CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES
Nous devons tout d'abord nous demander ce qu'il faut entendre par ces mots : action physiologique cla mercure. L'adjectif qualificatif physiologique est souvent employé comme synonyme de normal, particulièrement dans l'expression « état physiologique »; il nous paraît évident que ce n'est point ainsi que nous devons l'entendre. On peut parler de l'action normale d'un aliment, car, par définition, il entre régulièrement dans la constitution de nos tissus et de nos humeurs ; mais un médicament ne peut avoir une action normale ; l'idée de médicament et celle d'état physiologique sont même contradictoires , car Claude Bernard a dit : « Les » préparations dont nous faisons usage n'agissent réelle- » ment qu'à cause de leurs propriétés toxiques, qui » apportent un trouble étranger à l'économie. »
Nous ne pouvons pas admettre non plus, avec M. Debove (1), que l'action physiologique d'un médi-
(1) Debove. L'action physiologique des médicaments peut-elle devenir la régie de leur emploi thérapeutique? Thèse d'agrégation.— Paris,
cament soit exclusivement celle qu'il «
„ l'organisme sain, c'est-à-dire sur l'organisme a 1 état
» physiologique. »
Tous les efforts de la science moderne tendent, en effet, à prouver qu'il n'y a « aucune différence radicale „ entre la nature des phénomènes physiologiques pa- ,, thologiques et thérapeutiques; que tous ces phéno- » mène! d'érivent de lois identiques dans leur essence „ et ne varient que par les conditions diverses dans » lesquelles les phénomènes se manifestent. » ("Cl. I3ekll2 lntrodu!tion à Vétade de lamédecme eccper.
" Il y"t une physiologie pathologique dont les lois sont les mêmes que celles de la physiologie normale l acti^ des médicaments sur l'organisme sam ne peut donc être Sitimement séparée de leur action sur l'organisme m! irm- que l'on donne du mercure à un hoimne bien potaîit ou syphilitique, il est évident qu a U meme il exercera une action identique sur le sang sui fes mùqueusl et sur les sécrétions. Nous dii.ns donc staplement M. physiologique du mercure est celle
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d'application ; puis le médicament -t fso.be i pa e
danTla circulation, il agi^ ^«^f .^Ive^e les protissus, jusqu'au moment ouil^es^eiim^^
il dit • « Nous croyons nous (1) M. Debove a prévu l'o^jection et^a^^ ^^^^^.^^^ ^^^^^^^
être prémuni contre elle, au ^ i^ur action sur certains
sant ressortir que les ^^^^'^^'^'l'ZLéan.nU si, dans une malatissus, sans changer les autres; et, p médicament modifie-
dicament. »
duits de sécrétion ou emmagasiné dans certains organes comme un corps inerte. Nous aurons donc à étudier successivement l'action directe ou topique des mercuriaux, leur mode d'absorption, les troubles qu'ils provoquent dans la constitution des liquides et des solides, ainsi que dans le jeu des organes, et enfin les désordres que peut entraîner leur élimination; nous montrerons comment l'action locale varie essentiellement suivant la préparation que l'on emploie, tandis que l'action générale, si l'on fait abstraction des phénomènes passagers de réaction, est la même pour tous les composés.
Mais nous devons indiquer d'abord sous quelles formes chimiques le merciu-e est employé en médecine et sous quelles formes il paraît agir dans l'organisme.
Tableau des préparations mercurîelles employées en médecine
NOMS ET SYNONYMES
PROPRIÉTÉS ET CARACTÈRES PHYSICO* CHIMIQUES
MODE
d'administration
Mercure
Hg . ■ hydrargyre, vii-
argenl, mercure
cru.
Densité' 13.596. Métal liquide à la température ordinaire, opaque blanc, très mobile, inodore, insipiiie. Se solidifie à -hO° et devient malléable, bout à 350°, chauffé à l'air, il se recouvre d'une pellicule rouge d'oxyde mercurique.
Il forme des amalgames avec l'or, l'argent, le plomb, l'étain, le zinc, le bismuth. Il réduit un grand nombre de composés salins.
A l'état liquide.
En solution (eau mercurielle).
Mélangé avec la craie, à la magnésie.
Pommades, cérat, emplâtres.
Pilules de Bellorte, de Sedillot, de Lagneau, pilules bleues de Plenck.
Protoxyde de mercure
Hg'O, ( oxyde mercureux gris).
Poudre noire, insoluble dans l'eau. Se décompose en mei-cure et en bioxyde sous l'influence de la lumière à 100 degrés.
(Mercure soluble de Mascagnj.
Eau phagédénique noire).
NOMS ET SYNONYMES
MODE
d'administration
Bioxyde
(deutoxyde, oxyde mercurique, précipité rouge, précipité perse).
Obtenu par voie sèche. ■- Poudre cristalline d'un rouge brique, devenant orange par la porphynsalion, et d'un rouge vif si Ion
chauffe. . ,
Obtenu par voie humide : jaune amorphe, plus actif et plus constant dans ses effets; la lumière le colore en noir, la cha eur le décompose, un peu soluble.
Eau phagédénique noire.
Eau phagédé-
nique.
Pommades de Lyon , de Desault.
Poudre caustique.
Onguent.
Deutosulfure.
HgS, cinabre , vermillon, sulfure mercurique.
Se trouve dans la nature en masses compactes (cinabre), quelquefois en pVismeshexagonaux ou en rhomboèdres rouges transparents, se fabrique en combmant le soufre et le mercure par sublimation, il est rouge fon e a texture fibreuse et cristalline, densité, 8.19/.. Se volatilise sans
vermillon, d'-n rouge écarlate, est obtenu, en triturant dans un mortier, 300 Parties de xnercure, m de soufre et de po tasse, ^.00 parties d eau a ^5 .
1 L'ethiops mmeral est une ^a riété impure de sulfure de mer-
1 cure.
Protochlorure Hg2Cl, calomel, mercure doux , précipite blanc.
Se rencontre dans la nature.
On le prépare de h manières :
Prot?chlorure par sublimation; Protochlorure pulvérulent à la
Trmjchiorureparprécipit^ion ^nrécipité blanc le plus divise).
fS' sTTsloAt'dans les chloruré alcalins qui le transforment
en sublimé corrossif.
Poudre.
Fumigations.
Pilules, et incorporé au chocolat.
Collyre sec.
Pommades.
Pilules , biscuits, etc.
Il est prescrit comme purgatif à la dose, de 0,02 à 0,05 centigr.
pour enfant, 0,95 centigrammes à 1 gramme pour 1 adulte.
— hb —
NOMS ET SYNONYMES
PROPRIÉTÉS ET CARACTÈRES PHYSICO-CHIMIQUES
MODE
d'administration
Bichlorure
sublimé coiTOSil, poudre à successiou.
Blanc, anhydre, cristallin, saveur acre, de'sagre'able, poison corrosil'; plus volatil que le calomel, se dissout dans 16 parties d'eau froide et 3 parties d'eau bouillante. Très soluble dans l'étlier et l'alcool. L'albumine forme avec lui un coagulum soluble dans un ^rand e.Kcès d'albumine, dans les "solutions de chlorures alcalins et surtout dans le chlorhydrate d'ammoniaque.
Utilisé en solution (Van Swieten) au 1/1000.
Utilisé en collyre (Sichel).
Utilisé en gargarisme.
Utilisé en injections (Liégeois).
Utilisé en lotions, 1/1000.
Utilisé en bains 10 à 30 grammes.
Pommades (Cyrille) 1/10.
Pilules.
Trochisques. — Cigarettes.
Poudre.
Protoiodure Hg'-l, iodure mercureux.
Préparé en triturant du mercure avec de l'iode et de l'alcool.
Poudre vert-jaunâtre, insoluble dans l'eau et l'alcool. A la lumière, devient vert fonce, puis noirâtre. Est dédoublé par l'iodure de potassium.
Dose de 0,05 à 0,15cent.chez les syphilitiques s'administre en pilules Hicord, pommade Biett, collutoire.
Deutoiodure
iodure merciu-aque.
Le mélange d'iodure de potassium et de sublimé corrosif fournit ce produit d'un beau rouge écarlate, peu soluble dans l'eau, soluble dans son poids d'iodure de potassium. Chauffé, il fond en un liquide jaune foncé qui forme une masse jaune par le refroidisse- I ment.
Pilules de Puche.
Pommades (Cazenave).
Sirop (de Giberl).
Dose maximum 0,05 centigr.
lodochlorure de mercure.
Sel rouge ^renat, caustique, obtenu en chauffant le calomel avec de l'iode (sel de Boutjgny).
de
Pommade Récamier.
Pilules de 0,01 centigramme.
Sulfate HgO.SO^ deutosulfate.
Poudre blanche cristallme, inaltérable à l'air, se décomposant au contact de l'eau en suliate acide soluble et sulfate H'^'f qAT luble (turbith minerai), oHgUbUJ.
Pommade.
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NOMS ET SYNONYMES
PROPRIÉTÉS ET CARACTÈRES PHYSICO-CHIMIQUES