dit expressément dans son Traité : « Tout ce qu'on a trouvé de bon » pour la guérison de la vérole, tant dans les remèdes » particuliers que dans les généraux (croyez-moi, j'en » ai l'expérience), vient de Théodorig et d' Arnaud de » Villeneuve. »

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