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CHAPITRE IV

TROISIÈME rÉRIODE. — Xix'' SIÈCLE.

Au — ncemeatde ce siècle, après ^^^^è-^ f^ riode de calme que nous ayons -S-^'' ' "^J. trouve tout à coup eri butte, dans tous ^^.^ P^i^ ™ rope à des attaques violentes et multipliées ; il semble «u^il subisse le contre-coup de latourmente révolution- • nai l rie discute comme on discute toutes les traditio"ié;:éesparles anciens; de toutes parts surgissent des novateurs et des réformateurs

Vn France c'est Broussais qui porte les premie s

le mercure est 1 unique cause rr^^sayunl, le bon

daires-, il reste isolé; sans ^oute, err urs. Il

sens des Anglais les presen- <l« P""^fJ viennois,

n'en est pas de -^^'-^^^if^'^'^Su nZ..., vient chargé d'un service d hop Ul Josn«

soutenir la -^-^/'^«^^Staire p chant un nouvel maul, avec les ^Uure^ "^"^f^ , histoire et des faits,

évangile; <^^i ^^'^^ l^TL divagations, plusillogique, plus extravagant dan ses^ d ^

que tous les antimercunalistesjles^wna^J^^^^^

.■ j. i-hUtoriaue, consultez Kussmaul.

(1) Pour celte partie de 1 mstoriciuo,

semble donc que ses contemporains doivent faire immédiatement justice de ses allégations dénuées de tout fondement, et Ton constate, avec un profond étonnement, qu'il fait école dans son pays !

Son compatriote, Lorinser, chirurgien distingué de riiôpital de Vienne, lui prête l'appui de son nom et le secours de sa plume ; il soutient que l'on a souvent rattaché les manifestations de l'hydrargyrose chronique à la syphilis, à la goutte et à des maladies du système nerveux ; tous les syphilitiques étant soumis depuis plusieurs siècles au traitement mercuriel, il est impossible dit-il, de décider si les accidents qu'ils présentent sont dus à la maladie ou au médicament; il considère •comme douteuse l'existence de la syphilis secondaire ou tertiaire Aidé du chimiste Kletzinsky, il constate, après Melsens, que l'iodure de potassium favorise l'élmimation du mercure, et il part de là pour conclure que 1 action curative exercée par ce médicament sur les accidents attribués à la syphilis secondaire et tertiaire, n'est due qu'à l'expulsion du médicament. Ces étranges assertions font grand bruit en Allemagne, et Virchow lui-même se croit obligé de descendre dans l'arène pour •démontrer l'existence de la syphilis constitutionnelle.

L'erreur d'Hermann et de Lorinser était cependant trop grossière pour soutenir longtemps la discussion Dès 1857, quatorze syphilitiques qu'Hermann traitait sans mercure sont évacués, par mesure d hygiène, dans les salles de son collègue, le professeur Sigmund et celui-ci constate que tous présentent des accidents secondaires !

Peu de temps après (1861), Kussmatil, dans son beau livre sur le mercurialisme, démontrait, par un grand

nombre de faits bien étudiés, que les accidents du mercurialisme diffèrent essentiellement de ceux de la syphilis : la question était jugée. Il ne faudrait pas croire cependant qu'Hermann se soit tenu pour battu : il a maintenu ses assertions contre toute évidence, et, en 1873, il adressait une requête à l'État pour l'inviter à interdire la vente du mercure. M. Després trouve que ces sypliiliographes sont allés trop loin !

Il semble vraiment qu'à de certaines époques les idées fausses se produisent épidémiquement, et c'est bien avec raison que, dans un discours célèbre, M. Thiers les comparait aux maladies pestilentielles. Vers la même époque où surgissait la petite école des antimercurialistes viennois, un médecin français, que nous croyons» pouvoir -sans inconvenance qualifier d'excentrique, Auzias Turenne, venait préconiser la sypliilisation, et comme tout inventeur d'une nouvelle médication, il combattait les médications anciennes ; il fut donc antimercurialiste (1851) ; ses adhérents en France furent bien peu nombreux, mais il en trouva à l'étranger, et de fort distingués, Sperino, de Turin, Bœck, de Christiania, qui, comme lui, entreprirent une campagne infructueuse contre le mercure. Nous reviendrons ultérieurement sur les statistiques de Bœck ; rappelons seulement que le congrès médical de 1867, sur les conclusions de son secrétaire général, a jugé et condamné sans appel la détestable méthode d'Auzias Turenne.

A côté des antimercurialistes systématiques qui composent les trois groupes dont nous venons de nous occuper (groupe deBroussais, groupe d'Hermann, groupe d'Auzias Turenne), il en est d'autres qui prétendent s'appuyer, non plus sur une doctrine ou une idée préconçue, mais sur l'observation et l'expérience, et leur

point de départ est juste : il faut, disent-ils, pour apprécier l'action d'un médicament, connaître la marche naturelle de la maladie; avant d'admettre, comme on le faisait au siècle dernier, que la syphilis ne peut guérir sans mercure,, il faut prouver que cette maladie n'est pas susceptible de guérir spontanément, et on ne peut le faire tant que les malades qui en sont atteints seront soumis indifféremment au traitement mercuriel. Pour iu-er la question, il faudra prendre plusieurs séries de malades dans des conditions analogues, laisser les uns sans traitement, appliquer sérieusement chez les autres la médication mercurielle et comparer les résultats ; alors seulement l'on pourra juger dans quelle mesure la maladie est influencée par le médicament . ^

William Fergusson paraît être entré le premier dans cette voie. Chirurgien de l'armée anglaise qui occupait le Portugal en 1813, il crut remarquer que les syphilis miérissaient plus vite chez les soldats portugais traites sans mercure que chez les soldats anglais; mais les mauvaises conditions, dans lesquelles se trouvaient ces derniers enlèvent toute valeur à ses observations; Fergusson dit lui-même que non-seulement la syphilis, mais aussi les blessures, étaient plus graves chez eux (1813).

Néanmoins, la publication de son ouvrage exerça une certaine influence sur ses contemporains, et il se torma dès lors une petite école d'antimercurialistes non syste-^ matiques dont les représentants les plus autorises furent John Thompson en Angleterre, Fricke e plus tard Bcerensprung en Allemagne. Les travaux les plus remarquables qui aient été faits dans cette direction appartiennent à M. Diday; ils ont rendu un ree se vi e en apprenant à connaître la marche "^^^ure le de a maladie, les lois de son évolution et la possibilité de sa

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guérison, mais ils n'ont rien prouvé contre le mercure, et la meilleure preuve en est que M. Diday lui-même le donne dans tous les cas graves.

Nous aurons à discuter plus loin sa doctrine et les faits sur lesquels il l'appuie.

Nous n'avons pas parlé, et nous ne parlerons pas, d'un cinquième groupe d'antimercurialistes, cependant fort bruyant. Le dix-neuvième siècle a, comme le seizième, ses charlatans et ses vendeurs d'orviétan ; si l'histoire doit constater le rôle néfaste que ces empiriques ont joué dans les temps passés, la science contemporaine n'a pas à s'occuper, même au point de vue purement bibliographique, de leurs dignes successeurs : elle ne les connaît pas.

Malgré toutes ces attaques, l'utilité du mercure dans la vérole est presque universellement reconnue aujourd'hui, grâce surtout à notre grand Ricord, qui en a nettement précisé les indications, l'a banni du traitement de la blennorrhagie et du chancre simple, et en a montré la puissance dans la syphilis ; il est employé par la grande majorité des médecins, et il continue à rendre journellement les plus grands services à l'humanité.

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