‹ Du mercureChapitre 8 sur 48 · DE · texte numérisé non relu

DE

d'administration

Azotate mercureux

3Ha2 0,2 AzQS

-\- 3 HO, protoaitrate de mercure. .

Azotate mercurique

Hg02Az 0= + aq.

deutonitrate de mercure.

Obtenu en faisant dissoudre du 1 Pommade mercure dans de l'acide azotique, théretique. étendu • d'eau, il cristallise en Pommade prismes rhomboïdaux incolores, trine.

ca-

Sel blanc caustique, décompose par l'eau froide. Ne peut être employé en médecine qu'en dissolution dans de l'eau aiguisée d'acide azotique (nitrate acide de mercure) Cette dissolution est sirupeuse, incolore; c'est un caustique violent qui tache la peau en rouée brun.

Solution caustique.

Cyanure de mercure

HgCy, prussiate de mercure.

Sel incolore, cristallisé en prismes rhomboïdaux, inaltérable a l'air, soluble dans l'eau, saveur métallique, nauséabonde, peu réductible en présence des substances végétales.

Liqueur Chaussier.

Pommade.

de

Acétate mercu reux,- terre foliée mercurielle,

Hg2 0C4H303.

Oléostéarates et oléomargarates mercuriels.

Stéarate de bioxyde de mercure.

S'obtient sous forme de paillettes micacées, grasses au toucher, inodores, presque insipides, noircissant à la lumière, peu solubles dans l'eaa froide,

Substance d'un gris pâle immé diatement après sa précipitation, devient plus foncée au bout d un certain temps.

Anti syphilitique en pilules de 0,01 à 0,10 cent.

Pommade, frictions. Jeannel, pilules.

Combinaison

bien plus stable aueTeTprécédentes et qui donne, mêle'e à l'axonge, une pommade blanche se conservant bien et pouvant remplacer avec avantage, d'après Jeannel, 1 onguent napolitain.

— Ul — CHAPITRE II.

L'étude des modifications que le mercure et ses différents composés subissent dans l'organisme soulève des problèmes de chimie physiologique extrêmement complexes et délicats. Nous ne craignons pas d'affirmer que, dans l'état actuel de la science, un petit nombre seulement d'entre eux est susceptible d'une solution précise. Nous indiquerons succinctement les résultats que l'on peut considérer comme définitivement acquis, sans entrer dans la discussion des nombreuses hypothèses qui ont été formulées relativement aux points qui restent indécis.

On sait que le mercure peut pénétrer dans l'organisme par trois voies différentes : la peau, la muqueuse digestivé et la muqueuse pulmonaire ; nous devons rechercher d'abord sous quelle forme il est absorbé.

Un certain nomlDre d'auteurs affirment que, sous l'influence de frictions, le mercure métallique, divisé en gouttelettes extrêmement fines, peut pénétrer directement dans l'épaisseur de la peau et de la muqueuse intestinale, et, de là, dans les radicules lymphatiques.

En 18A7, Landerer, et, en 18A9, V. Hasselt assurent qu'ils ont constaté la présence du mercure métallique dans le sang. Peu de temps après, Oesterlen entreprend des expériences sur des chats ; il leur fait des frictions avec l'onguent mercuriel sur le ventre, préalablement rasé ; il leur fait avaler la même préparation , et il prétend trouver dans la plupart des organes des gouttes àe mercure dont la grosseur varie de 0™"^001 à 0"^"^00A.

— kS —

En 181u , Eberhard renouvelle Texpèrience sur un lapin et trouve des globules mercuriels dans la partie de In T)eau aui a été frottée. .

In 1861, Overbeck arrive aux mêmes conclusions. 11 es facile dit-il dans son livre (page 19), de démener a p'^.nce des globules mercuriels dans les parUes de la peau qui ont été frottées et dans le tissu ce ula re hcent les gouttelettes sont plus finement div.sees aue tos 'onguent napolitain ; au lieu de 0»'e50 elles ne ^ »nt nlusaue de 0-005 à 0-0005 ; quelques-unes rp^at^nt^^ore trés-volun— m 'elles soient oxydées comme le croyait \ oit Chez un

r. riQn« 1p tissu sous-pleural il ait, cmm, en i:XétprL!nedanslLfeces>sre constate la p ^^^^^ ^^^^^^1^ <.j,,<lia-

Merrd«^f°-- -l^"^ P""" " ?^r7 ontoe'complétement le dire des auteurs qui pre-

I d nt U f otravec 10 grammes d'onguent napoUt^m

i:rrrre::rketi— ^^^^^^^^

découvrirdes globules "--"-'j^nS de répiderine, . à 0-00J.95 dans les couches 'Ç^^^ l^^-^^ dans le corps muqueux, dans epai «eu

dans ^-l<l-^»f :::J,:tirs d-tS: avec de 5 à frictionnés pendant <I"=^t"^%\3,„, trouve des glo-

10 grammes ^^n^^^^^^^ ^„,,,„.;„é,

bules dans le f°".»".^^%trd-autres chats, auxquels mais non dans les viscères, onezu

11 a fait prendre pendant plusieurs jouis des p

d'onguent citrin, le foie, la mte, le tissu connectif des villosités renferment des corpuscules mercuriels.

Ces expériences paraissent décisives, et il semble qu'en présence d'assertions aussi catégoriques, la question doive être considérée comme résolue. Il n'en est rien cependant, et nous voyons bientôt BaBrensprung, Hoffmann et Rindfleiscli nier l'absorption en nature cîii mercure métallique aussi formellement qu'Overbeck et Blomberg l'affirment. Déjà Autenrieth avait vu que des fragments d'or, introduits dans le tissu cellulaire sous-cutané, ne s'amalgament pas à la suite de frictions. Neumann (1871) admet, après M. le professeur Gubler(1869) (1), que le mercure pénètre dans les conduits des glandes sudoripares et dans les follicules pileux; mais il ne peut le suivre plus loin. Von Bœrensprung, Hoffmann, Rindfleisch (1870), répètent les expériences de Blomberg et d'Overbeck, et ils cherchent en vain le métal dans le chorion et dans le sang. Rindfleisch croit que ces derniers auteurs ont été trompés par de fausses apparences. Si l'on frictionne l'oreille d'un lapin, on ne trouve de mercure entre les cellules de la couche cornée que dans les points où l'épiderme est fendillé ; il n'y en a ni dans le corps muqueux, ni plus profondément. Après une friction sur l'avant-bras d'un cadavre, on ne rencontre de globules que dans les sillons interpapillaires. Après l'administration à l'intérieur de pilules mercurielles, Rindfleisch a constaté la présence du mercure métÊ^llique dans les globules blancs des glandes mésentériques ; mais la muqueuse était le siège d'ulcérations qui avaient pu servir de porte d'entrée au poison. Introduit dans le péritoine, le mercure pénètre

(1) Gubler, Sociëtë de Biologie, 1869.

HALLOPEAU.

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aans les lymphatiques '^^^^f^^^^'j:::

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est%lonc résolue P^^^ ^f^r^i drus^tissus. nètx-e en nature m dan le san exclusive- D'auti-es auteurs ont dit ^ ^^^^'^ ^^^^^^ expé- ,,ent sous la for- de vapeur , dep»

riences de Merget (18,1 . qu a « mercure beausalines des métaux P-^-^/^^/^^^f possédait aupara-

eoup plus -"-"XX '-t -^—^^ vant, on sait que lemeicure ci diffusibles. pérature ordinaire des vapeurs extremem^^^ ^ ^

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Il est faux de dire que, dans le ca „e s'absorbe -c "Siv^nent |aj^^^^__

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rienee était dispos e de ^»%=° ' X ennée, respirait tion.le l»!i-*',P/,^?,';/f°U^:uedeWaldenburg; le Tair extérieur à 1 ai^^® du masiiu

bras frictionné fut entouré soigneusement de laine et de taffetas gommé: on laissa l'appareil pendant 60 heures, et pendant ce laps de temps, Fleischer put constater la présence du mercure dans l'urine, en très petite quantité, il est vrai.

L'absorption par les voies respii'atoires paraît être beaucoup plus active. Le fait suivant de Samelsohn en donne une preuve frappante : un homme, habitant un local très étroit, se fait une friction; six heures après, sa femme, qui n'a pas touché au mercure, présente les premiers signes d'une salivation qui atteint, au bout de deux jours, son maximum d'intensité.

Les recherches précédemment citées de Rindfleisch, d'Hoffmann et d'e Bferensprung semblent indiquerque le mercure n'est pas absorbé en nature, et qu'il doit, par conséquent, nécessairement subir des modifications cliimiques avant de pénétrer dans le sang. La nature de ces modifications a été l'objet de vives controverses qui durent encore aujourd'hui. Chaque auteur qui les a étudiées a donné sa théorie.

Donavan , Christinson et Bserensprung ont montré que l'onguent mercuriel, pour peu qu'il ne soit pas très frais, contient «une quantité notable de mercure oxydé. Voit, cherchant le métal dans des fragments de peau qui avaient été frottés, l'a trouvé constamment sous la foiTue d'oxyde; il admet que vraisemblablement cet " oxyde se transforme ensuite en sublimé. Suivant Millier (1870), lorsque la peau a été frictionnée, les chlorures de la sueur attaquent le mercure, et il se forme un sel double qui est résorbé.

D'après Mialhe, dont la théorie est longtemps restée classique, toutes les préparations mercurielles usitées en médecine, en réagissant sur les dissolutions des chlorures

, m, seules ou avec le concoursde l'air « produisent alcahns, seules ov corrosif, ou, pour

,„e certame ^^^m-e hydm-§yrico-alcalin ; la quau- "'rr '":ii:rSend -issfnce avec les différents taé de- ^"^^'^^ ,„,„ure est loin d'être la mime

composes ^""" ^ti^^yde de mercure, et la plupart pour " eVqui lui correspondent par leur

aes ^«^P°-=. 'Xtosels de mercure en général, mis en composition les de^^tose^^^ donnent du deuto-

presence des chlo t s alcalin; le prochlorure de ^'^'"''^"Jl des composés binan-es toxyde de '™'-«»'-«' ^1"/ composition, conunenqui lui correspondent '^^ ^^ ^e mercure ; ce n'est

cent par prodmre du V^^X^j^'^nte lo^'^^ne très-faible

,„ n-xv une réaction subséquente q^i " que pai une p,oiuite. C est

proportion de ^^^^ ^^^^tituent des agents

K:s,rdil que les P-:tti;u"n:;i:s:

lur décomposition ^^-^^^'l^'^;^,^, beaucoup de

^'°P"r,?: X s e uteur'soul quelque forme celle de Mialhe ; d après ^ chlorures du

qucl'onintrodmse le^^^^^^^^^ en calo

sang " bichlorure; celui-ci forme une

„,el et des oxydes -^Jo ^ combinaison avec le cldoruie ^^^^.^^^ ^^^^ ^^^j^.

Voit admet, comme Mialhe. ^ ; sels est de beaucoup la p u» ^^^^ ^^^raises.

Ces propositions ne sont pms ^ au moins sous la pensent que le

née leurs auteurs • liucntiu

protochlorure se combine avec l'albumine en un compose assimilable ; Otto Graliam admet que le protochlorure de mercure peut former avec les chlorures du sang des sels doubles solubles; enfin les recherches les plus récentes semblent indiquer qu'il se produit alors un sel double, un albuminate d'oxyde de mercure, uni au chlorure de sodium. L'intervention de l'ozone paraît jouer un rôle nécessaire dans la formation de ce composé. Nous empruntons au traité de M. le professeur Jaccoud l'analyse des travaux de V oit et d'Overbeck sur ce point intéressant de chimie physiologique. Selon Voit, c'est le mercure lui-même qui détermine la modification de l'oxygène en ozone, et les globules du. sang auraient pour rôle de transporter l'ozone du mercure au chlorure de sodium, lequel accomplit, avec l'aide de l'albumine (Selmi et Grimelli), la métamorphose du métal en sel soluble. Le processus serait plus simple, d'après Overbeck, en ce que le métal n'aurait aucune propriété ozonogénique, mais trouverait tout fait dans le sang et dans le suc des tissus l'ozone nécessaire à la formation du sel double Cfui est l'aboutissant ultime et constant de l'évolution du mercure dans l'organisme. La propriété ozonogénique qu'Overbeck refuse au mercure, il l'attribue au fer de l'hématine des globules sanguins.

Avant d'aller plus loin, nous devons mentionner encore les recherches intéressantes de Bellini sur les modifications que subissent, dans le tube digestif, les chlorures et les bromures, à jeun. Le calomel, introduit dans le tube digestif, est dissous en petite proportion dans l'estomac, en plus grande dans l'intestin. Dans l'estomac, il se forme, sous l'influence des chlorures alcalins, d'une part, et de l'acide lactique de l'autre, un chlorure double de mercure et de sodium ou d'ammo-

niaque, en même temps qu'un lactate de mercure Dans l'intestin l'action des carbonates alcalins amène la lormation d'un oxyde de mercure, puis d'un sel douW«- Arrivé enfin dans le gros intestin, le caloniel subit 1 action de l'hydroî^ène sulfuré et se transforme en sulfure de mercure; cette dernière réaction ne se produit pas chez les petits enfants. Quand lecalomcl est introduit dans estomac pendant la digestion, il se décompose en t» alite ou ton au moins en grande partie, sous 1 infuence des matières protéiques; il se fonne surtout du mercure Métallique et un albuminate soluble. Si le calomel ag plus efficacement dans la première enfance, c est qu u ne se transforme pas en sulfure. La magnésie en fa. o-

Hse l'action en —^l'^^l^'J^:, -^Imibîe de masnésium et de meicuie.

Te LiaL. emayent l'action des carbonates alca Uns sur le calomel et diminuent, contrairement a ce que 1 ou croyait autrefois, son action purgative. U «i»";' St Bellini, éviter de donner des ^^''-f-^ " même temps que le calomel, non pas, comme on le peu rr pour éviter la formation d'un excès de sublime, et 's^u°k une action trop active, -is dans a— d îvohfenir Qu'une action msuffisante (?)• même, LtndSinistrés en ^l^^^^^t:^ de mercure, empêcheraient la ,. . les

amoindriraient ^^ZÎ^:^:^^^ - SrilX. -abcès co.^lfsaux

Tes'iorrrLt^uts de mercure subissent des mod ications très analogues à celles cpie nous — d'indiquer. Introduits dans le tube digestif, il. ^nt

plus OU moins rapidement convertis en sels doubles dans l'estomac par les chlorures alcalins, et les acides lactique et chlorhydrique; ils subissent la même modification dans le petit intestin, sous l'influence des chlorures et des carbonates alcalins du suc intestinal. Il y a plus de sel double produit avec le protobromure qu'avec le protoiodure, mais il y a en a plus encore avec le biiodure et le bibromure qu'avec le protobromure. Parvenus dans le gros intestin, les iodures et les bromures de mercure et les sels doubles qui résultent de leur décomposition sont transformés en sulfure par l'hydrogène sulfuré, excepté chez les enfants à la mamelle (Bellini).

Quand on applique les iodures et les bromures de mercure sur le derme mis à nu ou sur une plaie, ils se changent partiellement en sels doubles, surtout par l'action des chlorures avec lesquels ils sont en contact. C'est donc comme sels doubles qu'ils agissent, soit localement, soit à l'intérieur ; ils se comportent exactement comme le calomel. Sont-ils pris pendant la digestion en même temps que le soufre et les hyposulfites alcalins, la production d'hydrogène sulfuré qui en résulte annihile leur action. Le lait, une diététique très excitante, les iodures alcalins, les bromures, les sulfites, l'ammoniaque et ses sels, à l'exception du sulfhydrate, l'eau de laurier-cerise, pris à jeun, en augmentent au contraire, les effets généraux et locaux; on peut en dire autant de la magnésie, sous forme d'hydrate ou de carbonate, et sans doute aussi des boissons acides, des fruits, etc., pris plusieurs heures avant l'administration de ces médicaments. Belhni est amené ainsi cà cette conclusion que tou^ les agents capables de donner lieu à une production d'hydrogène

sulfuré dans le tube digestif, soufre, sulfhydrates alcalins, hyposulfites, etc., sont contre-indiqués quand les iodures ou les bromures de mercure sont donnés à l'intérieur ; et si on les prescrit en frictions, incorporés dans une pommade, on ne fera pas prendre de bains sulfureux aussi longtemps que durera leur usage.

M. Rabuteau croit pouvoir être en mesure de démontrer un jour que les combinaisons mercurielles introduites dans l'organisme sont toutes amenées finalement à l'état de mercure métallique. Il admet, sans preuves, l'absorption en nature du médicament. Il croit que, dans l'estomac, le protoiodure se transforme en mercure et en deutoiodure sous l'influence de l'acide chlorhydrique, et que le deutoiodure se réduit à son tour en donnant naissance à un iodure de sodium que l'on retrouve dans les urines. Quant au mercure qui provient de la réduction du protoiodure, puis du biiodure , il serait absorbé comme celui qui est introduit à l'état métallique. Suivant le même auteur, le calomel subit lentement des métamorphoses analogues à celles que nous venons d'indiquer pour le protoiodure ; il donne naissance à du mercure métallique et à du bichlorure; et il est probable que le bichlorure se réduit à son tour en donnant du chlorure de sodium et du mercure métallique.

L'opinion de M. Rabuteau paraît être tout à fait isolée, et, de l'aveu même de l'auteur, elle ne repose pas sur des faits précis ; les probabilités en pareille matière ont bien peu de valeur.

Si l'on ne possède pas de données sûres relativement aux formes chimiques que revêtent les mercuriaux pour pénétrer dans la circulation, l'incertitude est encore bien plus grande quand on cherche à les suivre dans le sang, dans les tissus et dans les glandes par lesquelles ils

s'éliminent, ou pour mieux dire , l'on est à cet égard dans une ignorance presque complète. On sait que le mercure peut séjourner dans la plupart des tissus, car on l'a trouvé dans le sang, dans le foie, dans les reins, et d'une manière générale dans tous les viscères des sujets intoxiqués ; mais on ne sait pas quelle forme il y revêt.

C'est dans le foie et dans le rein qu'il s'accumule en plus grande quantité ; deux physiologistes de l'école de Lyon, MM. Mayençon et Bergeret, ont fait à ce sujet des recherches intéressantes (1873) : ils injectent 0,15""™ de sublimé sous la peau d'un lapin ; au bout d'une heure, l'animal est sacrifié et la présence du mercure est constatée dans tous les organes, surtout dans le foie et dans les reins ; la même expérience est répétée sur un second lapin, on le tue au bout de deux heures, et l'on, trouve beaucoup de mercure dans le foie, dans les muscles, et même, en petite cpantité, dans le cerveau. On pourrait se demander si la présence d'une plus grande quantité de mercure dans le foie et les reins ne tient pas à la grande quantité de sang qu'ils renferment? Une troisième expérience de MM. Mayençon et Bergeret répond à cette objection : chez un lapin sacrifié deux heures après une injection de 0.01 centigramme de sublimé, ils constatent que le sang contient beaucoup moins de mercure que ces viscères.

Les voies principales de l'élimination sont les reins ; mais on a trouvé également le métal dans la salive, le lait, la sueur et les fèces . Le fait a été contesté pour la salive; la plupart des recherches ayant été faites à l'aide de salive mixte, on a dit que, si l'on y rencontrait du mercure, c'était à cause de la stomatite, et que c'était dans l'épithélium buccal et non dans le liquide salivaire que se trouvait le médicament (Kuhne) .

L'objection était siDécieuse ; on a dû l'abandonner depuis que Bernasky a constaté la présence du métal dans la salive extraite directement du canal de Sténon. Faut-il conclure de ce fait à une relation directe entre la stomatite et la iDrésence du mercure dans la salive? Non, certainement, car on ne peut invoquer aucune preuve en faveur de celte hypothèse , et la clinique, ainsi que nous le verrons, semlDle plutôt en démontrer l'exactitude .

' L'élimination par le lait est très -importante au point de vue thérapeutique , puisqu'elle permet de traiter, par l'intermédiaire de la nourrice, l'enfant infecté de syphilis. Bien qu'à plusieurs reprises elle ait été contestée, sa réalité ne peut pas faire l'objet d'un doute, en présence des observations concordantes de Personne, de Binz, de Lewald et de Klink.

Riederer a cherché à évaluer proportionnellement la quantité de mercure que l'on trouve dans les différents organes et les diverses sécrétions chez des animaux empoisonnés par le mercure.

Dans une première expérience, il donne à un chien, en trente et un jours, 0 gr. 798 de calomel; au bout de dix jours, on trouve dans les fèces 75 centièmes, dans l'urine 3 centièmes, dans le cœur, les poumons et le cerveau 27 dix-millièmes, dans le foie 66 millièmes, dans les muscles h dix-millièmes de la quantité de calomel ingérée; on en a donc retrouvé environ les h/ 6^^; le reste a été expulsé avec les vomissements dans les organes qui n'ont pas été examinés. Chez un autre chien, qui prend en vingt-neuf jours 1 gr. 709 de calomel, on en retrouve pendant ce temps dans les fèces il centièmes, dans l'urine 9 centièmes de cette quantité ; pendant les quatre-vingt-un jours qui suivent, on

-en retrouve encore 0.0568 clans les fèces, 0,00/tO dans l'urine, 0,0026 clans le foie.

En présence des accidents persistants qu'entraîne à la longue l'influence du mercure, les physiologistes se sont beaucoup occupés de savoir combien de temps ce métal séjourne dans l'organisme. Les expériences suivantes deMjNl. Mayençon, Bergeret et Byasson présentent à ce point de vue un réel intérêt. Quand on donne une seule dose de mercure, l'élimination en est rapide et semble complète en vingt-quatre heures. MM. Mayençon et Bergeret, après avoir fait prendre à un malade 0,01 cent, de sublimé, constatent c[ue l'urine contient du mercure pendant vingt-cpatre heures et qu'ensuite elle n'en présente plus de traces. M. Byasson s'injecte 0,02 cent, de sublimé sous la peau ; au bout de deux heures, il trouve par l'électrolyse du mercure dans ses urines; au bout de quatre heures, il y en a dans sa salive ; l'élimination cesse entièrement après vingt-quatre heures; il est présumable qu'elle est complète, car MM. Mayençon et Bergeret injectent 0,075 millig. de sublimé sous la peau d'un lapin; quatre jours après, ils le tuent; ils ne trouvent de mercure nulle part.

Quand le traitement a été continué pendant un certain temps, on peut retrouver du mercure dans les urines plusieurs jours après que les malades ont cessé • d'en prendre ,

MM. Mayençon et Bergeret, chez deux malades qLii prennent 0.01 centigramme de sublimé pendant 10 ou 12 jours, constatent la présence du mercure dans l'urine pendant h ou 5 jours après la cessation de la médication. D'autres expériences montrent, comme l'avait bien vu Schneider, ciue, pendant un traitement mercuriel,

la plus grande partie du médicament est immédiatement éliminée, mais qu'il en reste dans l'organisme une certaine quantité qui imprègne les tissus pour n'être éliminée qii'insensiJDlement : l'un des expérimentateurs que nous venons de citer prend pendant sept jours de suite 0,01 centigramme de sublimé, puis pendant quatre jours 1 gramme d'iodure de potassium; dès le premier jour, il y a du mercure dans l'urine ; les jours suivants, on en trouve en abondance dans l'urine du matin ; au bout de sept jours , il ai3paraît également dans l'urine de l'après-midi ; le huitième jour , il survient de la diarrhée, le mercure se trouve dans les selles, bien qu'on ait cessé l'administration du médicament ; enfin son élimination, après avoir augmenté sensiblement sous l'influence de l'iodure de potassium, paraît être complète le onzième jour.

Quand les doses ont été considérables et longtemps continuées, le séjour du métal dans l'organisme peut se prolonger pendant des mois, quelquefois même pendant des années ; il est impossible, en pareil cas, de reconnaître à quel moment il est complètement éliminé, car il peut être tout à fait latent. Ktlssmaul et Gorup- Besanez ont trouvé plusieurs fois du mercure dans différents organes chez des sujets qui, depuis longtemps, n'étaient plus soumis à son influence : par exemple à l'autopsie d'une ouvrière qui depuis un an ne respirait plus de vapeurs mercurielles, ces auteurs constatent à l'aide de la pile de Smithson que le foie contient du mercure ; chez une autre malade, qui meurt de phthisie SIX mois et demi après avoir quitté la fabrique de glaces où elle était employée, on trouve également beaucoup de mercure dans le foie et dans les reins ; des recherches analogues faites chez des syphilitiques qui

n'ont pas pris de mercure depuis plusieurs mois donnent des résultats analogues.

Natalis Guillot etMclsens ont montré, en l&hh, que riodure de potassium favorise l'élimination du mercure ; l'expérience citée plus haut de MM. Mayençon et Bergeret confirme cette manière de voir. Les antimercurialistes viennois ont même affirmé que l'iodure pouvait provoquer la salivation chez des sujets qui ne présentaient plus a-ucun signe d-intoxication. /

Mais il ne faudrait pas cependant exagérer cette influence de l'iodure, car Kûssmaul a trouvé du mercure en abondance dans le foie, les reins, et même le cerveau chez une malade qui, depuis quatre mois, n'absorbait plus de mercure, et qui, depuis un mois, avait pris plus de 60 grammes d'iodure. D'après M. le professeur Gubler, fiodure agit, en pareil cas, non pas en amenant, comme l'a dit Melsens, la formation d'uniodurc double, mais en activant la dénutrition et en mettant ainsi en liberté du mercure immobilisé dans les organes.

Beaucoup d'auteurs anciens, et en particulier Autenrieth, Brodbelt, Becker, Falloppe, Fernel, Fontanus, Fourcroy, Lentilius, Mayerne, Timœus, Guldenklee, Wepfer et Otto, disent avoir retrouvé le mercure dans les os, et plusieurs de leurs observations paraissent authentiques. Fontanus dit positivement : «Dissecto cada- » vere circa juncturas guttulas tremulœ hydrargyri » ame'inventoB sunt. >> En 1792, Brodbelt laisse séclier les os d'un sujet syphilitique dans le but de les préparer; quand il les sectionne, il trouve du mercure dans plusieurs d'entre eux. De même Otto et Gurlt, en ]3risant les os d'un sujet syphilitique, voient s'eji échapper des globules de mercure. Il faut remarquer que dans ces faits et dans tous les cas analogues, le

métal n'a jamais été trouvé qu'après macération des os; il n'est donc pas prouvé que la réduction se soit faitependant la vie, et il est possible que la revivification n'ait eu lieu qu'ultérieurement, sous l'influence de la putréfaction.

Les faits dans lesquels on aurait vu le mercure sourdre en fines gouttelettes à la surface de la peau ne peuvent être admis qu'avec une extrême réserve. Cependant, l'observation suivante de Salmeron paraît démonstrative : un homme, atteint de chancre induré en 1861-62, prend 0 gr. 6 de bichlorure et un peu moins de protoiodure de mercure; il fait en outre des frictions avec ii5 gr. 'd'onguent mercuriel, et se soumet à des fumigations d'iodure de mercure. Il ne salive pas, mais il souffre de douleurs nerveuses, d'insomnie et de pesanteur à la tête ; il a du dégoût pour le travail. Deux mois après la dernière fumigation, il est surpris et alanné de se voir la peau, spécialement à la région de la poitrine, couverte de petits globules de mercure, facilement reconnaissables à l'œil nu ; son linge (?) en porte des traces très visibles ; une lame de cuivre qu'il s'applique sur la peau est amalgamée et montrée à une réunion de médecins ; l'exhalation continua trois semaines.

Maldore, en ouvrant un abcès de la glande sous-maxillaire développé chez un enfant auquel il avait administréquelques grains de mercure pour une affection abdominale, voit distinctement des globules de mercure dans le pus de l'abcès; il s'en élimine pendant une semaine.

Si ces auteurs ne se sont pas fait illusion, la revivification du mercure dans l'organisme doit être considérée cOmme démontrée, car nous avons vu que, selon toute vraisemblance, il n'était jamais absorbé qu'à l'état de combinaison.

Nous n'avons guère d'autres données relativement à la forme sous laquelle le mercure est éliminé ; on sait cependant que dans l'intestin il passe à l'état de sulfure.

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